Montréal vibre au rythme du Festival International de Jazz

Instagram : @anginedepoitrine, @theapartmentaudiophile
Entre ovations debout dans l’intimité des salles de spectacle et foules compactes de la Place des Festivals, le Festival International de Jazz de Montréal a une fois de plus fait vibrer la métropole. Fidèle à sa réputation, cette 46e édition a fait se côtoyer de grands noms, découvertes et propositions artistiques hors normes, confirmant que le plus grand festival de jazz au monde est aussi devenu l'un des rendez-vous musicaux les plus éclectiques de l'été.
Retour sur cinq prestations qui ont particulièrement marqué cette édition.
Angine de Poitrine
Le premier samedi soir, près de 100 000 personnes se sont donné rendez-vous à la Place des Festivals pour voir Angine de Poitrine. Réputé pour son univers théâtral, ses costumes à pois et sa musique « rock microtonal dada-pythago-cubiste », le groupe saguenéen déroute autant qu’il séduit.
L’électrisant duo formé de Khn et Klek a offert un véritable marathon musical en interprétant l’intégralité de ses deux albums, Vol. I et Vol. II, tout en captivant la foule grâces à ses échanges, incompréhensibles pour le commun des mortels.
Reprenant en chœur « Sébastien », l’unique mot en langue humaine de la chanson Fabienk, la foule a multiplié les applaudissements et les triangles formés avec les doigts, symbole du groupe.
Patrick Watson
Autre moment fort de cette édition : les retrouvailles tant attendues entre la Place des Festivals et Patrick Watson. Le pianiste adoré des Montréalais a foulé la scène pour interpréter les titres de son dernier album, Uh Oh, un opus sur lequel il partage la vedette avec de grandes voix féminines, dont Charlotte Cardin, Klô Pelgag et MARO.
L'interprète de « Je te laisserai des mots », le tout premier titre francophone à franchir le cap historique du milliard d’écoutes sur Spotify, a notamment partagé la scène avec les chanteuses Solann et November Ultra, qui figurent elles aussi sur l'album.
La veille de son concert, Patrick Watson s’était vu décerner le prix Montréal Jazz Festival Spirit par la mairesse, Soraya Martinez Ferrada, devenant ainsi le premier Montréalais à recevoir cet honneur depuis Leonard Cohen, en 2008.
Naïka
Née à Miami d’un père français élevé à Madagascar et d’une mère haïtienne aux origines libano-palestiniennes, Naïka propose un univers musical d’une grande richesse. Du Kenya à la Guadeloupe, en passant par l’Afrique du Sud, le Vanuatu, la France et même Montréal, ses expériences nourrissent une pop à saveur internationale.
Son titre « ONE TRACK MIND », influencé par le kompa haïtien, cumule aujourd’hui plus de 25 millions d’écoutes. Sur scène, l’artiste a d’ailleurs réservé une surprise de taille à son public en invitant la Torontoise Jessie Reyez à interpréter un couplet inédit en espagnol.
Le concert a permis au public de découvrir ECLESIA, son premier album sorti en février 2026. À travers ses morceaux, interprétés en anglais, en français et en créole, Naïka a fait résonner sur scène son héritage unique qui lui tient tant à cœur.
Melody Gardot
Grande habituée du Festival, l’Américaine Melody Gardot a célébré ses vingt ans de carrière avec la foule montréalaise les 1er et 2 juillet. Derrière ses emblématiques lunettes fumées, la chanteuse y a revisité ses plus grands succès dans son style unique, au croisement du jazz, du blues, du folk et même de la bossa-nova.
Elle a alterné les grands classiques, comme la célèbre pièce « Moon River » d’Henry Mancini, et ses propres compositions. Bien qu’elle chante principalement en anglais et en portugais, celle qui est établie en France depuis de nombreuses années a aussi charmé le public en interprétant en français son titre C’est magnifique.
La chanteuse a également réservé une belle surprise à la foule en invitant sur scène la chorale gospel nigériane Chanan Choir. Une collaboration aussi étonnante que puissante, qui a su conquérir la salle.
Sofiane Pamart
Surnommé le roi du piano, Sofiane Pamart a offert l'une des prestations les plus saisissantes de cette 46e édition. Seul sur scène pendant près de deux heures, sans partition et accompagné de son unique piano à queue, le compositeur français a captivé la Maison symphonique avec un concert où chaque note semblait suspendre le temps.
L'artiste, qui a notamment joué lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, a surtout revisité les pièces qui ont façonné sa carrière. Ce n'est qu'au rappel, à la demande insistante du public, qu'il a interprété « Beauty », l'unique extrait de son plus récent album, Movie.
Les mots se sont faits rares tout au long de la soirée, mais ils n'étaient pas nécessaires. Dans un silence presque absolu, la salle s'est laissée porter par un univers profondément cinématographique, où chaque composition allait droit au cœur.
Le pianiste avait déjà charmé les festivaliers des Francos de Montréal en 2022 à l’occasion de la sortie de son deuxième album.
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