Jardin

Gazon ou couvre-sol?

Marre de tondre la pelouse? La solution pourrait être l’utilisation de plantes couvre-sols. Mais ce n’est pas une panacée.

Un beau tapis végétal dense plutôt qu’une pelouse rachitique! Voilà ce dont on rêve quand on envisage de recourir aux couvre-sols. Ces plantes qui vivent bien là où le gazon a du mal à s’implanter, sous les arbres ou dans les pentes par exemple, présentent des feuillages aux coloris variés et fleurissent, parfois abondamment, à certaines périodes de l’année.

Photo: Unsplash/Bee Calder

Question de goût… et de coûts!
Beaucoup de plantes basses peuvent jouer le rôle de couvre-sol. Plusieurs sont rampantes, avec de longues tiges qui poussent à la surface du sol. Certaines sont envahissantes (comme l’aegopodium, ou herbe aux goutteux), au point de gruger l’espace d’autres plantes moins rapides mais peut-être tout aussi belles! Mieux vaut bien s’informer au moment de l’achat. D’autres éléments à considérer : les exigences de culture (arrosage, taille, type de sol, rusticité, etc.) et la vitesse de la croissance. La plupart des couvre-sols sont vendus en pots individuels. Mais quelques-uns, comme le thym et le trèfle blanc, peuvent être semés.

Pour les grandes surfaces, on propose souvent le trèfle blanc comme remplacement ou complément de la pelouse. C’est un bon choix ; il faut cependant le ressemer chaque printemps pour obtenir une densité intéressante. Et comme il se propage très rapidement, il est préférable de l’implanter dans des zones isolées.

Bon à savoir, avant toute chose. Le prix d’un couvre-sol peut être de 5 à 10 fois plus élevé que celui du gazon en plaques – vendu en moyenne entre 4,50 $ et 7 $ le morceau. En fait, il faudra compter de 5 à 15 plants, selon la variété choisie, pour remplir la même surface qu’une plaque (ou « rouleau de tourbe »), soit environ 0,84 m2  (9 pi2).

Afin d’amortir les coûts, on optera pour un remplacement graduel, ou sur une surface restreinte, et on achètera des plants de petite dimension, plus économiques. De toute façon, avant de jouir d’une belle surface compacte et uniforme, il faut compter un certain temps… et quelques travaux de jardinage.

Photo: Unsplash/CDC

Du rêve à la réalité
On ne dispose pas les couvre-sols n’importe où, n’importe comment. Il faut d’abord bien préparer le terrain : désherbage minutieux, enlèvement complet du gazon, ameublissement du sol sur environ 20 cm (8 po) de profondeur. Puis, ajout d’un bon compost.

Au moment de la plantation, la distance recommandée entre les plants – même si elle semble exagérée – doit être scrupuleusement respectée. Petite plante deviendra grande. Trois années de croissance en moyenne sont nécessaires à un couvre-sol pour atteindre sa maturité. En attendant, il faudra être vigilant en matière de contrôle des mauvaises herbes et d’arrosage. Étendre une fine couche de paillis entre les plants aide à réduire la prolifération des indésirables et à conserver le sol humide – mais attention de ne pas étouffer les couvre-sols. Enfin, après quelques années, certaines variétés perdent de leur vigueur ; les plants doivent alors être divisés ou remplacés.

On aura compris que, comme la plupart des végétaux, ces plantes exigent beaucoup d’amour… Mais la récompense de ces efforts peut être remarquable.

  • Choisir des plantes bien adaptées aux conditions de leur emplacement (rusticité, ensoleillement).
  • Se méfier des couvre-sols envahissants.
  • Varier les textures et les couleurs.
  • Planter une même variété en massif afin de faciliter l’entretien.
  • Prévoir au besoin l’aménagement – et le coût – de sentiers de pavés ou de pierres. Ce type de plantes résiste mal au piétinement.