Beauté

Le bronzage est-il toujours mauvais?

On a posé la question (plus quelques autres) à l’expert en soins solaires David Durand, docteur en pharmacie et vice-président et directeur général de Bioderma et d’Esthederm. Son point de vue sur le bronzage et les produits anti-UV.

Pro-Produits-Solaires

L’expert en produits solaires David Durand

Faire bronzette en 2015, une mauvaise idée ?
Le soleil est essentiel aux métabolismes qui régissent l’équilibre vital. Savoir profiter du soleil et de ses bienfaits sur la peau (notamment pour la synthèse de la vitamine D) est donc aussi important aujourd’hui que ce l’était hier. Ce qui change, c’est la manière de le faire. Profiter de la belle saison ne veut pas dire abuser des rayons. Bronzer en toute sécurité est dorénavant possible.

En matière de protection, on a l’impression que plus ça change, plus c’est pareil. Peut-on encore parler d’innovation ?
On peut aujourd’hui concevoir des formules qui filtrent bien l’ensemble des rayonnements UV. Sur ce point, on a poussé la recherche et atteint le maximum. Les innovations reposent donc au fond sur deux aspects : l’amélioration de la texture des produits afin de les rendre toujours plus fluides, non gras et quasi imperceptibles ; le renforcement de la photostabilité et de la résistance à l’eau et à la sueur.

Un FPS 100 est pratiquement identique à un FPS 60. Vrai ou faux ?
Vrai. La différence de filtration du rayonnement UV entre les deux est infime. Il n’y a pratiquement aucun avantage et cela peut induire le consommateur en erreur en lui faisant croire qu’il est mieux protégé avec un FPS 100. D’ailleurs, la plupart des pays tendent à légiférer pour interdire aux fabricants les allégations d’indices supérieurs à 50. Ce n’est pas encore le cas pour le Canada.

Les produits solaires sont-ils périssables ?
Peu de gens le savent, mais les écrans solaires ont une date de péremption – souvent imprimée ou gravée dans le plastique du tube, et parfois difficile à trouver ! Elle est importante puisque, passé ce délai, le produit n’a plus la même efficacité. Mais la façon dont on conserve ses tubes ou flacons entre aussi en ligne de compte. Selon l’usage, le produit solaire va plus ou moins bien vieillir. Par exemple, si on le laisse dans un sac de plage en plein soleil tous les jours des vacances, ou sur le tableau de bord de la voiture en été, la chaleur et le rayonnement solaire peuvent l’altérer et le rendre moins efficace. Par prudence, on préfère dire que tout produit solaire ouvert est à utiliser dans l’année, jusqu’à concurrence de la date de péremption.