Société

Les femmes qui nourrissent le Québec : Myriam Larouche Tremblay et sa conserverie

Transformer les surplus des fermes bios grâce à une conserverie aménagée dans un camion. Voilà l’idée de Myriam Larouche Tremblay. Le concept fait d’ailleurs du chemin !

Myriam Larouche Tremblay est la fée des conserves. Depuis 2018, la brunette de 37 ans sillonne les routes de la Gaspésie au volant de sa conserverie mobile pour acheter les légumes produits en trop par les fermes bios. À bord de son camion, elle transforme ces surplus en savoureux petits pots.

Une montagne de concombres ? Elle en fait de la relish croquante. Des tomates qui tardent à mûrir ? Les voilà devenues salsa verde. Des bok choys abîmés ? Hop, du kimchi­ ! « Et j’ajoute toujours un aromate un peu funky, c’est ma touche personnelle », dit avec un clin d’œil la Saguenéenne d’origine, qui a élu domicile il y a huit ans à Saint-Alphonse, dans la Baie-des-Chaleurs.

En 2021, ce sont environ 7 000 kilos de légumes qui ont ainsi échappé au compostage grâce à son entreprise, Au tour du pot. Avec l’aide d’une poignée d’employés animés par son enthousiasme, elle produit 20 000 conserves par année. Celles-ci sont vendues dans les kiosques des fermes partenaires, ainsi que dans les marchés publics de la région.

Le plus étonnant ? On ne faisait même pas de conserves dans la famille de Myriam ! L’idée lui est venue quand, au tournant de la trentaine, elle a plaqué son travail de bureau pour mettre le cap sur la Gaspésie. Elle est devenue cuisinière dans un camp forestier, puis travailleuse agricole dans des fermes bios… où elle a commencé à expérimenter avec les surplus de légumes. « Au départ, je n’ai pas pensé que c’était un projet environnemental. J’y ai davantage vu une occasion de réaliser un rêve, de faire quelque chose de vraiment tripant. » Son copain, Hubert Onraet, dont elle a fait la rencontre dans un champ de légumes, s’est joint à l’aventure d’Au tour du pot l’an dernier.

Experte de la débrouillardise et du logiciel Excel qui lui permet de tout calculer, tout prévoir, elle partage son savoir-faire au moyen de formations en ligne pour qui voudrait exploiter son potager vraiment au maximum. « Ça ne transforme pas seulement des légumes, ça transforme aussi des vies ! » s’exclame-t-elle.

Grâce à son modèle d’affaires original – et son camion, qui comprend une cuisine compacte mais tout à fait fonctionnelle –, Myriam attire l’attention. Souvent sollicitée, elle étudie la possibilité que son entreprise « fasse des petits ». Une conserverie mobile inspirée par son initiative pourrait d’ailleurs rouler en France, mais cette fois pour préparer des confitures ! Une confiturière de Strasbourg, en Alsace, vient en effet de passer l’été à ses côtés afin de voir si la formule pourrait être adaptée à ses créations sucrées.

« Beaucoup de gens me contactent parce qu’ils veulent lancer un projet inspirant et ont besoin d’être rassurés. Mon message, c’est qu’il est possible d’y arriver, il suffit de penser hors de la boîte. »


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