Art de vivre

Améliorer le comportement de votre chien

Il jappe sans cesse, mordille, saute sur les invités ? Avec la bonne technique et une grande dose de patience, votre toutou agira de façon irréprochable.

Wouf !

Situation. Que votre chien jappe quelques secondes au passage du facteur ou à l’arrivée de visiteurs, c’est non seulement normal, mais utile. Par contre, s’il aboie sans relâche et sans raison, en votre présence ou lorsqu’il est seul, parce qu’il s’ennuie ou éprouve de la peur et de l’anxiété, il y a problème. Il s’agit d’une mauvaise habitude parmi les plus courantes… et les plus difficiles à modifier.

Conseils. Assurez-vous d’abord que votre chien a tout ce dont il a besoin (jouet, eau, etc.), surtout lorsqu’il est seul. La stimulation intellectuelle est tout aussi importante que l’exercice pour le chien : multipliez les séances de jeu et les promenades pour éviter qu’il ne s’ennuie quand vous vous absentez.

Autant que possible, éliminez la cause de ses aboiements. Par exemple, si le chien jappe dans la maison parce qu’il peut voir le chat du voisin, mettez-le dans une pièce où il n’a pas accès aux fenêtres ou encore dans sa cage. Faites jouer de la musique classique, qui semble soulager l’ennui et calmer les nerfs… Et ignorez-le lorsqu’il aboie constamment : le contraire ne ferait que renforcer le comportement indésirable. À l’inverse, n’oubliez pas d’encourager et de récompenser votre chien s’il est calme et silencieux.

Le collier à la citronnelle (qui laisse échapper un jet odorant quand l’animal jappe) fonctionne bien si le chien n’aboie pas pour des raisons émotives. Il se révèle donc inefficace pour celui qui souffre d’anxiété lorsqu’il est seul. À proscrire absolument : l’ablation des cordes vocales, une intervention inutile et cruelle.

Ces conseils ne suffisent pas ? Consultez votre vétérinaire ou un spécialiste du comportement canin pour connaître les méthodes d’entraînement. Exemple de méthode : si le chien aboie en votre présence parce qu’on sonne à la porte, approchez-vous de lui pour le rassurer. Faites-lui comprendre que vous maîtrisez la situation et remerciez-le de vous avoir alertée. S’il continue à japper, dites-lui NON d’une voix ferme et neutre, sans crier, tout en pressant une main sur son museau et en tirant de l’autre sur son collier, et dites-lui de s’asseoir. Détournez son attention en lui présentant un jouet ou entraînez-le à l’écart. Dès qu’il cesse d’aboyer, récompensez-le par une marque d’affection ou une friandise.

 

Le destructeur

Situation. S’il est tout à coup laissé seul pour de longues périodes, le chien qui n’a pas été habitué à la solitude dès son jeune âge ou celui qui vit de gros changements (absence prolongée du maître, déménagement, arrivée d’un bébé ou d’un nouvel animal…) peut décider de s’en prendre aux meubles, aux chaussures, de creuser des trous dans le jardin, etc. Il s’ennuie ou souffre d’anxiété.

Conseils. Pour empêcher ce scénario de se produire, n’entretenez pas de relation affective trop intense avec votre animal : ne le laissez pas dormir sur votre lit et ne le caressez pas sans arrêt.

De plus, évitez de lui donner de vieilles chaussettes ou chaussures comme jouets, car il sera incapable par la suite de faire la différence entre ce qu’il a le droit de mâcher et ce qui lui est interdit.

Si vous le surprenez en train de mordiller un objet défendu, interrompez-le par un NON ferme. Enlevez-lui l’objet et tendez-lui un de ses jouets. Lorsqu’il le saisit, récompensez-le.

Vous sortez un moment et constatez à votre retour qu’il a détruit quelque chose ? Inutile de le gronder, vous ne feriez qu’augmenter son anxiété. La violence, la punition et la muselière sont tout aussi inefficaces.

La prévention reste le meilleur remède : essayez d’adopter une routine quotidienne immuable (heures d’arrivée, de départ, de jeux, de repas et d’exercice). Lorsque vous vous absentez, assurez-vous que votre chien est occupé avec ses jouets ou qu’il sommeille et préparez-vous sans faire de bruit ; sortez sans lui prêter attention.

S’il ne tolère pas du tout la solitude, il faudra entreprendre un programme complet de conditionnement : on commence par le laisser seul pour de petites périodes (5, 10 puis 30 minutes), ensuite pour une heure ou deux, et finalement pour quelques heures. Avant de partir, ne laissez rien à sa portée (plantes, chaussures, bottes, etc.). Ou encore isolez l’animal en le mettant dans sa cage ou dans une pièce fermée avec son coussin et un vêtement que vous ne portez plus. Laissez-lui des jouets qu’il peut mâcher en toute sécurité. Mettez de la musique douce, allumez la télé ou placez un réveil qui émet un tic-tac régulier, ce qui calmera le chien.

Si votre toutou affectionne les fils électriques, enduisez-les de ruban adhésif, d’un mélange de piments forts ou d’une préparation commerciale destinée à cet effet (animaleries). L’utilisation de la cage et une bonne dose d’exercice quotidien fonctionnent particulièrement bien pour modifier le comportement destructeur de jeunes chiens. D’autres méthodes existent pour ceux qui ont tendance à mettre les jardins sens dessus dessous. Pour les cas plus graves, on peut envisager la médication. Consultez votre vétérinaire.

 

Questions de propreté

Situation. Il urine et défèque dans la maison… Que faire ?

Conseils. D’abord, faites-le voir par un vétérinaire, qui s’assurera qu’il n’est pas malade. S’il s’agit d’un chiot, rappelez-vous qu’il est normal qu’il s’échappe durant son apprentissage de la propreté ; par contre, le marquage territorial est inacceptable à tout âge. Si vous le prenez en flagrant délit, dites rapidement NON d’une voix ferme et neutre, puis détournez son attention.

Il s’échappe constamment en votre absence ? Il a sans doute alors un problème de dépendance émotive ou il manque d’occasions pour évacuer son énergie. Inutile de mettre le nez du chien dans ses excréments et de le gronder : il ne comprend pas le concept de culpabilité et vous ne feriez que le rendre encore plus anxieux. Pour remédier à la situation, vous pouvez asperger ses endroits préférés d’un répulsif (animaleries) et changer le coin où il a l’habitude de rester seul dans la maison en votre absence. Vous devrez peut-être aussi entreprendre un programme de modification du comportement pour le rendre plus indépendant ou reprendre à zéro le programme d’apprentissage de la propreté. Parlez-en à votre vétérinaire ou à un spécialiste du comportement canin.

 

Il saute sur les gens

Situation. Votre chien a tendance à sauter et à s’exciter lorsque vous arrivez à la maison.

Conseils. Ignorez-le jusqu’à ce qu’il se calme, puis baissez-vous à son niveau et parlez-lui doucement. S’il continue de sauter, levez le genou assez haut pour qu’il se frappe le poitrail dessus. Aussitôt que le chien redescend, tournez-lui le dos et dites-lui fermement de s’asseoir. S’il ne vous obéit pas, éloignez-vous de lui et ignorez-le tant qu’il reste excité. Répétez cette procédure chaque fois que nécessaire et assurez-vous que tous les membres de la famille fassent de même. Récompensez-le par une marque d’affection ou une friandise dès qu’il cesse son manège ou qu’il s’assoit.

Lorsque des invités arrivent, demandez-leur d’ignorer l’animal jusqu’à ce qu’il se calme. Tenez-le fermement par le collier et dites-lui de s’asseoir. Récompensez-le aussitôt qu’il vous obéit.

 

Utilisation de la cage

La cage peut être un outil merveilleux pour entraîner votre toutou. Si vous avez un nouveau chien – qu’il s’agisse ou non d’un chiot –, servez-vous de la cage pour limiter l’accès de l’animal au reste de la maison, jusqu’à ce qu’il sache ce qui lui est permis. Dans sa cage, le chien apprend à se calmer et à patienter.

Il s’y sent en sécurité même s’il est seul et il y adopte de bonnes habitudes. Sa cage devient son refuge. Il est rare que l’on doive utiliser une cage pour un chien qui a plus de deux ans. Choisissez une cage solide et assez spacieuse pour que le chien, devenu adulte, puisse s’y tenir debout et se retourner sans problème. Installez un coussin assez épais au fond, quelques jouets et un vieux vêtement. Placez-la dans un endroit éclairé et confortable, près de l’activité de la maison. La cage ne doit jamais servir à punir l’animal. Elle est un outil d’entraînement et, lorsque le chien y sera habitué, il ira s’y réfugier de lui-même lorsque vous vous absenterez.

 

L’abc du comportement

Les chiens adorent obtenir l’attention de leur maître, qu’elle soit positive ou négative. Malheureusement, sans s’en rendre compte, plusieurs accordent davantage d’attention à leur chien lorsqu’ils ont quelque chose à lui reprocher… Le chien exemplaire qui ne reçoit pas suffisamment de renforcement positif adopte parfois certains comportements destructeurs en présence de son maître, simplement pour que ce dernier s’occupe de lui. Deux règles d’or :

Ignorez les comportements inappropriés.
Votre chien a fait un mauvais coup ? Faites comme si de rien n’était à moins de le prendre en flagrant délit ? montrez-lui immédiatement le comportement à adopter. Autrement, ramassez le dégât sans dire un mot et demandez-vous plutôt ce qui est à l’origine de cet écart de conduite.

Récompensez les bons comportements.
Chaque fois que votre chien vous obéit, donnez-lui une marque d’affection, une friandise ou dites-lui un mot doux. Assurez-vous de lui accorder de l’attention positive chaque jour – promenades, jeux ou caresses. Soyez affectueuse avec votre chien lorsqu’il est calme afin d’encourager ce comportement et accordez-lui une récompense lorsqu’il joue avec SES jouets.

L’usage du NON.
Bien utilisé, le NON peut être fort efficace. Lorsque le chien fait un mauvais coup devant vous, dites-lui NON d’une voix ferme et neutre, sans crier et – essentiel – montrez-lui aussitôt le comportement approprié. Lorsque le chien vous obéit, récompensez-le.

La punition.
Elle est rarement efficace pour résoudre les problèmes de comportement destructeur. Elle risque même d’aggraver le problème. On croit souvent, à tort, que le chien « sait » qu’il a fait un mauvais coup parce qu’il court se cacher en vous entendant arriver ou qu’il prend un air piteux. En fait, il agit ainsi parce qu’il se sent menacé par le ton de votre voix, votre démarche ou votre expression faciale. Le chien ne comprend pas qu’il a mal agi ; par contre, il sait que vous êtes en colère et qu’il risque d’en subir les conséquences. Que faire ? Prenez une grande respiration, calmez-vous, comptez jusqu’à 10 et… ignorez-le !