Culture

Jean-Philippe Wauthier : tête-à-tête avec un animateur… qui ne veut plus être baveux

Beau, brillant, irrévérencieux, Jean-Philippe Wauthier règne presque sans partage sur la radio et la télé d’ICI Radio-Canada depuis des années. Il est de retour à la barre de Bonsoir, bonsoir !, qu’il anime de main de maître pour une cinquième saison, après avoir fait ses adieux à La soirée est (encore) jeune. Il animera cet automne un nouveau rendez-vous radiophonique quotidien, intitulé La journée (est encore jeune).

Jean-Philippe Wauthier

Photo : Pierre Manning/Shoot Studio

Trois mots qu’on a beaucoup utilisés pour me décrire

Baveux, fendant, cheveux ! [Rires] J’ai trouvé ça correct pendant un, deux, trois ans… Étant un grand fan de Jon Stewart et de Stephen Colbert, par exemple, qui ont ce petit côté baveux, j’avais en quelque sorte envie de l’avoir aussi. Le plus tough, ça a été de m’en défaire plus tard. Vient un moment où tu as envie d’avoir le moins d’artifices possible sur tes shows.

Une chose que j’aimerais apprendre

Je suis assez monomaniaque dans la vie. Je vire fou sur une affaire. Par exemple, c’était mon rêve d’apprendre le piano. Alors j’ai fait ça intense pendant un an. Et là, c’est les cigares… Je me suis découvert l’immense passion de fumer un bon cigare en lisant. Donc j’ai envie de TOUT connaître sur les cigares, comme si j’étais un fumeur de 70 ans. [Rires]

Un lieu qui me ramène directement à mon enfance

La maison de mes grands-parents, rue du Chanoine-Gaudreault, à La Baie. Quand Google Street View est arrivé, c’est le premier lieu que j’ai eu envie de regarder. Car c’est beaucoup là que j’ai été élevé. Cette maison, je serais capable de la reconstruire de mémoire, as is.

Une œuvre qui m’a bouleversé

Le film L’exorciste : j’avais 12 ans, et ça m’a « fucké » longtemps. À ce jour, je ne l’ai pas revu. Et je ne veux pas le revoir. J’ai eu trop peur.

Une émission qui a changé ma vie

La fin du monde est à sept heures [diffusée à TQS de 1997 à 2000]. Je l’ai vénérée, cette émission-là. Sa folie faisait qu’on ne s’attendait à rien et à tout en même temps. Ça se renouvelait sans cesse. S’il existait des DVD de tous les épisodes, je les regardais tous, tout le temps. Tsé, quand je disais monomaniaque ? Il y a aussi The Office : j’ai regardé toutes les saisons 30 fois. Et Seinfeld, 100 fois ?

Un événement récent qui a été déterminant

Ça fait quelques années déjà, mais il est certain que la séparation d’avec la mère de mes enfants m’a marqué de plusieurs façons. Quand tu vis une telle rupture, ça libère qui tu es. Mais il n’y a plus de murs, et tu dois tout reconstruire.

Ce que j’aime le plus de mon travail

Parler aux gens. J’aime savoir comment les gens vont. Faire le chemin dans ma tête aussi, pendant la discussion, pour poser les questions. Je n’aime pas préparer des questions à l’avance, d’ailleurs. Je trouve ça présomptueux d’écrire ce genre de scénario, comme si on savait ce que l’autre allait répondre. En fait, en télé, on le sait souvent à cause de la préentrevue… Ça peut fonctionner pour le politique, moins pour le human.

Ce qui me fait éclater de rire à tout coup

De Paul Houde à Alex Barrette avec qui je travaille, ou avec mes amis de La soirée est (encore) jeune, je trouve les gens infiniment drôles, et c’est une chose qui me comble énormément. Lancer des niaiseries, dépasser les limites… J’en ai besoin.

Une vie réussie, selon moi, c’est…

Est-ce que l’argent égale le bonheur ? Y a-t-il un bonheur sans la liberté ? La liberté exige combien d’argent ? Pour que mes enfants soient heureux, je dois être auprès d’eux combien de temps ? Dans quel état ? Ce qui apporte le plus de bonheur, c’est le temps qui s’arrête, avec les gens que tu aimes. Être avec les enfants, prendre un verre avec les amis… Et fumer un cigare.

J’irais bien partager un repas avec…

Jacques Brel et Winston Churchill.

Un vêtement qui me fait sentir beau

Ma blonde est styliste et trouve parfois des vestons à 70 % de rabais que je ne me serais jamais achetés autrement. Le genre de vêtement qui te fait sentir comme un superhéros. C’est bien fait, ça ne donne plus envie d’acheter du fast fashion. Un vêtement est un accessoire important. Il peut permettre de dire beaucoup sur soi, donner confiance et même aider à entrer en relation avec les autres.

Je n’ai aucune tolérance pour…

Le manque de jugement.

J’aimerais que les gens se souviennent de moi comme de quelqu’un qui…

Était gentil et généreux.

« La folle du Châtelaine », votre personnage fétiche à La soirée est (encore) jeune, est devenue…

Mylène [ex-stagiaire chez Châtelaine] a dû assister à 80 enregistrements de La soirée… Et elle a fini par travailler avec nous ! C’est elle qui mettait nos balados en ligne, peux-tu croire ?

Restons connectées

Recevez chaque jour de la semaine des contenus utiles et pertinents : des recettes délicieuses, des articles astucieux portant sur la vie pratique, des reportages fouillés sur les enjeux qui touchent les femmes. Le tout livré dans votre boîte courriel à la première heure !