Blogue La course et la vie

Le plaisir du plan

Moins de douleurs, plus d’endorphines.

Geneviève Lefebvre et Philippe Fréchette

Geneviève Lefebvre et Philippe Fréchette

La course, c’est comme la cuisine. C’est quand tu maîtrises les bases à la perfection que tu improvises le mieux.

Que ce soit le moelleux au chocolat du 5 km, le ceviche de pétoncles du 10 km, le bœuf Wellington du 21 km ou l’osso buco du marathon, il y a des règles à respecter si on veut savourer nos talents respectifs.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas qu’une question de performance.

C’est une question de plaisir.

Bien manger, bien courir, ce n’est pas pour épater la galerie (bon, si les invités sont épatés, on ne va pas les fouetter non plus), c’est parce que c’est… meilleur au goût.

Quand on est bien entraînés, qu’on a respecté le plan, on maximise le plaisir de courir. Moins de douleurs, moins d’efforts, plus d’endorphines, plus de joie.

Gagnant de bord en bord.

Il y a quatre mois, quand je me suis inscrite au demi-marathon des glaces de Rougemont, je savais que ce serait une course difficile. Un parcours tout en côtes (interminables et à pic), une surface enneigée et glacée, et le froid.

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Le demi-marathon des glaces de Rougemont.

J’ai suivi le plan de Jean-François Harvey à la lettre. Pas d’échange de journée, pas de remplacement par autre chose, exercices de flexibilité, musculation « à la planche », et respect des distances du plan. La zinzin qui courait sa ruelle trois fois pour compléter les 100 mètres qui manquaient au programme du jour? C’est moi.

Pour l’élève rebelle que j’ai souvent été, l’apprentissage de la rigueur a été une aventure beaucoup plus stimulante que je ne l’aurais cru.

Rien à décider, aucune négociation avec sa conscience, il n’y a qu’à se concentrer sur ce qu’il y a à accomplir, un entraînement à la fois.

Ça peut donc être si simple?

Oui.

Et la course de Rougemont, malgré ses côtes, ses pics et ses péninsules neigeuses, a été parfaite. Du bonheur et de la force jusqu’au fil d’arrivée. Un bœuf Wellington tendre sous une croûte dorée à point.

Est-ce que je pourrais servir du fenouil caramélisé au lieu des haricots verts en accompagnement? Maintenant que je sais réussir un bœuf Wellington, tout est possible.

La rigueur n’est pas une contrainte, elle rend libre.