Vie pratique

Conseiller financier : comment trouver le bon ?

Faire le ménage de ses placements, bonifier ses investissements, planifier sa retraite… Comment repérer l’ange qui servira de guide dans les dédales de ses finances personnelles ?

Il y a quelques années, les finances personnelles de Marie-Pierre Larin frisaient la catastrophe. « Je dépensais sans compter et j’étais toujours endettée. Je refusais obstinément d’établir un budget. Pour moi, une gestion rigoureuse de mon argent était synonyme de privation », raconte-t-elle.

Puis, sans crier gare, la pandémie est arrivée. Et Marie-Pierre s’est remise en question. « J’ai réalisé que je n’étais plus capable de vivre dans le stress financier. J’ai décidé d’aller chercher de l’aide », dit la jeune trentenaire qui habite dans la région de Beauharnois, en périphérie de Montréal.

En participant à une formation en entrepreneuriat, elle a rencontré une conseillère qui lui a donné les outils pour remettre ses finances sur les rails. « J’ai complètement changé d’attitude envers l’argent. Je me fais un budget, que je respecte, je cotise à mon REER et je n’ai plus l’impression de me priver si je ne dépense pas », dit cette étudiante en programmation neurolinguistique.

À moins de se passionner pour les placements à la Bourse, les produits d’assurance et les tableaux Excel, il y a peu de chances que l’on connaisse en profondeur les clés d’une bonne gestion de ses finances personnelles. C’est pour cette raison que des conseillers peuvent guider les néophytes. Mais avec qui devrait-on faire affaire ? Un planificateur financier, un gestionnaire de patrimoine, un représentant en épargne collective, un courtier en placement ?

En fait, ne pas savoir vers qui se tourner est tout à fait normal. « La terminologie utilisée dans ce domaine n’est pas facile à comprendre », admet Antoine Bédard, directeur principal de l’assistance aux clientèles à l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’organisme de réglementation et d’encadrement du secteur financier du Québec.

Cibler la bonne personne

Avant de commencer la recherche d’un ou de représentants, on doit définir ses besoins. Souhaite-t-on avoir une vision globale de son portefeuille, acquérir des produits financiers, évaluer la faisabilité d’un projet, bonifier ses protections ou un peu tout cela à la fois ?

Si on veut obtenir une vue d’ensemble, on consultera un planificateur financier, comme Fabien Major, qui compare son travail à celui d’un architecte. « Cet expert étudie votre situation dans sa globalité : aspects fiscaux, assurances, budget, répartition des placements, etc. », dit l’associé principal et fondateur d’Équipe Major. Il élaborera ensuite un plan qui permettra d’atteindre les objectifs visés.

Seules les personnes ayant suivi la formation et réussi l’examen de l’Institut québécois de planification financière (IQPF) portent le titre de planificateur financier. « Cela garantit aux clients que leur représentant a une formation poussée dans le domaine », dit Chantal Lamoureux, présidente-directrice générale de l’Institut.

À noter qu’un professionnel ayant une formation appropriée peut faire de la planification financière sans porter le titre, car c’est l’utilisation du titre qui est légiférée, non l’acte. Un comptable peut donc faire de la planification financière, par exemple, sans être officiellement un planificateur financier.

À l’extérieur du Québec, n’importe qui peut s’octroyer le titre de planificateur financier.

Si on songe à acheter des produits d’assurance, comme de l’assurance vie ou invalidité, on fait appel à un conseiller en sécurité financière. « Ce professionnel vend tous les produits qui sont offerts par les compagnies d’assurance de personnes, ce qui inclut les fonds distincts, un type d’investissement semblable à un fonds commun de placement », précise Antoine Bédard, de l’AMF.

Si on cherche à optimiser ses investissements, plusieurs intervenants peuvent fournir une aide précieuse : le courtier en épargne collective, le courtier en placement ou le gestionnaire de portefeuille. Chaque titre délimite un champ d’actions.

Ainsi, un courtier en épargne collective ne peut proposer que des fonds communs de placement, tandis qu’un courtier en placement peut aussi recommander des actions individuelles ou des obligations. Un gestionnaire de portefeuille a, quant à lui, carte blanche. « Il a le pouvoir de modifier vos placements à tout moment, en prenant en considération votre meilleur intérêt », détaille Fabien Major.

Un spécialiste, plusieurs titres

La plupart des professionnels portent plusieurs titres. « Un planificateur peut aussi être représentant-conseil et conseiller en sécurité financière. Cela lui donne la possibilité d’offrir une panoplie de services à sa clientèle. C’est une option que beaucoup de gens apprécient », explique Chantal Lamoureux, de l’IQPF.

Comment trouver la perle rare ? La façon la plus efficace, dixit Antoine Bédard, demeure le bouche-à-oreille. On peut aussi consulter le répertoire de l’IQPF, qui recense les planificateurs financiers en fonction de leur localisation, ou le registre – peu convivial – de l’Autorité des marchés financiers. Une fois qu’on en a repéré quelques-uns, on les passe en entrevue. « On s’informe sur leurs permis, leurs formations, leur expérience, leur historique, leur mode de rémunération et la façon dont ils évaluent notre situation », poursuit Antoine Bédard.

Bref, on magasine. « C’est important de trouver quelqu’un avec qui le courant passe. Sinon, ça ne marchera pas », dit Fabien Major.

Combien ça coûte ? Plusieurs modes de rémunération cohabitent dans l’industrie des services financiers. Par exemple, les institutions financières ne facturent pas directement des frais à leurs clients pour les conseils qu’elles prodiguent. Elles se payent plutôt en vendant des produits financiers. « Puisque les gens sont en général réticents à payer des honoraires pour accéder à des services en planification financière, cette façon de faire contribue à rendre les conseils plus accessibles », affirme Chantal Lamoureux.

Quant aux planificateurs financiers, beaucoup travaillent à honoraires, comme un avocat, et non à la commission. « Le coût dépend des actifs sous gestion et de la complexité de la situation du client », dit Fabien Major, qui facture de cette façon. Dans l’industrie, les frais varient en moyenne de 1 % à 1,7 % de la valeur des placements. Il existe aussi des planificateurs financiers qui travaillent à un taux horaire, mais ce sont des oiseaux rares…

Des formations pour s’y retrouver

Avant de s’adresser à un professionnel, on peut approfondir ses connaissances en finances personnelles en suivant les formations de l’Institut québécois de planification financière, sur le site web planifiez.org. « Nos 14 modules préparent à la première rencontre avec un professionnel », dit Chantal Lamoureux, de l’Institut.

L’Autorité des marchés financiers propose aussi le document en ligne Choisir son représentant – 9 principes, qui fait le tour des éléments à prendre en considération avant de choisir son conseiller en services financiers.

La fraude, comment l’éviter ?

Avant de confier son argent à un conseiller en services financiers, on communique avec le Centre d’information de l’AMF (1 877 525- 0337) afin de savoir si cette personne possède les autorisations requises pour vendre des placements ou des assurances. On exige ensuite des informations complètes sur les placements offerts et on s’assure que les documents soumis sont véridiques. Pour ce faire, on visite le SEDAR, site qui renferme les données des membres des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). Enfin, on se méfie des promesses de rendements mirobolants. Les gains faciles, ça n’existe pas !

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