Vie pratique

Comment économiser 10 % de son salaire en 10 astuces accessibles

Pour faire l’achat de sa première maison, réaliser ses rêves tout au long de sa vie et optimiser sa retraite, il faut épargner grosso modo 10 % de son salaire annuel. Prête à relever le défi? Voici 10 conseils de spécialistes pour y parvenir.

On passe ses finances à la loupe

Il existe deux solutions pour épargner: soit on coupe dans ses dépenses, soit on augmente son salaire. Puisqu’on contrôle peu la seconde option (mais bon, on tente le coup quand même!), on travaille sur la première. Si l’on éprouve des problèmes à mettre des sous de côté bien que l’on gagne assez d’argent, c’est qu’il y a des fuites. On les repère en scrutant ses dépenses à la loupe. «Pendant une période de temps définie, on note absolument tous ses achats. C’est ainsi qu’on peut prendre toute la mesure des dépenses et colmater les fuites», recommande Simone Bilodeau, conseillère budgétaire à l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) Rive-Sud de Québec.

On esquisse un plan

Sans plan et sans objectifs, difficile de renoncer à la surconsommation et, comme de raison, de garnir son bas de laine. «Les personnes économes se fixent des buts stimulants, comme une retraite hâtive ou un voyage de rêve. C’est de cette façon qu’elles gardent le cap. Sinon, l’épargne sera perçue comme un sacrifice», explique Maryse Côté-Hamel, professeure de sciences de la consommation à l’Université Laval. On se motive en ciblant des objectifs à court, moyen et long terme.

On fait un m*** budget

Budget, c’est un mot qui fait peur. Un passage obligé considéré comme mortellement ennuyeux. Sauf que le budget est un outil important pour nous aider à réaliser nos objectifs. «Avant l’ère numérique, élaborer un budget exigeait un travail fastidieux, mais aujourd’hui, on imprime quelques relevés bancaires (comptes personnels, compte conjoint et cartes de crédit) et on obtient un portrait de ses finances en deux temps, trois mouvements», assure la planificatrice financière Nathalie Bachand.

On dirige ses surplus aux bons endroits

Que faire de nos excédents budgétaires: contribuer à notre REER ou rembourser nos dettes? «Tout dépend des taux d’intérêt. Si le solde de notre carte de crédit nous coûte 20 % d’intérêt, son remboursement doit être prioritaire», dit Nathalie Bachand, présidente du conseil d’administration de l’organisme Question Retraite, qui sensibilise les Québécois à l’importance de bien planifier leur retraite. On détermine ensuite les outils à utiliser pour maximiser la valeur de ses économies – REER, CELI, REEE ou autres, selon ses besoins. Par exemple, une jeune diplômée pourrait accorder la priorité à son REER en vue de se constituer une mise de fonds pour l’achat d’une maison.

On dégonfle… le voisin gonflable!

La voisine roule en voiture allemande de luxe. Le beau-frère se fait creuser une piscine semi-olympique. Notre sœur voyage en famille à Disneyland. Doit-on les imiter à tout prix? À trop vouloir suivre la parade de la société de consommation, on plonge dans le rouge. «La classe moyenne étire son budget en tombant dans le piège du crédit facile», constate Simone Bilodeau. Les ménages canadiens dépensent autour de 175 % de leurs revenus. C’est un pensez-y-bien. «Cessons de vivre les rêves des autres et vivons les nôtres», prône Nathalie Bachand.

On passe en mode automatique

Les gouvernements n’attendent pas la fin de l’année pour piger dans nos poches. Ils perçoivent leur dû à chacune de nos payes. «De cette façon, ils sont certains que les contribuables auront les moyens de le leur verser», remarque Maryse Côté-Hamel. Conclusion: si c’est bon pour eux, c’est bon pour nous! À chaque entrée d’argent, on se paye en premier, idéalement à l’aide de virements automatiques. Et on se verse combien? Environ 10 % de son salaire (avant retenues) peut être un bon début… «L’épargne doit être considérée comme un poste de dépense prioritaire», affirme la conseillère budgétaire Simone Bilodeau. Puisque cet argent transite rapidement, il ne nous brûlera pas les doigts. À coups de 200 $ par paye (toutes les deux semaines), ça fait 5 200 $ par année dans la tirelire. Bingo!

On revoit ses passe-temps

Pour se désennuyer, on court parfois les centres commerciaux… Voilà la pire façon de tenter le diable de la consommation. «Plutôt que de faire du magasinage un passe-temps, on privilégie les balades en nature, les sorties au musée, les après-midi de lecture. Au bout du compte, on aura dépensé moins et on aura eu davantage de plaisir», souligne Maryse Côté-Hamel.

On fuit les soldes et on se désabonne des infolettres

Paradoxal, ce conseil? Normalement, un solde permet de se procurer un produit pour moins cher. En réalité, si on l’acquiert parce qu’il est en solde, c’est une dépense pure. «Les soldes sont là pour nous convaincre d’acheter et non pour nous faire économiser», rappelle Maryse Côté-Hamel. Combien de fois s’est-on procuré des chaussures en liquidation pour les laisser ramasser la poussière au fond de la garde-robe? Les infolettres des magasins nous harcèlent à toute heure du jour avec leurs offres. «La seule façon d’être certaine de résister à la tentation, c’est de se désabonner!» dit Nathalie Bachand.

On parle d’argent avec ses proches

De quoi discute-t-on avec les amis et la famille? Souvent, de sa dernière auto, du prochain voyage à Honolulu, de la baignoire à remous flambant neuve au chalet… «Notre société valorise les dépenses, mais pourquoi ne pas plutôt valoriser nos investissements?» questionne Maryse Côté-Hamel. Comme le raconte avec maints exemples le livre Les millionnaires ne sont pas ceux que vous croyez (Les Éditions La Presse), du journaliste Nicolas Bérubé, les riches limitent leurs dépenses ostentatoires. Ils valorisent l’épargne et savent comment la faire fructifier. «Beaucoup de gens hésitent à placer leur argent en Bourse, car ils craignent de faire des erreurs. Si on parlait davantage d’investissements, cela pourrait en inciter plusieurs à y prendre goût», précise Maryse Côté-Hamel.

On se laisse inspirer

On ne sait pas par où commencer? On s’informe en lisant le désormais classique En as-tu vraiment besoin? (Guy Saint-Jean Éditeur), de la star de la comptabilité Pierre-Yves McSween, La transition, c’est maintenant (Écosociété), de la sociologue Laure Waridel, ou encore, si on comprend l’anglais, The Year of Less (Hay House), de la Canadienne Cait Flanders, qui raconte sa grève du magasinage. Un investissement de temps assurément rentable!