Culture

Marie-Maude Denis: tête-à-tête avec une journaliste de cœur

Rigoureuse et passionnée, Marie-Maude Denis, animatrice de l’émission Enquête d’ICI Radio-Canada Télé, est l’archétype même de la journaliste sérieuse. Mais derrière cette image se cache une jeune femme rieuse qui aime autant son métier que l’aquaforme et la musique des années 1990.

On dit de moi que je suis…
Drôle… et heureuse ! Et je confirme que c’est vrai.

Une ville où j’irais vivre demain matin
Barcelone, que j’ai découverte l’été dernier. Sortir souper à 22 heures ? J’adopte ça demain matin. Je ne sais pas quand ils travaillent, les Espagnols, mais leur mode de vie est fantastique ! [Rires] Blague à part, après ma carrière à ICI Radio-Canada Télé, je me vois bien avec un boulot au consulat de Barcelone, par exemple, à négocier des ententes commerciales…

Une chose que j’aimerais apprendre
La langue de mon chum, l’innu. Pour l’instant, j’en connais seulement 10 mots… Les langues autochtones sont très littérales et descriptives, bien loin des langues latines. Ce n’est pas facile à apprendre, mais je souhaiterais au moins avoir une base pour comprendre un peu plus sa famille.

Un parfum naturel dont je raffole
Celui des stationnements souterrains. Le mélange de l’humidité et du béton, j’adore ! (Oui, je sais, c’est bizarre !)

Trois mots qui me définissent
Je n’ai pas de distance avec les autres. Je suis une fille de public, de groupe, qui aime parler aux gens. Bref, plus chien que chat.

Une passion qu’on ne me connaît pas…
J’ai commencé l’aquaforme il y a deux ans et ça a changé ma vie ! Ça fait rire ceux qui me connaissent depuis longtemps et qui m’associent davantage à la poésie et au bon vin, disons. [Rires] Mais l’aquaforme est loin d’être une affaire de p’tit vieux. J’ai une entraîneuse et, quand je sors d’une séance, je déborde vraiment d’énergie.

Une vie réussie, c’est…
Lorsqu’on se désintéresse complètement de soi pour s’intéresser à autrui. Je voudrais atteindre ce moment dans mon existence, où, comblée, je pourrais me consacrer à aider les autres. Certains disent que mon métier me permet déjà cela, mais j’aimerais en faire davantage.

La musique que j’écoute en ce moment
Il faut voir les CD qui traînent sur mon comptoir… De Neil Young à Offenbach, en passant par Blondie, j’écoute vraiment de tout ! Et avec l’aquaforme, j’ai redécouvert ma passion pour la musique dance des années 1990.

Ce qui me ressource le plus…
Cuisiner. Et ça doit être le plus compliqué possible, comme préparer un cassoulet. En fait, il faut que ça prenne au moins une journée ! C’est l’ensemble des étapes qui me fait triper : tu commences ta recette avec ton café le matin, tu la finis un verre de vin à la main le soir.

Une journée satisfaisante, c’est une journée…
Où j’ai relevé un défi. Au travail, c’est souvent très difficile d’amener les gens à nous parler. Alors, si j’ai réussi à convaincre quelqu’un de m’accorder une entrevue, en y mettant tout mon cœur et en développant un lien de confiance avec lui, j’ai un grand sentiment d’accomplissement.

L’artiste qui m’émeut le plus
Richard Desjardins. Son album live au Club Soda, je peux le chanter par cœur, au complet. C’est un artiste qui combine poésie et musique, tout en dénonçant les injustices. Il donne rarement des spectacles, alors ce disque prend tout son sens.

Si je n’avais pas été journaliste, j’aurais aimé être…
La gérante de tournée de Richard Desjardins ? Aller dans toutes les petites salles de région avec lui, m’assurer que la logistique fonctionne… Je me verrais bien faire ça ! [Rires]

Mon auteur préféré
J’ai lu tout Yves Beauchemin. Chaque fois que j’ai terminé un livre en pleurant que ce soit fini, c’était l’une de ses œuvres. Un jour, pour ma fête, mon collègue journaliste Davide Gentile m’a offert tous les romans d’Yves Beauchemin dédicacés. Il ne m’avait pas dit que c’était son ami depuis l’enfance ! Une partie de l’histoire de Juliette Pomerleau a d’ailleurs été inspirée de la famille de Davide…

Le vêtement qui me réconforte
Mon coton ouaté des Cubs de Chicago. Comme je n’aime pas particulièrement le baseball, on peut dire que je l’ai eu par accident. J’étais à un match avec mon chum à Chicago, sous une pluie froide, battante… J’avais beau avoir mis tous les vêtements que j’avais avec moi, sous mon poncho de plastique, j’étais glacée ! L’achat de ce sweat-shirt m’a sauvée de l’hypothermie.

Une série télé qui m’a marquée
Série noire, pour son côté créatif et éclaté. C’est vraiment bien écrit. Moi, l’humour noir, ça me fait rire aux éclats.

Le plus beau moment de ma vie
La naissance de mon fils Jules, qui a maintenant six ans.

Ce qui me fait éclater de rire chaque fois
J’ai tendance à rire quand ce n’est pas le temps – à l’église, à un mariage, à un enterrement… Je suis même sujette aux fous rires inappropriés en direct à la télé.

Mon premier emploi
C’était chez Figure 8, le magasin de patins de ma tante à Ottawa. Je vendais toutes les sortes de patins : à glace, à roulettes, de vitesse, de patinage artistique… J’avais 13 ans, mais je pense que j’avais l’air d’en avoir 20 ! [Rires] J’avais déjà confiance en mes moyens. J’ai toujours eu une fibre entrepreneuriale.

Pour gérer mon stress, je…
Si je fais de l’insomnie à cause d’une question épineuse pour le travail, je me lève pour écrire. Quitte à rédiger un brouillon de mon reportage, par exemple. J’ai besoin que mon stress devienne un matériau tangible avec lequel je pourrai concrètement travailler.

Les circonstances dans lesquelles j’ai mes meilleures idées
Très tôt le matin. Quand j’ai une chronique à pondre ou lorsque je suis débordée et que je dois sortir un lapin de mon chapeau, je me lève de bonne heure et… ça jaillit ! Mon cerveau est frais et n’a alors pas encore été pollué par quoi que ce soit.

J’aimerais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui…
Étais optimiste et qui les a aimés. Professionnellement, je voudrais qu’on retienne de moi que je me battais pour le public. Et que ma mission personnelle de journaliste, c’était de tirer les gens vers le haut.