La cuisine chilienne avec Alexandra Diaz

Au-delà de ses ingrédients colorés, la cuisine du Chili est chaleureuse et conviviale. C’est une façon de vivre ! Envie d’essayer ? Une invitation de la journaliste culturelle Alexandra Diaz.

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Ma mère peut cuisiner avec trois fois rien et faire des merveilles », dit d’entrée de jeu Alexandra Diaz, née au Chili et arrivée au Québec à près de trois ans. Elle se souvient que sa maman, Gloria Lamich, avait l’habitude de préparer la nourriture en grande quantité, pour quelques jours. « Mais on n’avait jamais l’impression de manger la même chose. Les accompagnements variaient : purée, salade, etc. Elle a toujours utilisé des ingrédients frais, jamais de plats préparés, même si elle partait tous les matins travailler en talons hauts. »

Chez les Diaz, la vie s’est toujours passée autour de la table. « On s’y éternise après les repas. Quand j’étais petite, j’arrivais parfois en retard à l’école le matin ! C’est aussi là que ma sœur et moi faisions nos devoirs jusqu’à ce que ma mère nous dise : “Les filles, c’est le temps de faire des petits trous sur la pâte à pain.” J’ai appris à cuisiner ainsi. Ça n’avait rien de didactique. »

La famille d’Alexandra s’est installée dans la région de Québec il y a une trentaine d’années. D’abord dans le quartier Limoilou, puis à Sainte-Foy. Gloria Lamich se rappelle combien il était alors difficile de trouver de la coriandre et d’autres ingrédients de base de la cuisine chilienne. Mais elle apprêtait des légumes d’ici, même les moins populaires, comme le topinambour. « Nous vivions à la chilienne à la maison tout en intégrant la culture québécoise. » Elle se souvient de sa joie quand elle a découvert l’Épicerie Européenne, rue Saint-Jean. Il y avait là des trésors introuvables ailleurs. « C’était le banquet ! »

Aujourd’hui, la famille Diaz vit à Montréal. La cuisine est encore au cœur des activités familiales. Henri, le fils d’Alexandra, bientôt trois ans, est de la partie. Il cuisine avec sa maman. Il va au marché avec sa grand-maman. Grâce à elle, il connaît les différents fruits et légumes. Il apprend aussi les bonnes manières à table. « J’y tiens, dit la journaliste de TVA. Pour moi, c’est un art de vivre. Le repas est un moment de partage, même si ce n’est que 10 minutes. Le plaisir est bien sûr le but ultime ! »

Chez moi
Mes invités : Nous recevons des bandes d’amis. Nous sommes au moins six adultes, plus les enfants !

Mon ambiance :  Je reçois à la bonne franquette, mais en portant toujours une attention particulière à la présentation. J’aime que la table soit dressée et les mets présentés dans de belles assiettes.

Mes recettes :  Je sers des empanadas de format cocktail. L’été, ça se passe autour du barbecue. Il y a des légumes grillés, des salades, des ceviches et plusieurs grillades.

Ma musique : L’iPod roule : musique latino, underground, électro, indie. On peut danser entre les services. Rien de protocolaire !

L’apéro : Souvent : du pisco sour. Ou du champagne ! En général, c’est mon chum qui prépare les cocktails. Moi, j’adore faire la sangria, l’été. J’en prépare de gros pichets.

Mon code vestimentaire : Avant l’arrivée des enfants, nous, les filles, étions très coquettes, en mode séduction vis-à-vis de nos chums. Maintenant, nous sommes toujours aussi cute, mais nos vêtements sont… à l’épreuve des enfants.

Ma réception est réussie quand… tout le monde en a redemandé : à boire et à manger. On aime gaver nos invités ! D’ailleurs, on leur recommande le taxi.

 

Recettes chiliennes et suggestions de vins
Quelques ingrédients de la cuisine chilienne

Pisco Sour
Le pisco qu’on utilise pour ce cocktail est une eau-de-vie populaire au Chili.

Ceviche
Le jus des agrumes « cuit » le poisson du ceviche.

Empanadas
Pour des empanadas plus relevées, on ajoute plus de paprika ou du chili broyé.

Cazuela de pollo
Ce pot-au-feu au poulet garni de coriandre reste un classique au Chili.

 

Vins chiliens pour mets chiliens


 

• Avec le ceviche
Sauvignon blanc Trio 2008 Valle de Casablanca, Concha Toro (SAQ 10327672, 14,95 $).
Un vin blanc tout en fraîcheur s’impose avec ce plat. Les arômes vivifiants de ce sauvignon blanc ne feront qu’un avec les agrumes et la coriandre du ceviche.


 

• À servir avec les empanadas
Carmenère Estate 2008 Valle de Aconcagua, Errazuriz (SAQ 10673575, 14,95 $).
Le carmenère, ancien cépage de Bordeaux, est devenu une véritable spécialité chilienne. Un vin au caractère unique aux notes de bleuet, de poivre et d’herbe séchée. En plus d’être une véritable aubaine, celui d’Errazuriz est idéal pour accompagner les empanadas.


 

• Pour accompagner la Cazuela de pollo
Chardonnay Réserve 2007 Valle de Casablanca, Carmen (SAQ 552539, 14,95 $).
Voilà un vin à la texture crémeuse et aux arômes épicés, dont le fruit bien mûr saura enrober les saveurs douces de la courge et du maïs.

Quelques ingrédients de la cuisine chilienne

La coriandre
Cette herbe aromatique au parfum vivifiant est essentielle. Elle garnit et rehausse une foule de plats chiliens. C’est la base du pebre, « la sauce des sauces », selon Gloria Lamich, la mère d’Alexandra. « On en met partout. Une cuillerée dans une soupe, par exemple, c’est délicieux. »

Les poissons et les fruits de mer
Le Chili s’étire sur plus de 4 000 km, le long du Pacifique. Pas surprenant que poissons et fruits de mer frais se retrouvent souvent à la table des Chiliens. « Un peu partout, dans les marchés, raconte Gloria, les gens peuvent acheter des chaudrées de poissons et de fruits de mer qu’ils dégustent sur place. »

L’avocat
Il est consommé au quotidien. Coupé en quartiers ou écrasé avec de l’huile d’olive et un filet de jus de citron, il est quasiment de tous les repas, même le petit-déjeuner. « On en fait une entrée très populaire : le palta reina. Il s’agit d’un mélange de morceaux d’avocat et d’oignon, de crevettes et de coriandre, servi dans un demi-avocat évidé », explique Gloria.

Le maïs
Il fait partie de nombreuses recettes chiliennes, dont le pastel de choclo. Ce plat est constitué de bœuf haché, d’oignons, d’œufs durs, d’olives, de raisins et de morceaux de poulet superposés en étages. Recouvert d’une purée de maïs, le tout est gratiné au four.

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