Famille tout compris

Et si on laissait nos enfants être plus autonomes?

Abreuvés d’études et de faits divers, les parents d’aujourd’hui sont devenus surprotecteurs. Et s'ils apprenaient à laisser plus d'autonomie à leurs enfants (envers et contre eux-mêmes)?

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L’été, c’est fait pour jouer, c’est ce que chantonnaient Pruneau et Cannelle de leurs voix suraigües, dans un décor champêtre. C’était au siècle dernier, une période où «jouer dehors» était encore une activité recommandable pour que les enfants s’occupent et s’amusent entre eux pendant la saison estivale.

Puis, les années ont passé et jouer dehors est devenu terriblement dangereux aux yeux des nouveaux parents, inondés d’études, de faits divers et d’information en continu. Que de risques à gérer!

S’il se blessait? Si on le blessait?
Si quelqu’un l’intimidait?
S’il contractait une maladie par une piqûre d’insecte?
S’il perdait sa casquette et se tapait une insolation?
S’il s’aventurait trop loin et ne retrouvait plus son chemin?
S’il rencontrait une personne mal intentionnée?
S’il faisait des mauvais coups qu’il regretterait?
S’il s’ennuyait? Si je m’ennuyais?
Et si ce temps pouvait être employé de façon plus stimulante, afin qu’il se développe de façon optimale et qu’il ne perde pas ses acquis scolaires pendant les vacances?

Cette liste d’angoisses, c’est le carburant qui fait vrombir les fameux «parents-hélicoptères» au-dessus de leur progéniture, 24 heures sur 24. En assurant une surveillance étroite et continue, ils peuvent écarter de leur chemin les ennuis et les difficultés, et ainsi les (sur)protéger du mal, amen.

Eh bien, bonne nouvelle pour tous les parents, soucieux des risques ci-haut mentionnés, mais qui ne veulent pas s’épuiser à tournoyer sans relâche autour de leurs enfants (et créer des dommages collatéraux à long terme – j’y reviendrai dans une autre chronique). Une autre technique d’accompagnement nous permettrait de se calmer le gros nerf, tout en favorisant l’autonomie de l’enfant: le hummingbird parenting, soit le parent-colibri.

Faire le colibri, c’est laisser de l’espace aux petits pour qu’ils volent de leurs propres ailes. C’est zoomer promptement, seulement lorsque c’est nécessaire. Le parent est donc physiquement à l’écart et garde un œil attentif sur l’enfant qui a le loisir d’expérimenter, d’explorer et de s’arranger avec ses troubles. C’est uniquement lorsque qu’il y a un réel danger que le parent-colibri va abandonner son nectar (héhé) pour intervenir. Évidemment, la distance varie selon l’âge de l’enfant et devrait être tolérable pour tous. Le but c’est d’avoir du plaisir, pas de recréer un épisode de Survivor.

Ce qu’il y a de différent dans cette approche, c’est que contrairement au parent-hélicoptère, on ne souhaite pas éliminer complètement les risques et les situations périlleuses. On désire plutôt accompagner l’enfant de façon passive pour qu’il apprenne par lui-même ce qui est dangereux ou comment résoudre conflits et problèmes, tout en ne mettant pas de limites inutiles à sa curiosité ou sa créativité. Cette expérience de terrain, acquise dans un contexte de jeu, permet aux oisillons d’être mieux équipés pour faire face à la vie en dehors du nid.

J’aime bien cette métaphore du colibri. C’est une image claire pour retrouver le gros bon sens qu’on perd parfois de vue lorsqu’on est aveuglé par la peur. Et je dois dire que, de toutes les divertissantes étiquettes d’animaux ou de choses qu’on colle au mot «parent», celle-ci est la plus cute. Constatez.

Source: CintheaFox sur Flickr

Source: CintheaFox sur Flickr

Tolérez-vous bien les risques? Quel serait votre animal totem de parent?

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Pour écrire à Marianne Prairie: chatelaine@marianneprairie.com

Pour réagir sur Twitter: @marianneprairie

Marianne Prarie est l’auteure de La première fois que… Conseils sages et moins sages pour nouveaux parents (Caractère)