Décoration

On parle design avec Francis Cayouette

Le mois dernier, IKEA rouvrait les portes de son magasin dans l’arrondissement de Saint-Laurent, après des travaux d’agrandissement. Châtelaine en a profité pour s’entretenir avec l’un des designers-vedettes de la boîte, Francis Cayouette.

Créateur d’origine québécoise établi depuis 1999 à Copenhague, au Danemark, Francis Cayouette collabore avec la célèbre compagnie suédoise depuis 2001. On lui doit notamment le meuble télé EXPEDIT, le banc range-chaussures de la collection PS 2012 et, plus récemment, le rangement modulaire ALGOT. Par l’intermédiaire de sa propre compagnie de design, Unit 10 Design, il conçoit aussi des objets à la demande de marques locales, comme Stelton et Normann Copenhagen.

Francis Cayouette, designer. Crédit photo : IKEA

Francis Cayouette, designer.
Crédit photo : IKEA

Quelles sont les plus grandes contraintes auxquelles vous êtes soumis lorsque vous concevez un objet pour IKEA?

Je dirais qu’il s’agit davantage de balises que de contraintes. Et, honnêtement, pour moi, c’est ce qui ajoute au défi de créer un objet. Dans la plupart des mandats, à part le fait qu’on doive parfois s’en tenir à un matériau en particulier ou à des spécifications techniques de base, le plus grand défi est de s’assurer que l’objet soit accessible, l’un des principes-phares d’IKEA. Certains articles, comme les jouets pour les enfants, demandent parfois plus de temps à produire, car ils doivent subir une panoplie de tests de sécurité en fonction de l’âge des enfants auxquels ils sont destinés. Ainsi, il peut parfois s’écouler une année et demie entre la remise du premier brief et la mise en marché du produit.

Crédit photo : IKEA

Pyramide d’anneaux MULA. Design : Francis Cayouette.
Crédit photo : IKEA

 

Diriez-vous que vos origines québécoises transparaissent dans votre travail de designer?

Oui, je pense que l’ouverture d’esprit, la curiosité et le côté à la fois humble et fier de la société québécoise dans laquelle j’ai grandi transparaissent et sont appréciés au Danemark, là où j’habite et je travaille. Ce sont aussi des valeurs propres aux pays scandinaves en général.

Voyez-vous des similitudes ou, au contraire, des différences marquées entre le design scandinave et le design québécois?

Le design scandinave a un côté très chaleureux, pratique et fonctionnel. Il est aussi très intégré dans la vie quotidienne sur le plan de l’urbanisme et de l’architecture, souvent de façon discrète et harmonieuse avec l’environnement. Peut-être plus, c’est vrai, que dans certaines villes nord-américaines.

Comme les Scandinaves aiment discuter longuement de toutes les questions qui touchent leur société et son organisation, et qu’ils cherchent à obtenir un consensus sur celles-ci, ils trouvent généralement des solutions constructives et créatives qui profitent à tout le monde. Les Scandinaves sont aussi très conscients de la valeur du design. Pour eux, d’ailleurs, il ne s’agit pas de quelque chose de prétentieux. Ils cherchent simplement à faire plus avec moins.

Selon vous, y a-t-il un matériau qu’on n’utilise pas assez ici, en matière de design?

Je ne pense pas à un matériau en particulier. Par contre, je constate qu’on mélange plus les matériaux ici, alors qu’au Danemark, il n’est pas rare d’en utiliser un seul dans la construction d’un bâtiment ou la fabrication d’un objet. Par exemple, à Copenhague, la Grundtvigs Kirke, une église bâtie au début des années 40, est faite avec un seul type de brique. Le résultat est spectaculaire, mais à la fois très sobre.

Dans le cadre de votre collaboration avec IKEA, quel projet vous représente-t-il le plus?

Dans l’assortiment actuel, je dirais le banc range-chaussures de la collection PS et l’étagère multifonction ALGOT. Mon but est toujours qu’un objet vive le plus longtemps possible, qu’il puisse être utilisé et réutilisé de multiples façons, en fonction des besoins qui changent.

Crédit IKEA

Rangement modulaire ALGOT. Design : Francis Cayouette.
Crédit photo : IKEA

 

En terminant, vos inspirations du moment?

Je m’intéresse beaucoup aux textures. J’aime moderniser des éléments traditionnels. En ce moment, je fais beaucoup de recherches sur les meubles et motifs scandinaves de la fin du 18e jusqu’au début du 20e siècles.
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