Culture

Tête-à-tête avec Rafael Payare de l'OSM

Il faut le voir diriger avec fougue l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) pour saisir la passion qui habite Rafael Payare. En poste depuis peu, le maestro de 42 ans a rapidement fait son nid dans la métropole québécoise. Entretien avec un homme qui adore la musique, la pluie et... le whisky.

Trois mots qui me définissent

Passionné, loyal et honnête. Je suis incapable de mentir, ce qui peut causer des problèmes, car parfois la vérité n’est pas facile à entendre.

Ce qui me ressource le plus

Regarder la mer m’apaise. Cela me vient sans doute de mon passé dans mon Puerto La Cruz natal, sur la côte du Venezuela, face à la mer des Caraïbes.

Ce qui me plaît à Montréal

Sa vitalité et l’hospitalité des Montréalais. Avant de m’y installer, j’y suis venu en janvier, en février, en avril, en mai, et chaque fois, j‘ai vu l’esprit de la ville changer en fonction de la température. C’est vraiment intéressant pour moi d’expérimenter ce phénomène. Montréal est vibrante et énergisante, un peu comme Berlin.

Un don que je voudrais posséder

La téléportation. Quel bonheur de voyager d’un endroit à l’autre, sans valises, en un claquement de doigts !

L’artiste qui m’émeut le plus

Ça dépend. En musique, il y a des chefs fantastiques, comme Claudio Abbado et Carlos Kleiber. Et l’acteur Anthony Hopkins… Il faut voir le film The Father ( Le père ). Hopkins y est au sommet de son art. En fait, impossible de faire un choix. Ça varie selon le mood dans lequel je suis.

Les livres sur ma table de chevet

En ce moment, je lis les lettres de Gustav Mahler, sous la direction de Henry-Louis de La Grange. L’OSM va bientôt enregistrer une œuvre de Mahler. Je lis sa correspondance, car je veux saisir l’homme qu’il était et ce qu’il a fait de sa vie.

Une folie que je ferais volontiers avant de mourir

Me retrouver sur une île déserte pendant quelques semaines seul avec ma femme, sans gadgets. Pas de cellulaire ni d’Internet. Seulement nous deux, en pleine nature.

Ville ou campagne ?

J’adore marcher à la campagne, mais je demeure quelqu’un de très urbain.

J’aime mon travail parce que…

Ce que je fais chaque jour, je ne le perçois pas comme étant du travail. Aujourd’hui, on a répété pendant plus de deux heures. J’en suis sorti détrempé, mais pas fatigué. C’est ainsi quand on apprécie ce qu’on fait.

Si je n’étais pas maestro, je serais…

Architecte, parce que j’aime imaginer les choses dans une plus grande perspective. Je construirais des édifices ayant une fonction, un sens. Comme la Maison symphonique. Quelle chance de me retrouver ici tous les jours !

Une série télé à ne pas manquer

Ma femme et moi avons dévoré Ozark (Netflix). Je raffole des séries, parce que les scénaristes ont le temps de développer les personnages plus qu’au cinéma. J’ai aussi adoré Broen ( Le pont ), une série policière scandinave.

Une odeur que j’apprécie

L’odeur qui règne dehors, juste avant la pluie. C’est difficile à décrire… Il y a dans l’air, à ce moment précis, une odeur particulière qui me plaît.

Un jour de pluie, je fais quoi ?

Je vais marcher. Quand je travaillais à Belfast, en Irlande du Nord, où il pleut sans cesse, j’avais toujours un sourire au visage. On me demandait si j’étais dérangé… Je répondais que je viens d’un pays où il fait toujours soleil. Alors pour moi, la pluie est cool !

Vin, cocktail ou bière ?

Si on me limite à ces trois choix, j’opte pour le vin. Si je peux choisir autre chose, ce sera le whisky, assurément. Single malt.

Ce qui me fait rire chaque fois

Friends. C’est en regardant cette sitcom, qui me fait encore rire, que j’ai appris l’anglais. Aujourd’hui, ce sont mes deux filles. Elles sont hilarantes. Ma plus jeune a cinq mois, et elle rit dès qu’elle m’aperçoit. Je craque à tous les coups.

Une vie réussie, c’est…

Une vie bien remplie, entouré des gens qu’on aime. Le succès, c’est bien, mais il faut aussi être heureux. Et je le suis.

J’irais bien souper avec…

Anthony Hopkins, bien sûr. Selon moi, c’est quelqu’un de formidable. Et me retrouver à la même table que Mozart serait génial ! Je suis certain qu’on s’entendrait bien et que la soirée, complètement folle, finirait aux petites heures du matin.

Mon écrivain préféré

Ça dépend des livres. Gabriel García Marquez, pour Cent ans de solitude et Récit d’un naufragé. Et Pablo Neruda.

Un endroit où j’irais vivre demain matin

Pourquoi quitter Montréal quand j’ai l’OSM et tant d’amis ici ? Mais si je dois déménager, ce serait à Barcelone, une ville splendide. Oui, elle est remplie de touristes, mais il y a aussi là-bas le FC Barcelone, mon équipe de foot préférée…

Un proverbe qui résonne en moi

Haz el bien y no mires a quién (faites le bien, peu importe qui en bénéficie).

 

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