Soins du visage et du corps

Protection solaire : on fait le point

On croyait savoir comment se mettre à l’abri du soleil et de ses effets cuisants. Pourtant, une étude récente laisse entrevoir une ombre au tableau.

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On avait enfin pris l’habitude de se tartiner d’écran solaire et voilà que la science remet en question ce qu’est une protection adéquate. Jusqu’à présent, on ne se souciait que de neutraliser les vilains ultra­violets (UVA et UVB). Or, le soleil émet d’autres rayons dangereux pour l’épiderme : les infrarouges (IR), et plus spécifiquement les IR proches, aussi appelés IRA (selon la fréquence ou la longueur d’onde, les IR sont proches, moyens ou lointains). Et ces IRA représentent près du tiers des rayons électromagnétiques du spectre solaire qui s’attaquent à la peau.

Très peu de travaux ont été réalisés sur les IR proches par le passé parce que la communauté médicale ne les jugeait pas nocifs. Puis, changement de cap ! Dans une étude publiée dans les revues scientifiques Journal of Investigative Dermatology (JID) et Biochemical and Biophysical Research Communications, chercheurs et dermatologues dévoilent que les IRA pourraient causer d’importants dommages cutanés. De par leur longueur d’onde et leur fréquence, « les IRA pénètrent loin dans le derme – plus en profondeur que les UVA et les UVB – et détruisent l’élastine et le collagène », explique le chimiste Nadim Shaath, président d’Alpha Research and Development et consultant pour la marque de soins dermo-professionnels SkinCeuticals.

« Ils entraînent aussi la production de radicaux libres », ajoute-t-il. On le sait, ces fichues molécules, super agressives, détériorent les cellules de la peau et sont les grandes coupables du vieillissement cutané. Bien sûr, le corps, pas bête, utilise ses défenses naturelles pour contrer l’ennemi : c’est là que les antioxydants, surtout les vitamines A, B et C, se lancent dans la bataille. Sauf que les IRA diminuent aussi la capacité de ces vaillants guerriers de sauver leur peau.

Bonne nouvelle : on peut maintenant déployer l’artillerie lourde en ayant recours à des antioxydants topiques, qui ont le pouvoir de neutraliser les radicaux libres. La plupart des produits solaires sur le marché en étaient incapables. D’où un branle-bas de combat… et l’arrivée de nouveaux écrans à large spectre contenant des antioxydants.

Cancer de la peau en hausse
Les femmes de moins de 40 ans sont de plus en plus touchées. Leur risque est multiplié par huit par rapport aux années 1970, selon la Clinique Mayo. Le dermatologue Ari Demirjian le confirme. « Je diagnostique chez des jeunes dans la vingtaine des types de cancer de la peau que je ne voyais que chez les 50 ans et plus au début de ma carrière », dit le porte-parole de la Semaine nationale de prudence au soleil, tenue par l’Association canadienne de dermatologie. Les causes ? Le bronzage artificiel en cabine : à éviter à tout prix ! Et la couche d’ozone trouée, qui laisse davantage passer les rayons solaires.