Beauté

Les bons gestes pour une belle peau

Avoir une peau radieuse est une quête incessante dont on s’acquitte du mieux qu’on peut. Il est tellement facile de se perdre dans le dédale des conseils et des produits commercialisés ! En connaissant à la base son type de peau, on garde le cap sur les soins et les gestes adaptés.

Est-ce que notre épiderme est sec ou plutôt gras ? Peut-être est-il mixte ? Comment s’y retrouver ? Il existe différentes façons d’identifier les types de peaux. Les dermatologues utilisent l’échelle de Fitzpatrick, qui établit le classement en fonction des caractéristiques de pigmentation et de la capacité à bronzer. Les catégories (phototypes) sont chiffrées de I (carnation très pâle, qui brûle toujours) à VI (peau très foncée, qui bronze très aisément et ne brûle jamais).

« Les spécialistes se réfèrent à ces barèmes afin de déterminer si le patient risque de développer un cancer de la peau », explique la Dre Émilie Bourgeault, dermatologue et cofondatrice de DermaGO.ca, une clinique de dermatologie en ligne.

Les entreprises de cosmétiques font usage d’un autre système, qui répertorie les types de peaux en quatre grandes familles : normale, sèche, grasse et mixte (à la fois sèche et grasse).

C’est l’entrepreneure visionnaire Helena Rubinstein, fondatrice de la marque de beauté éponyme, qui a inventé cette classification en 1910, établissant que chaque type de peau a des besoins spécifiques de soins. Les consommatrices sont plus familières avec cette nomenclature.

Mais dans quelle catégorie peut-on mettre les peaux sensibles ? « Il ne s’agit pas d’un type, mais plutôt d’un état de peau. Un état peut être causé par des stimuli externes ou internes, ou une défaillance du système immunitaire », précise William Gauthier, formateur régional des laboratoires Pierre Fabre. Tous peuvent en être affectés au cours de leur vie. Ainsi, une personne à la peau normale peut vivre des périodes de sensibilité cutanée exacerbée.

Il faut également bien distinguer la peau sèche, identifiée comme un type, et la peau déshydratée, qui est un état.

« La première tiraille depuis des années. Elle démange et affiche une rugosité et des desquamations. La peau ne produit pas assez de lipides [corps gras], entre autres de céramides. Et cela fragilise la barrière cutanée », souligne Nathalie Pelletier, directrice, recherche et développement, affaires scientifiques chez Jouviance, une marque québécoise.

Une peau déshydratée, quant à elle, souffre d’une carence en eau. « Elle est inconfortable à l’occasion, surtout après le nettoyage, et cela peut durer quelques jours, voire des semaines, selon les saisons. Elle peut présenter de la brillance sur la zone T [l’axe front, nez et menton] », dit l’experte. Il n’est pas inhabituel que la peau soit à la fois sèche et déshydratée.


Peau bons gestes

Photo : Getty Images/Peter Finch

Identité cutanée

Comment qualifier son type de peau ? On peut procéder par autodiagnostic avec la technique du papier de soie, qui agit comme un buvard. Après avoir nettoyé le visage avec un produit doux au pH neutre, attendre 30 minutes – le temps que la peau retrouve son équilibre. Appliquer une bande de papier sur la partie médiane, du front au menton, et une autre sur une joue. On appuie sur les bandes sans frotter pendant deux minutes, puis on retire. Les deux papiers sont tachés ? La peau est grasse. Seule la bande médiane est humidifiée ? On a affaire à un type mixte. Peu de résidus ? Peau normale. Papier intact ? C’est un cas de sécheresse.

Des instituts de beauté disposent de technologies de diagnostic numérique qui mesurent avec précision le taux d’hydratation, la sensibilité, etc. à l’aide d’imagerie cutanée. Des conseillères et des esthéticiennes peuvent nous aider à déterminer notre type de peau. Enfin, des applications telles que TroveSkin ou Skin360 permettent, grâce à un égoportrait, d’évaluer les signes d’imperfections (pores dilatés, boutons, excès de sébum…). Les algorithmes tiennent en compte l’activité physique, la qualité du sommeil, les cosmétiques utilisés, pour ensuite dresser un bilan et proposer une routine beauté adaptée.


Peau sèche

Comment la reconnaître Rugueuse au toucher, sillonnée de ridules, elle peut présenter des squames en cas d’extrême sécheresse. Elle souffre d’une sensation constante de tiraillement et elle manque d’éclat. « J’ajouterais une autre caractéristique : des pores très fins, cela étant dû à la faible production de sébum », souligne William Gauthier.

Causes Prédispositions génétiques, vieillissement cutané, changements hormonaux (ménopause), soleil, froid, vent, contact prolongé et répété avec l’eau… « La barrière naturelle de l’épiderme (film hydrolipidique) est altérée par une carence en lipides. Elle ne peut plus préserver son hydratation optimale et devient plus vulnérable aux facteurs asséchants », dit Nathalie Pelletier.

Bonnes stratégies

Nettoyage L’eau du robinet, souvent trop calcaire, est l’ennemie jurée de la peau sèche. Un lait sans rinçage, une huile démaquillante, une eau micellaire vont dissoudre la saleté tout en douceur. Il faut rechercher un nettoyant composé d’agents hydratants et apaisants, tels que des extraits de graines de lin, de l’aloès, de l’huile d’avocat ou de graines de tournesol, selon Nathalie Pelletier.

Hydratation « Rien ne sert d’étouffer la peau sous une épaisse couche ultragrasse si le produit ne contient pas ce qu’il faut pour relancer la production naturelle de nos propres lipides », prévient William Gauthier. Les cires et les huiles végétales permettent de nourrir, de renforcer et de reconstruire la barrière cutanée. Fait à souligner : le beurre de karité a des propriétés régénérantes hors du commun. « L’huile d’amande, de noix de coco, de chanvre, le squalane, le jojoba et la lanoline agissent aussi comme corps gras pour favoriser la rétention d’eau », signale le DSteve Mathieu, dermatologue et chef du Service de dermatologie au CHU de Québec. On n’hésite pas à chouchouter l’épiderme avec des crèmes et des sérums à base d’acide hyaluronique (le super hydratant qui retient 1 000 fois son poids en eau), de céramides, de glycérine, toujours non comédogènes, comme le suggère Rocio Rivera, vice-présidente, communications scientifiques, chez L’Oréal Paris.

Exfoliation On doit y aller avec précaution avec cette grande fragile. Pas plus que deux fois/semaine (une seule pendant l’hiver). Un exfoliant chimique aux acides hydroxylés (glycolique, salicylique ou lactique) combinés à des agents hydratants (ex : beurre de karité) et apaisants (ex : allantoïne, une molécule aux vertus cicatrisantes) sera bien toléré.

Masques Formules hydratantes et apaisantes pour améliorer le confort cutané.

Peau normale

Comment la reconnaître Veloutée, pulpeuse et élastique. Teint uniforme et lumineux. Les pores sont peu visibles.

Bonnes stratégies

Nettoyage Gel, mousse, huile, lait : tout est permis. Si le produit n’est pas adapté, la peau enverra des signaux d’alarme – inconfort, rougeurs, imperfections. Nathalie Pelletier prône des formules douces avec un pH physiologique (proche de celui de la peau).

Hydratation Protéger l’hydratation avec de l’acide hyaluronique fait partie des mantras beauté, quel que soit le type de peau. Il faut aussi se discipliner à entretenir le capital jeunesse. William Gauthier préconise des formules qui stimulent la production de collagène (la protéine qui maintient l’élasticité de la peau) et qui respectent le microbiome cutané. « Mon plus précieux conseil : appliquer un soin solaire tous les jours, même si on reste à l’intérieur de la maison. C’est le meilleur antirides préventif qui existe », ajoute-t-il.

Exfoliation Une à deux fois/semaine. En plus d’illuminer le teint, ce geste favorise
la régénérescence cellulaire et a une action anti-âge.

Ingrédient peau sublime Le rétinol (ou vitamine A) contribue à embellir la peau. La molécule portée aux nues par les scientifiques multiple les effets bénéfiques sur les rides, la fermeté, l’éclat, les pores et la prévention des imperfections. Réputé irritant, il a été reformulé en d’autres formes d’acide rétinoïque, mieux tolérées. Des soins utilisent la technique de l’encapsulation, qui relâche peu à peu le rétinol dans l’épiderme, limitant ainsi les réactions. Pour les peaux intolérantes, il existe le bakuchiol, un actif botanique qui offre les avantages anti-âge des rétinoïdes.

Peau grasse

Comment la reconnaître Grain irrégulier, aspect huileux, pores dilatés, comédons et boutons. Elle est plus épaisse que les autres types de peaux. Deux privilèges : la surproduction de sébum la préserve du dessèchement… et les rides s’y installent plus tardivement !

Produits peau grasseCauses Hérédité, hormones capricieuses, stress, pollution… Aussi, de mauvaises habitudes comme le nettoyage exagéré du visage et l’usage répété d’exfoliants irritants et de produits comédogènes, selon le Dr Mathieu.

Bonnes stratégies

Nettoyage Il faut agir en douceur, pas plus de deux fois par jour, sinon la machine s’emballe. « Un nettoyant à l’acide salicylique libère les pores obstrués par un excès de sébum et de cellules mortes », dit Nathalie Pelletier. On peut aussi faire appel à un produit sans savon et exempt d’éthanol (un alcool desséchant, présent dans certains soins pour peaux grasses).

Hydratation On ne doit jamais sauter cette étape, met en garde William Gauthier. « Ce type de peau exige une bonne hydratation. Elle s’irrite facilement, dès qu’elle subit des agressions », précise-t-il. Le choix est vaste pour subvenir à ses besoins sans la huiler davantage : crèmes légères non grasses, soins à base d’eau, formules matifiantes qui absorbent le sébum. Côté ingrédients, on recommande l’acide salicylique et des agents anti-inflammatoires (ex. : niacinamide, camomille ou allantoïne) pour apaiser la peau quand elle est en proie à une poussée de boutons. Un sérum au rétinol resserrera les pores (attention : toujours utiliser le soir et appliquer une crème solaire haute protection le lendemain matin). Évidemment, un soin à l’acide hyaluronique sera plus que bienvenu pour voler au secours de cette peau souvent déshydratée.

Exfoliation Un exfoliant chimique dissoudra en douceur les cellules mortes sans besoin de frictionner. Cela évitera de stimuler la production de sébum.

Masques Des formules à base d’argile blanche ou verte, enrichies d’acide salicylique, ont une action astringente, apaisante, séborégulatrice et antibactérienne, en plus de désobstruer les pores.

Huiles Certaines huiles végétales ont des effets bénéfiques sur les peaux grasses – aussi étonnant que cela puisse paraître – grâce à leurs vertus anti-inflammatoires et antibactériennes… mais à condition d’être non occlusives. Parmi les incontournables : pépins de raisin, marula, jojoba et noisette.

 

Peau mixte

Comment la reconnaître Deux situations cutanées se côtoient : excès de sébum, pores dilatés et points noirs (sur la fameuse zone T) et épiderme normal ou déshydraté (sur le reste du visage). C’est le type de peau le plus répandu et le plus complexe.

Causes Voir peau sèche et peau grasse.

Produits peau mixteBonnes stratégies

Nettoyage Un nettoyant doux sans parfum, sous forme de gel ou de lait, peut gérer les deux zones, selon le DSteve Mathieu.

Hydratation Cette étape est un peu plus délicate. On peut appliquer un soin pour peau sèche le matin, et un pour peau grasse le soir. William Gauthier révèle son truc pour contourner la difficulté : répondre aux besoins de chaque zone en étalant des produits ciblés (l’hydratant matifiant sur la surface médiane et celui pour peau sèche sur le reste du visage). Des actifs à rechercher pour travailler l’éclat : la vitamine C et la vitamine B3 (ou niacinamide), la star montante des soins cutanés.

Exfoliation Soin exfoliant enzymatique à base d’AHA.

Masques Tout comme dans le cas des hydratants, il est quasi impossible de trouver le masque idéal pour ce type de peau. La technique du multimasking (multimasque) permet de traiter chaque section du visage selon ses exigences : un soin purifiant sur la zone T et un autre pour hydrater le reste.

Petit extra Le nez continue de briller ? On garde à portée de main des lingettes matifiantes, qui absorbent l’excédent de sébum.

 

Peau à tendance acnéique

Comment la reconnaître L’acné adulte (ou tardive) se manifeste surtout dans le bas du visage. Des boutons blancs (pustules) ou rouges (papules) apparaissent sur le menton, les mâchoires et le décolleté. « C’est une affection cutanée douloureuse qui laisse des cicatrices, car plus on gagne en âge, moins la peau se renouvelle rapidement », souligne William Gauthier.

Causes Hérédité, médication (anovulants, antidépresseurs), stress, fluctuations hormonales (menstruations, grossesse, ménopause), insomnie… et plus récemment, port du masque (voir l’encadré « Mascné – La peau en crise »). Un adulte sur quatre est touché.

Bonnes stratégies

Nettoyage On suggère le plus souvent des pains dermatologiques ou des gels doux enrichis d’acide salicylique qui exfolient en douceur. Lors des ablutions, opter pour l’eau tiède. Pour finir en beauté ? Rocio Rivera recommande une lotion tonique à l’acide glycolique – elle éclaircit le teint.

Hydratation Étape cruciale ! Pour prévenir sécheresse et irritations, on ne lésine pas, avec une formule bourrée de céramides. Avant d’aller au lit : une crème de nuit légère à l’acide salicylique.

Exfoliation Une fois/semaine. Les acides AHA et BHA sont d’excellents exfoliants, estime Nathalie Pelletier. L’acide salicylique limite l’excès de sébum, désincruste les pores et neutralise les bactéries responsables de l’acné. En plus, il a des vertus anti-inflammatoires. « L’acide glycolique est un très bon allié pour faire peau neuve », dit Rocio Rivera.

Masques Voir peau grasse. Deux mots à retenir : apaiser et hydrater. Éviter d’assécher, car la peau va compenser en produisant plus de sébum… et s’ensuivra la cascade d’enfer, juge Rocio Rivera.

Vade retro, bouton Des ingrédients amis pour les cas d’acné légers à modérés : le peroxyde de benzoyle (bactéricide et anti-inflammatoire), la vitamine B3 (pour diminuer le feu des boutons et cicatriser les lésions), l’huile d’arbre à thé (antibactérienne et antiseptique, elle calme la douleur des éruptions), les rétinoïdes (dérivés de la vitamine A qui réduisent l’obstruction des pores), le soufre (pour nettoyer les pores et réguler la production de sébum). Les adeptes de produits naturels peuvent se tourner vers des huiles végétales (neem, noisette, thé vert ou blanc et tamanu).


Mascné

La peau en crise

Contraction de masque et d’acné, la mascné est une affection qui s’est développée de façon exponentielle depuis la pandémie. « La friction du masque sur le visage augmente l’hyperkératose folliculaire [surproduction de kératine qui se manifeste par de petites bosses dures dans les follicules pileux]. Ajoutons à cela l’humidité causée par la respiration et les bactéries de la bouche. C’est une combinaison de facteurs qui contribuent au développement des boutons », explique la Dre Émilie Bourgeault. Les mesures à prendre : changer de masque toutes les quatre heures pour éliminer l’humidité et la contamination bactérienne, et hydrater la peau pour protéger la barrière cutanée.