Art de vivre

Cet été, on lit...

Quels livres apporterez-vous en vacances cette année ? Consultez les choix de lectures d’été de l’équipe !

 

Les suggestions de l’équipe :


 
 
Hélène Matteau
Rédactrice en chef
adjointe

 

Le songe de Scipion, par Iain Pears (Éd. Pocket)
Pas ordinaire. L’histoire se passe à trois époques différentes : à la fin de l’Empire romain, au Moyen Âge et pendant la Deuxième Guerre mondiale. Un questionnement sur le pouvoir, la richesse, la politique, la philosophie… En fait, une quête du sens de la vie.
 

Carson McCullers, Romans et nouvelles (Éd. du Livre de poche)
En un seul livre à papier bible (poids léger malgré ses 1 150 pages), les cinq romans et toutes les nouvelles de Carson McCullers. Cette Américaine originale, décédée en 1967, peint des milieux familiers et attachants des petites villes du Sud des États-Unis. Ses personnages, tous un peu en marge, un peu décalés, composent à leur manière avec la solitude.
 

Et les regrets aussi, par Michèle Matteau (Éd. L’Interligne)
Après des nouvelles et sa trilogie À ta santé la vie, très bien reçues par le public et la critique, ma grande sœur raconte ici l’histoire de Francis Casals, un comédien fier et lucide, parti se réfugier dans son petit village natal pour faire le bilan de sa vie. Il devra affronter le passé, la lâcheté. Et la vérité.
 

L’homme qui n’avait pas de table, par Pierre Fortin (Éd. Québec-Amérique)
Une photographe de graffitis rencontre un vieil itinérant, le Cook, qui va disparaître. Elle partira à sa recherche en tentant de percer son mystère. Ça se passe à Montréal et c’est étonnant.
 


 
 
Sophie Banford
Rédactrice en chef
adjointe
, art de vivre, mode-beauté

 

Série « Le poids des secrets », par Aki Shimazaki (Éd. Leméac/Actes Sud)
Dans cette série, on explore les secrets d’une famille ayant vécu au Japon dans les années de guerre (1929 – …). Chaque roman raconte l’histoire du point de vue d’un membre différent de cette famille. Ainsi, dans Tsubaki, Yukiko révèle un lourd secret à sa fille par le billet d’une lettre posthume. Mais son drame cache aussi une magnifique histoire d’amour impossible. Avec Hamaguri, Yukio nous raconte sa vie, sa relation avec sa mère mariée à un homme riche et l’histoire de son amour impossible avec Yukiko. Tsubame est l’histoire de Yonhi, une petite Coréenne qui a changé d’identité pour devenir japonaise. Elle devient Mariko. Toute sa vie, elle a caché ses origines de peur que son mari japonais et son fils Yukio en souffrent. Wasurenagusa défile la vie de monsieur Takahashi, héritier d’une grande famille. Contre la volonté de ses parents, il décide d’épouser une femme qui a déjà un enfant, Yukio, qu’elle a eu hors mariage. Enfin, Hotaru introduit Tsubaki, une jeune femme qui étudie à Tokyo et passe les week-ends chez ses parents pour s’occuper de sa grand-mère, Mariko. D’une visite à l’autre, cette dernière lui raconte des pans de sa vie. Aki Shimazaki, une Japonaise vivant à Montréal depuis une quinzaine d’années, a une écriture pure et touchante, un style direct et sans fioriture. Chaque histoire est un voyage émouvant, rempli d’images, qui nous plonge dans la culture de l’Empire du soleil levant. Lors de mes prochaines vacances, je savourerai Mitsuba, dont je ne connais pas encore le secret…
 

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, par Stefan Zweig (Éd. du Livre de Poche)
L’histoire se passe en 1880 à Monte-Carlo. Madame C, fille de bonne famille et veuve depuis deux ans, fait la rencontre d’un homme plus jeune qu’elle. Pour une raison que seule la passion peut expliquer, celle qui n’a jamais connu d’autres hommes que son défunt mari décide de venir en aide à cet inconnu. « Ces 24 heures furent remplies par une tempête qui a déchaîné les sentiments les plus insensés de son âme, tellement que son âme en fut brisée pour toujours. » C’est un livre magnifiquement écrit, rempli de poésie et de sensibilité, qui se lit d’un seul trait. Stefan Zweig prête ses mots à cette femme avec une minutie étudiée et une sensibilité qui explose de vérité. Le regard qu’il porte sur les conventions de l’époque – une prison invisible – ajoute à l’intérêt de l’histoire, surtout lorsqu’on sait qu’il l’a écrite en 1927. Ce roman est une prescription pour les héritiers de grandes passions. Et il est à proscrire pour les lecteurs qui exècrent les longues descriptions narratives.
 

Lorraine Lambert
Correctrice et responsable « Votre vie »

La vie aux aguets, par William Boyd (Éd. du Seuil)
Il s’agit du dernier William Boyd, un écrivain anglais que j’aime d’amour. Une femme très anglaise et très digne annonce à sa fille, pendant la canicule de 1976, qu’elle est en réalité une immigrante russe et une ex-espionne. Sénilité ? Paranoïa ? Non. Tout est vrai. Sa fille, narratrice du roman, verra sa vie basculer.

 

L’œuvre de Réjean Ducharme (Éd. Gallimard)
Je voudrais aussi cet été lire ou relire l’œuvre de Réjean Ducharme, à commencer par L’avalée des avalés, puis Le nez qui voque. J’en profiterai pour visionner Les bons débarras et Les beaux souvenirs et réécouter les chansons qu’il a écrites pour Charlebois (Mon pays [ce n’est pas un pays, c’est une job], Heureux en amour, etc.).
 

Tout Dostoïevski
Enfin, j’aborderai les Russes, à commencer par Dostoïevski : Crime et châtiment, L’idiot, Les démons, etc.
 

Monique Roy
Chroniqueure livres

Les Bienveillantes, par Jonathan Littell (Éd. Gallimard)

Prix Goncourt 2006, premier roman écrit en français par cet Américain de 39 ans éduqué en France et vivant à Barcelone. « Je suis un homme comme les autres », affirme Max Aue. Officier SS pendant la Deuxième Guerre mondiale, il obéit aux ordres : annihiler les Juifs. Roman colossal sur « la banalité du mal », lecture dérangeante, dure, nécessaire.

 

Amitié interdite, par Liza Frulla et Louise Beaudoin (Éd. La Presse)
L’une est fédéraliste, l’autre souverainiste. Deux femmes de raison et de passion. En dépit des chaos de la vie politique, elles ont su préserver leur profonde complicité et leur longue amitié en respectant les convictions de l’une et de l’autre. Réjouissant.
 

La vie de Margaret Laurence, par James King, traduit par Lynn Diamond (Éd. Triptyque)
L’écrivaine canadienne, disparue en 1987, méconnue dans son pays et célébrée dans le monde entier, était une grande. Cette biographie lui redonne sa place et suscite l’envie de lire ses romans (plusieurs traduits en français) qui dépeignent avec force la difficulté d’être femme, mère et écrivaine dans les années 1950 et 1960.
 

Piaf, par Simone Berteaut (Éd. Robert Laffont)
Sa voix traverse les décennies : Piaf, encore et toujours, que les jeunes générations découvrent grâce au film La vie en rose, avec l’étonnante Marion Cotillard.
 

Le vide, par Patrick Senécal (Éd. Alire)
Derrière la violence des gens ordinaires, un coupable : l’ennui quotidien. L’auteur de Sur le seuil se surpasse et signe un thriller maîtrisé qui se déroule à Drummondville mais qui pourrait se passer près de chez vous.
 

Le parfum d’Adam, par Jean-Christophe Rufin (Éd. Flammarion)
L’auteur de Rouge Brésil (Prix Goncourt 2001) est également médecin et fondateur de Médecins sans frontières. Chez lui, l’engagement et l’écriture vont de pair comme dans ce thriller où des écoterroristes, au nom de leur idéologie, deviennent de dangereux fanatiques. Haletant.
 

Hommes entre eux, par Jean-Paul Dubois (Éd. de l’Olivier)
On aime la sensibilité de cet écrivain, son humour souvent à la limite du désespoir. À North Bay, en Ontario, la rencontre de deux hommes. Motif : une femme aimée.
 

Tours et détours de la vilaine fille, par Mario Vargas Llosa (Éd. Gallimard)
Un bijou ! La passion obsessive d’un homme pour une femme qui lui échappe toujours et qu’il poursuivra jusqu’au bout du monde.
 

Odette Toulemonde et autres histoires, par Eric-Emmanuel Schmitt (Éd. Albin Michel)
Huit portraits de femmes à la fois vulnérables et fortes, dessinés avec la plume tendre d’un écrivain qui nous atteint au cœur.
 

La troisième lettre, par Michèle Marineau (Éd. Québec-Amérique)
Quand Agathe se met à recevoir des lettres anonymes en provenance de la Nouvelle-Écosse, c’en est fini de sa quiétude et de sa vie organisée autour de son métier de comédienne. Un suspense finement tissé de fils inquiétants.
 

Une situation légèrement délicate, par Mark Haddon, traduit par Odile Demange (Éd. Robert Laffont/NiL)
Après le succès mondial du Bizarre incident du chien pendant la nuit, l’écrivain anglais présente un deuxième roman fou fou fou… Comédie de mœurs familiales apprêtée à la sauce britannique. Irrésistible.
 


 
 
Julie Tremblay
Ex-rédactrice en chef Web

 

Les Chroniques d’une mère indigne, par Caroline Allard (Éd. du Septentrion)
Depuis un an, elle entretenait un fidèle public d’internautes en relatant avec dérision ses aventures de Mère indigne. C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris en mars dernier que Caroline Allard, épouse, maman et étudiante au doctorat en philosophie, mettait le retour de chariot final à son blogue. Heureusement, elle nous laisse en souvenir le recueil de ses chroniques sur papier. Après avoir fait son possible pour atteindre le statut de mère parfaite avec Fille Aînée, elle fait le choix de survivre en rendant les armes avec la venue de Bébé numéro 2. Embrassant sa condition de mère indigne, elle nous révèle entre deux changements de couche tout ce que la maternité a d’angoissant, de rigolo, de tabou et de pas beau. Tout indiqué pour la maman que je suis.
 

Lucie le chien, par Sophie Bienvenu (Éd. du Septentrion)
En même temps que les Chroniques d’une mère indigne, les éditions Septentrion publiaient les chroniques d’un autre génial blogue québécois, Lucie le chien. Je me suis toujours demandé à quoi pense la grande danoise qui vit à mes crochets depuis plus de neuf ans. Voici que je peux découvrir la vision du monde de Lucie, petit chien obsédé par les « bits » des Kibbles’n Bits, les écureuils et l’accès au lit de ses humains, et qui entretient une relation d’amour-haine avec Joséphine la chatte et Georges le nours qui pue, deuxième toutou de la maison. Un petit recueil délicieux et naïf, pour les humains dingues des chiens.
 

The Birth House, par Ami McKay (Éd. Knopf Canada)
Avec toute l’amplitude qu’a prise mon abdomen au cours des derniers mois, vous comprendrez que mes zones d’intérêts actuelles se rapportent la plupart du temps à la maternité. J’attends avec impatience mon congé pour savourer enfin ce roman d’Ami McKay, encensé par la critique, qui n’a malheureusement pas encore été traduit en français. Après avoir emménagé dans une maison ancestrale de Scots Bay, en Nouvelle-Écosse, l’auteure apprend que l’une des occupantes précédentes de sa demeure était une sage-femme bien connue dans la région. Ami McKay se lance alors à la recherche de l’histoire de cette femme pour ensuite imaginer le récit magique, mi-fictif, mi-historique, d’une sage-femme et de son apprentie au début du 20e siècle.
 

Doggy bag – saison 4, par Philippe Djian (Éd. Julliard)
Je ne passe pas un été sans savourer un livre de Philippe Djian, mon auteur fétiche. Je ne manquerai pas à mon habitude cette année puisque je m’apprête à dévorer le plus récent volet de sa saga mettant en scène la famille Sollens. J’en profiterai pour écouter en même temps Eldorado, le dernier album de Stefan Eicher, qui a cette fois encore demandé à son complice Djian de signer les superbes textes de plusieurs pièces. Des heures fort agréables en perspective…
 

Évangéline & Gabriel, par Pauline Gill (Lanctôt éditeur)
Quoi de mieux pour s’émouvoir, étendue sur une chaise longue au soleil, que de lire « la plus grande histoire d’amour d’Amérique ». L’auteure de biographies et de romans historiques Pauline Gill, récipiendaire de nombreux prix et bourses, raconte la tragédie d’Évangéline et Gabriel, séparés l’un de l’autre lors de la déportation des Acadiens en 1755. Beau et triste à la fois.