Culture

Kathleen Fortin : tête-à-tête avec une actrice tendre et intense

Elle est une artiste dans le sens le plus noble. Douée, magnétique, authentique… Kathleen Fortin sort du lot par son jeu d’une rare justesse et par sa voix qui transporte une puissante charge émotive. Conversation avec une actrice et chanteuse qui ne laisse personne indifférent.

Kathleen Fortin

Photo : Patrick Jougla

On dit souvent de moi que je suis…
Une actrice iiiintense. Ou entière. Ça ne me dérange pas, d’ailleurs. L’idée d’être entière, ça me plaît bien !

Une passion qu’on ne me connaît pas
Le jardinage ! Quand j’étais petite, mon arrière-grand-mère, qui habitait à côté de la maison familiale, avait un immense potager. J’étais déjà fascinée par les plantes qui y poussaient.

Un parfum qui m’émeut
J’aime énormément les odeurs – je suis très sensorielle. Celles qui m’émeuvent le plus sont celles qui me rappellent l’enfance : le gazon fraîchement coupé, la terre qui dégèle au printemps, le lilas…

Une chose que j’aimerais apprendre
À jouer de la guitare. En musique, j’aime beaucoup les femmes qui s’accompagnent à la guitare, le style countryfolk. Je connais mes accords, mais j’suis pas ben bonne.

Une œuvre qui m’a bouleversée
Le film Le grand bleu [Luc Besson, 1988]. Son immensité, je me souviens, m’avait habitée pendant au moins une semaine. Mais c’est drôle, parce que quand je l’ai revu, il y a quelques années, je n’ai pas du tout éprouvé la même sensation qu’à l’adolescence. J’ai même décidé d’arrêter de le regarder pour rester avec ma première impression. La matière filmée, l’eau, plus que le récit, est ce qui m’avait fait capoter.

La cuisine que je préfère
Même au resto, je n’aime pas la bouffe trop fancy. J’aime que ça soit goûteux, frais, simple.

Ce qui me fait éclater de rire à tout coup
Du monde qui tombe ! C’est niaiseux… [Rires] Et, plus sérieusement, je dirais aussi : mes amis. Pour moi, l’humour, c’est essentiel. Si t’en as pas, t’es pas mon ami ! Parallèlement, je suis un très mauvais public pour les choses drôles, les spectacles d’humour, par exemple. Ce sont les situations et les grandes vérités – plus que les blagues – qui me font rire aux éclats.

Je n’ai aucune tolérance pour…
L’intolérance. Le manque de gentillesse. La médiocrité. Et devant l’injustice, je me mets très en colère.

Mon bonheur tient…
Aux petites choses. Je m’émerveille devant peu – d’où mon intensité –, une coccinelle dans une fenêtre, un rayon de soleil qui shine sur le trottoir, un enfant qui rit… Toutes ces petites choses furtives.

Je me sens privilégiée…
D’être douée pour le bonheur, justement. Les épreuves, je les prends à bras-le-corps, parce que je sais que ça va bien aller… après. J’espère que mes filles [l’une de 20 ans et des jumelles de 17 ans] auront hérité de ce cadeau-là.

Un vêtement qui me fait sentir belle
Il faut absolument qu’il soit confortable. Plus je vieillis, pire c’est. [Rires] Et il faut que ça fitte 100% avec comment je me sens à l’intérieur !

Une phrase qu’on m’a dite qui m’a marquée
André Brassard, mon directeur à l’École nationale de théâtre, avait dit que si on accorde de l’importance aux bonnes critiques, il faut en donner autant aux mauvaises. Donc logiquement, si tu ne veux pas écouter les critiques quand elles ne sont pas élogieuses, il ne faut pas que, tout à coup, elles deviennent importantes parce qu’elles sont dithyrambiques ! Je les lis avec beaucoup de détachement. Le travail que je fais est plus important pour moi que ce que quelqu’un va en dire.

Un livre sur ma table de chevet
Si j’ouvre un roman, je suis incapable de lire un ou deux chapitres, je dois aller d’une couverture à l’autre. J’ai donc besoin de 7 à 15 heures devant moi. Alors, je lis plus de poésie depuis quelque temps, et j’apprécie particulièrement celle d’auteurs d’ici, comme Josée Hivon, Patrice Desbiens et Charlotte Aubin (qui est aussi actrice, mais j’adore ce qu’elle écrit !).

J’aime mon travail parce que…
C’est la plus belle affaire au monde. Il me permet de me connaître davantage, tous les jours. Je suis entourée de personnes multidimensionnelles. À travers les personnages, on explore plusieurs facettes de soi.

Un lieu qui me ramène directement à l’enfance
N’importe quelles grandes terres. Je viens de Napierville, en Montérégie, et si je vois de grands terrains plats à perte de vue, peu importe où je me trouve, ça me transporte instantanément où j’ai grandi.

L’un des plus beaux jours de ma vie
Quand j’ai été acceptée à l’École nationale de théâtre. J’ai eu l’impression d’être soulevée de terre.

Une personne avec qui j’irais dîner demain
Toi ! Pour vrai, ce que je veux dire par là, c’est que le monde m’intéresse. Je suis très sensible à la vibe d’une personne… Si je me mets à parler avec un inconnu et que ça clique, par exemple, j’ai réellement envie de connaître tout de sa vie en deux minutes !

Une journée satisfaisante, c’est une journée…
Pendant laquelle je n’ai pas trop procrastiné. En règle générale, mon horaire est très chargé, ce qui fait que des fois, quand j’ai des trous, j’aimerais faire autre chose que du travail, du rangement dans la maison, par exemple, des affaires qui traînent depuis 1995… Mais quand j’ai un peu de lousse, on dirait que je deviens fainéante !

Trois mots qui me définissent
Généreuse, empathique, loyale.

Une vie réussie, c’est…
Avoir été le plus honnête possible avec soi. Être en paix avec ses choix, accepter son parcours.

J’aimerais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui…
Leur a fait du bien.

 

On peut voir Kathleen Fortin dans les séries Portrait-robot (TVA), Doute raisonnable (ICI Télé) et L’Échappée (TVA).

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