Art de vivre

« transformé » d’OASIS immersion : 360 degrés d’émotions

Comment réagirait-on si l’on apprenait qu’une attaque nucléaire était imminente ? Si l’on devenait aveugle ou si l’on devait affronter la perte de l’être aimé ? Voilà quelques questions que l’exposition d’OASIS immersion risque de susciter chez les visiteurs. Composée de huit courts-métrages inspirés de cas vécus, l’expérience propose un parcours immersif au cœur de l’empathie. Denys Lavigne, cofondateur et codirecteur de la création d’OASIS immersion, nous parle de ce « pari ».

En général, les procédés immersifs donnent dans le spectaculaire. Pensons à Avatar, aux films Imax… Là, on investit l’intime. Qu’est-ce que la technologie apporte dans ce cas-ci ?

L’immersion, c’est un média d’émotions. Pour mon partenaire et ami Nicolas Lassonde et moi, il est important de s’en servir à bon escient, de façon à inspirer. Ça ne signifie pas de porter des lunettes roses, mais on croit que même à travers des sujets parfois plus difficiles, on peut vivre une expérience qui fait du bien. L’immersion est aussi un art qui transporte. Chaque média a ses forces, mais l’immersion nous plonge dans des situations, des lieux, des intentions créatives, des narrations à un niveau supérieur. En fait, on oublie qu’on est dans la pièce. On est juste dans cet autre univers. Et chez OASIS, on ne cherche pas seulement à présenter de belles images, mais aussi d’avoir un ressenti.

Le titre de l’exposition est « transformé ». Qui est transformé, au juste? Les protagonistes des films ou les spectacteurs qui vivent l’expérience ?

Ce sont d’abord et avant tout les protagonistes, quoique les visiteurs peuvent aussi en ressortir changés. Dans un des films présentés, On the Morning You Wake (To the End of the World), on revient sur la fausse alerte envoyée à tous les habitants d’Hawaï en 2018. Pendant 38 minutes, les gens ont vécu avec l’idée qu’un missile nucléaire allait s’abattre sur eux. Une des dames qui participe au film dit « Quand on a su que c’était une erreur, c’était comme si rien n’avait changé, mais en même temps, tout avait changé ». Entendre ces récits de la bouche de ceux qui l’ont vécu, c’est assez saisissant. Alors il est possible que les visiteurs qui reçoivent ces histoires très fortes en soient transformés. Mais c’est propre à chacun.

Dans les films sélectionnés, il est question de deuil, de schizophrénie, d’esclavage, des sujets durs. Comment faire émerger la lumière de ces thématiques ?

C’est un pari qu’on prend, peut-être que les gens vont trouver ça trop costaud, mais on a l’impression qu’on a touché à quelque chose qui reste accessible et lumineux malgré la variété d’émotions. Je pense à Notes on Blindness, un film narré par le personnage lui-même, devenu aveugle, où on retrouve tellement de sagesse. Cette expo vient d’une intention d’être en phase avec notre temps, et de le faire avec sensibilité et avec style. On reste conscient qu’on est dans l’industrie du divertissement, mais à la base de ce projet, il y a une intention sincère d’avoir une contribution positive, à notre échelle, au tout sociétal.

exposition transformé

Transformé, d’OASIS immersion, est présentement à l’affiche au Palais des congrès de Montréal.

 

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