Commandité

Prudence en ligne!

Plus ils grandissent, plus les enfants naviguent de manière autonome sur le Web et veulent y faire des transactions. Comment les protéger?

securite-web-412N’ayant plus besoin de son vieil iPod, Isabelle l’a cédé à son fils de 10 ans, Jules. Le garçon était ravi de pouvoir enfin, à sa guise, écouter sa propre musique et jouer à des jeux. Sa mère savait que le numéro de sa carte de crédit était inscrit dans les paramètres de l’appareil, mais elle croyait qu’il fallait absolument entrer un code pour effectuer un achat. « Et Jules ne le connaît pas », se disait-elle.

Or, Isabelle n’est pas aussi à l’aise que son fils avec les nouvelles technologies. Sans qu’elle sache trop comment, Jules a téléchargé de la musique pendant des semaines sans taper le code secret. Au bout de trois mois, sa maman s’est rendu compte que les transactions se multipliaient sur son relevé. Sans avertissement, l’enfant avait dépensé 250 $ en musique!

Pistes de solution
Avec la prolifération des appareils mobiles comme les tablettes, ce genre d’anecdotes est monnaie courante, constate Thierry Plante, de HabiloMédias, un organisme d’éducation des parents et des enfants aux médias et à l’utilisation éclairée du numérique. « Les parents éprouvent de plus en plus de difficulté à surveiller l’activité en ligne de leurs enfants », dit-il.

Alors, comment les protéger? Thierry Plante distingue deux pistes. Celle des solutions telles que les filtres et les paramètres de contrôle sur les appareils, et la plus importante : la supervision parentale. « Les enfants con­tour­nent les barrières technologiques. D’où l’importance, en tant que parents, de sensibiliser les jeunes aux dangers auxquels ils s’exposent sur le Web, comme l’hameçonnage », dit-il.

Aujourd’hui, avec les applications téléchargeables, la tentation d’acheter en ligne commence dès le plus jeune âge. Si les jeux sont en théorie gratuits, les concepteurs vont chercher leurs bénéfices en offrant des extras. En ce qui concerne les paramètres, on peut bloquer les achats intégrés, mais beaucoup de parents ignorent comment s’y prendre… tandis que les enfants, eux, savent comment désactiver cette interdiction. « On devrait leur expliquer que ces achats virtuels ont un impact sur le budget familial. Il est reconnu que les enfants de tout âge obéissent davantage aux règlements lorsqu’ils en comprennent les fondements », précise-t-il.

L’ARGENT ET VOTRE ENFANT

Votre jeune fait ses premiers pas sur le Web ? Le moment est bien choisi pour faire le survol avec lui des bonnes pratiques pour naviguer sur Internet de façon sécuritaire et protéger ses renseignements personnels, notamment lors d’un achat en ligne. Besoin d’aide pour aborder ces sujets ? Nous avons créé une foule d’outils, de conseils pratiques et d’activités éducatives pour vous accompagner.

Achats sécurisés
À l’adolescence, les enfants réclameront le numéro de carte de crédit de maman ou papa pour faire des achats en ligne. Libre à chacun d’y consentir ou non, selon la relation de confiance avec sa progéniture. « Par contre, si l’on refuse systématiquement tout achat, les jeunes peuvent tenter d’obtenir des produits de manière illégale, s’exposant ainsi à des virus informatiques », prévient l’expert.

Il existe une solution de rechange pour éviter la perte de contrôle de sa carte bancaire : la carte de crédit prépayée. Seul le montant qui y a été versé peut être dépensé. Elle comporte des frais, mais la tranquillité d’esprit a un prix! La carte-cadeau s’avère également intéressante.

Les règles de base valent tant pour les parents que pour les enfants qui veulent magasiner sur Internet de façon sécuritaire. Maxime Johnson, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, conseille de n’effectuer des achats que sur des sites sécurisés, « identifiables par leur adresse URL commençant par https, avec une icône de cadenas. Si on n’a pas confiance, on utilise un intermédiaire, comme PayPal, pour payer », dit-il.

Autre conseil de Maxime : ne jamais magasiner sur un réseau Wi-Fi ouvert ni sur un ordinateur public, par exemple ceux de la salle de classe, où les informations personnelles peuvent être captées. Un enfant averti en vaut deux.