Santé

Grippe : le guide de survie

Nez bouché, yeux larmoyants, gorge qui pique : vous êtes « balade ». Voici quelques trucs pour prévenir... ou guérir.



 

Sirops, décongestionnants, pastilles…
… sont out ! « Les sirops sont plus ou moins efficaces, et les décongestionnants peuvent avoir un effet stimulant, dit Raymonde Vaillancourt, médecin de famille à Sherbrooke. Choisissez plutôt un produit comme hydraSense – de l’eau de mer qu’on injecte dans le nez, suivi de Nasonex ou de Nasacort, qui dégageront les voies nasales. Les pastilles ? Elles peuvent atténuer le chatouillement dans la gorge. Préférez celles au miel ou au citron – le menthol peut dessécher. Mieux encore, sucez des cubes de glace. »

Le vaccin contre la grippe saisonnière : oui ou non ?
On le recommande à la clientèle à risque : les personnes de 65 ans et plus ou atteintes de maladies chroniques, les bébés de 6 à 23 mois et les femmes enceintes. Outre la souche de la H1N1 qui a sévi l’an dernier, le vaccin contiendra une autre souche A, qui s’est manifestée en 2009, et une souche B. « L’idéal serait que toute personne de plus de six mois reçoive le vaccin, dit la docteure Danielle Grondin, directrice générale de l’Agence de la santé publique du Canada. Pour se protéger tout en protégeant les autres. »

L’échinacée
« Plusieurs études démontrent qu’elle peut être efficace si on utilise un produit breveté, indique le pharmacien Jean-Yves Dionne. Ce produit doit être employé dès l’apparition des symptômes. Si on attend que la charge virale soit importante, l’échinacée n’aura pas la même efficacité. »

La prévention a meilleur goût !
Littéralement… puisqu’une alimentation équilibrée protège des affections de tous genres. « Presque tous les nutriments jouent un rôle dans la compétence immunitaire », explique le docteur Dominique Garrel, professeur titulaire au Département de nutrition de l’Université de Montréal. Le système immunitaire est le premier à souffrir d’une carence nutritionnelle. « Les gens qui ne con­somment pas suffisamment de fruits et de légumes sont plus sujets aux maladies : cela est bien documenté. Le manque de protéines affaiblit aussi l’organisme, de même que les carences en minéraux comme le fer, le zinc et le cuivre. » Les meilleures sources de ces trois micronutriments sont le poisson et les fruits de mer, la viande, les céréales complètes, les légumineuses et les légumes verts.

Le bouillon de poulet : grand-maman avait raison !
Pendant des années, Stephen Rennard, pneumologue à l’Université du Nebraska, a vu sa femme concocter un bouillon de poulet quand un membre de la famille avait le rhume ou la grippe. Un jour, il a testé la soupe en question en laboratoire. Surprise ! Le bouillon de poulet, même dans sa version com­merciale, exerce une activité anti-inflammatoire, rapporte son étude parue dans la très sérieuse revue CHEST. S’y ajoutent les effets hydratant et décongestionnant du bouillon, produits par la chaleur. On aurait tort de s’en passer.

Éviter le lait ?
Où est née l’idée que les produits laitiers augmenteraient la sécrétion de mucus ? Selon le chercheur australien R.J. Baker, elle pourrait venir du fait que l’intolérance au lactose entraîne des problèmes respiratoires. « Mais ce n’est pas le cas chez tout le monde », note le pharmacien Jean-Yves Dionne. La solution ? Vérifiez comment réagit votre organisme.

Qui dort… combat les virus !
Un sommeil réparateur aide l’organisme à se défendre contre les agresseurs, c’est prouvé. Depuis 20 ans, des études font état d’expériences auprès de personnes soumises à des restrictions de sommeil, puis exposées à divers virus. Ces dernières offrent moins de résistance aux infections, dont le rhume. Et, lorsqu’on tombe malade, dormir aide à se remettre sur pied – notamment en facilitant le travail de la fièvre, un mécanisme de défense.

Des inhalations bienfaisantes
Les bains de vapeur aromatisés aux plantes sont-ils efficaces ? « Les terpènes, des molécules aromatiques présentes dans les huiles essentielles et les plantes, peuvent avoir un effet décongestionnant de courte durée, mais réel, répond Jean-Yves Dionne, pharmacien et blogueur qui s’intéresse aux produits de santé naturels. Le plus connu est l’eucalyptus, mais le thym, le romarin et le camphrier ont le même effet. On peut ajouter les huiles essentielles à l’eau chaude ou les mettre dans un diffuseur. Parmi les herbes employées à l’état naturel, le thym et le romarin sont les plus utiles, en tisane ou infusés dans un bain de vapeur, à condition d’en mettre beaucoup. »

Prébiotiques et probiotiques salutaires
Les preuves s’accumulent quant aux effets positifs sur le système immunitaire de produits laitiers contenant des bifidobactéries et des lactobacilles. Ces micro-organismes vont grossir les rangs des bactéries bénéfiques de l’appareil digestif. Favorisant le bon fonctionnement des intestins, ils protègent aussi des infections des voies respiratoires. « Les produits comme DanActive, Yoptimal ou Bio-K+ contiennent, par gramme, de 10 à 100 millions de bactéries appartenant à des souches variées et ne sont pas à proprement parler des yogourts », dit Jean-Yves Dionne. Les prébiotiques, pour leur part, nourrissent les probiotiques. On les consomme sous forme de suppléments (FOS, inuline) ou dans les aliments contenant des fibres solubles (avoine, orge, banane, oignon, légumineuses, fruits.)

La vitamine D à la rescousse
La vitamine D, on le sait, assure la santé des os et des dents. Mais la vitamine soleil – notre organisme la synthétise à partir des rayons solaires – fait plus que ça ! Elle protège contre le rhume et la grippe. « Ses effets sur l’immunité ne font plus de doute, dit le pharmacien Jean-Yves Dionne qui est aussi expert en produits de santé naturels. Les réserves que nous accumulons l’été en nous exposant au soleil durent environ deux mois et demi. On recommande une dose allant de 1 000 à 2 000 unités entre novembre et mars – moi, j’en prends 3 000 ! »

Que faire quand on est malade ?
« Rester chez soi, se reposer, boire beaucoup et traiter la fièvre au Tylenol – au Tylenol avec codéine si on tousse beaucoup », répond la docteure Raymonde Vaillancourt.

Le meilleur moyen de prévention…
… demeure le lavage fréquent des mains, à l’eau chaude et au savon.