Le premier repas après l’accouchement

On demande parfois aux gens quel est le dernier repas qu’ils aimeraient manger avant de mourir. Notre chroniqueuse invitée Melissa Maya Falkenberg pose plutôt la question: Qu’avez-vous mangé tout juste après avoir donné la vie?

 

En me promenant sur le web l’an dernier, je suis tombée sur ce troublant projet du photographe Henry Hargreaves, No Seconds, qui présente en images les derniers repas des condamnés à mort.

À titre d’exemple: John Wayne Gacy, coupable de 33 meurtres, a demandé du poulet PFK et des fraises…

Ted Bundy s’est régalé d’un steak et d’œufs avant d’aller sur la chaise électrique.

Pour un autre condamné, le souhait n’était pas une, mais deux pintes de crème glacée à la menthe et aux pépites de chocolat!

La demande la plus captivante, selon le photographe? Une simple olive

J’ai longtemps été habitée par cette série de photographies aussi humaine que morbide. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’elle m’est revenue en tête lorsqu’une infirmière m’a suggéré de préparer un «plan de naissance» en vue de mon accouchement. Vous dire à quel point j’ai trouvé cela absurde! Sérieusement, à part «est-ce que je veux prendre l’épidurale» (réponse qui peut d’ailleurs changer abruptement pendant les contractions) et «qui m’accompagnera à l’hôpital», qu’est-ce qu’on peut réellement planifier pour son accouchement?

Puis, j’ai réalisé… Mais oui! Je pourrais au moins dire à mes proches ce que j’aimerais manger après avoir fait sortir un être humain de mon vagin! Notre récompense après le travail, c’est bien la seule chose qu’on puisse planifier, non?

Lors de mon premier accouchement, je me souviens avoir mangé deux toasts au beurre de pinottes Kraft de la cafétéria, exactement comme ma mère 29 ans auparavant, après avoir accouché de moi. (Faut croire que c’est un classique qui ne se démode pas!) Mon chum me dit qu’il est aussi allé me chercher un shish-taouk au restaurant libanais du coin, mais, curieusement, je n’en ai aucun souvenir… Question, donc, de m’inspirer pour mon deuxième accouchement (peut-être le dernier), j’ai récemment posé la question sur Facebook:

Vous souvenez-vous de ce que vous avez mangé après avoir accouché?

Ou si vous y réfléchissez un instant, quel serait votre plus grand désir gastronomique post-accouchement?

Vos commentaires m’ont fait rire, m’ont donné des idées et ont même presque réussi à me faire oublier la série No Seconds… Je remercie d’ailleurs ces amies Facebook d’avoir bien voulu rendre public leur premier repas post-accouchement. Voici mes réponses préférées:

En première position: les sushis et le tartare sont sans contredit les cravings qui obsèdent le plus la femme enceinte.

En deuxième position (un peu moins santé, mais pas moins mérité!): du McDonald ou du St-Hubert (avec les félicitations du livreur)…

En troisième position: les petits bonheurs faits maison.

Dans une catégorie à part:


Et la Palme d’Or va à…

Enfin, je compatis avec…

Je vais être bien honnête avec vous: finalement, je me rends compte que j’ai assouvi plusieurs de mes cravings comme s’il n’y avait pas de lendemain PENDANT ma grossesse (hé hé hé!). Mon plus grand désir reste bien simple: un bon bagel (montréalais) grillé avec du saumon fumé, du fromage à la crème et une pincée d’aneth frais ferait bien mon affaire. Si j’ai la force d’accueillir une amie à l’hôpital, je lui demanderai sûrement de m’apporter un wrap Chana de chez Aux vivres avec un jus tonique et n’importe lequel de leur dessert, ce serait pas pire! Sinon, je me contenterai de deux bonnes toasts au beurre de pinottes et je sortirai la sauce à spaghetti de ma mère du congélateur lorsque je serai revenue à la maison… Je ne suis aucunement dédaigneuse dans la vie, mais fouillez-moi pourquoi, un micro-ondes d’hôpital, ça m’écœure!

Animatrice-conceptrice, reporter, photographe et auteure, Melissa Maya Falkenberg a tenu des rubriques dans La PresseUrbania, Nightlife.caDînette et le 24 heures Montréal. Vous l’avez peut-être récemment suivie à Télé-Québec (nomination Gémeaux Meilleure animation magazine culturel), dans La vie n’est pas un magazine ou dans ses diverses émissions à ICI ARTV. Après les succès de Québec Western et Montréal toujours, elle publiera, en 2018, un troisième livre aux Éditions Cardinal.

Les opinions émises dans cet article n’engagent que l’auteure et ne reflètent pas nécessairement celles de Châtelaine.

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