Jardin : cultiver des fruits et légumes chez soi

Des bases solides
Si on se lance dans le projet de faire pousser ses légumes, autant le faire en se donnant les conditions gagnantes, estime l’agronome Marie-Josée Vézina, du Laboratoire sur l’agriculture urbaine, associé à l’UQAM. « Le bon plant au bon endroit! » résume-t-elle.
La croissance, ça s'entretient
Un tour au jardin chaque jour est préférable à une longue corvée hebdomadaire, avance Mélanie Grégoire. « On va au jardin pour l’arroser? C’est aussi l’occasion d’enlever au passage quelques mauvaises herbes et de cueillir ce qui est prêt, dit-elle. Certaines variétés comme les pois et les courgettes produisent beaucoup plus lorsqu’on les récolte au fur et à mesure. » On en profite aussi pour repérer la présence de maladies ou d’insectes, comme le fait la technicienne en horticulture Jasmine Kabuya Racine, afin de prévenir les pertes. « Si on constate que de la moisissure s’installe au pied de nos plants de tomate, il sera encore temps de les sauver. Et si quelques vers ont élu résidence dans notre chou frisé, on les écrase tout simplement à la main, sans recourir à un pesticide », conseille-t-elle. Et l’arrosage? On y procède le matin ou le soir pour éviter l’évaporation de l’eau, et en deux ou trois temps. « On fait un premier tour qui vient briser la croûte de terre sèche à la surface du sol, puis on revient pour que l’eau pénètre bien en profondeur », explique Sara Miranda-Gauvin, cofondatrice de l’organisme On sème, qui offre des formations par l’intermédiaire de son programme École du potager urbain. On n’arrose que la terre, pas les feuilles, sous peine de voir celles-ci brûler sous les rayons du soleil, et les légumes être gagnés par des maladies fongiques.
Espace maximisé
On veut exploiter chaque petit centimètre dont on dispose ? Inutile d’entasser les plants pour y parvenir. D’autres solutions bien plus efficaces existent. D’abord, le compagnonnage, adopté par Valérie Chartrand, qui mise sur la complémentarité des différents légumes. Les tomates, très gourmandes en nutriments, peuvent partager le même emplacement que le persil, plus frugal. Les légumes-racines, qui poussent en profondeur, sont jumelés aux légumes- feuilles, qui utilisent la surface. « Cette technique favorise beaucoup la pollinisation grâce à la diversité. En prime, elle peut éloigner les insectes indésirables, qui repéreront plus difficilement l’odeur de leurs plantes préférées », note Jasmine Kabuya Racine.Des ressources pour franchir les obstacles
Insectes, maladies, faible rendement, les écueils ne manquent pas sur la route du jardinier. « On ne deviendra pas expert en un été. Il faut seulement développer les bons réflexes pour aller chercher les informations dont on a besoin », fait observer Sara Maranda-Gauvin, soulignant que plusieurs groupes sur les réseaux sociaux peuvent nous venir en aide. Un problème nous embête, un insecte au jardin nous intrigue ? Il suffit d’en publier une photo et de poser la question à ces groupes, qui s’avèrent souvent une source précieuse de conseils et de solutions. Certains sites web constituent eux aussi une mine d’informations, celui d’Espace pour la vie, par exemple, ou bien d’IRIIS phytoprotection, suggéré par l’agronome Marie-Josée Vézina pour son répertoire complet et sa riche banque d’images sur les ennemis et les alliés des cultures (symptômes, insectes, mauvaises herbes...). Pour respecter un calendrier précis sans trop se casser la tête grâce à des exemples visuels de chaque geste à accomplir, on peut suivre Mélanie Grégoire sur son site Mjardiner.com. Chaque semaine, elle y présente une capsule vidéo tournée chez elle, dans les Cantons-de-l’Est, où on la voit à l’œuvre. Quelles que soient les difficultés rencontrées, on ne doit pas se décourager. En jardinage, les plaisirs l’emportent sur tout!
Le potager en pot
Tout peut-il être cultivé en pot? « Oui... et non, répond l’horticultrice Mélanie Grégoire. Puisque les plantes en pot ont un accès très limité à l’eau et aux nutriments, contrairement à celles qui poussent en pleine terre, elles ont besoin de plus d’attention. C’est le cas des tomates, très gourmandes en engrais, et du basilic, qui ne tolère pas un sol trop sec, par exemple.» Cela ne signifie pas qu’on doive renoncer à ces légumes. On devra simplement adapter sa routine. Comment? En arrosant plusieurs fois par jour pendant les canicules et en étant généreux en engrais. Il faudra aussi dès le départ remplir ses pots ou ses bacs avec un mélange composé d’un tiers de compost et de deux tiers de terreau. Les contenants doivent être suffisamment grands, sans quoi nos plants seront faméliques, prévient Jasmine Kabuya Racine, technicienne en horticulture. «J’aime beaucoup les pots en géotextile. Ils sont économiques, offerts en très grand format, faciles d’entreposage et, surtout, ils aident le système racinaire. C’est que la racine, quand elle rencontre une surface dure comme le plastique, se met à tourner sur elle-même et s’asphyxie. Mais, en contact avec une matière textile, elle se ramifie », explique-t-elle.Erreurs à éviter
Voir trop grand. On commence par cinq ou six espèces, histoire d’apprendre à les connaître avant de prendre de l’expansion. « Si on entreprend un projet trop ambitieux, on s’expose à l’échec. C’est décourageant ! » s’exclame la consultante Sara Maranda-Gauvin. Entasser ses plants. Respecter les distances de plantation est loin d’être facile. « On a toujours tendance à semer trop serré, à vouloir mettre en terre les quelques graines qu’il nous reste, même si on manque d’espace. Moi-même, ça m’arrive de le faire au moins une fois dans l’année », dit l’horticultrice Mélanie Grégoire. Sauf que cette exagération attire les ennuis. Les maladies se répandent, les plants produisent moins, la pollinisation est moins efficace... Bouder la diversité. Les monocultures sont rarement promises au succès, estime Jasmine Kabuya Racine, technicienne en horticulture. « C’est une erreur fréquente. Les gens plantent les mêmes deux ou trois variétés en grande quantité, et ça se passe mal. » Les insectes pollinisateurs se font plus rares, ce qui affecte le rendement, les maladies et les insectes nuisibles font davantage de ravages. La clé, c’est d’adapter la diversité à la superficie dont on dispose. Plus le terrain est grand, plus il faudra varier. Si on souhaite tout de même s’en tenir à seulement quelques variétés de légumes, il est bon de planter quelques fleurs à proximité. Elles éloigneront les ennemis et attireront les alliés.
Semences d'ici
Pourquoi planter la même variété de tomate que celle qu’on trouve dans tous les supermarchés quand on a accès à une centaine d’autres, tellement savoureuses? « La plus importante différence entre les semences génériques des grandes surfaces et les semences ancestrales, produites par de petits semenciers de chez nous, c’est le goût! » fait valoir Sara Maranda-Gauvin, consultante chez On sème. Les semences les plus répandues sur le marché sont celles de variétés de légumes vendues dans les épiceries ou les quincailleries. Or, ces dernières ont été sélectionnées au fil du temps pour des qualités comme leur résistance au transport ou leur durée de vie sur les tablettes. C’est tout le contraire dans le cas des variétés ancestrales. Seule la saveur compte. De plus, les semences de producteurs québécois, comme Le nutritionniste urbain, Terre Promise, les Jardins de l’écoumène ou Les Jardins du Grand-Portage, sont bien mieux adaptées à notre climat. Après tout, elles proviennent de plants ayant connu un très bon rendement chez nous. « C’est d’autant plus vrai si on achète d’un semencier de notre région. Des semences produites à Kamouraska sont parfaites pour les froids du Bas-du-Fleuve, mais peut-être pas pour les canicules de la métropole » , indique Marie-Josée Vézina, du Laboratoire sur l’agriculture urbaine. Encourager les producteurs locaux permet aussi de sauvegarder le patrimoine semencier du Québec, certaines variétés de légumes ayant passé bien près de disparaître avec l’industrialisation de l’alimentation. Le haricot grand-mère, la tomate mémé de Beauce, le melon de Montréal valent la peine d’être redécouverts... et sauvés.On plante quoi?
Voici des variétés faciles à cultiver qui donnent des fruits et des légumes goûteux!
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Après des études en chant classique au Conservatoire de musique de Québec, Andréanne Moreau a complété son baccalauréat en journalisme à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) et est devenue journaliste dans les hebdos locaux de TC Média, sur l'île de Montréal. C'est là qu'elle s'est fait remarquer pour ses portraits et ses reportages près du style du magazine et a été recrutée par Châtelaine. Pendant trois ans, elle y a couvert l'actualité féministe mondiale dans la section Planète Femmes, la santé et l'activité physique. Elle a également réalisé quelques longs reportages, notamment au sujet de la grossophobie médicale, de la libido et de l'anatomie féminine. Andréanne met maintenant sa plume au service de l'Orchestre Métropolitain et de son chef d'orchestre Yannick Nézet-Séguin, pour qui elle est conseillère en communications et relations publiques.

