Soins du visage et du corps

Antiâges : quoi de neuf ?

Hier encore, les crèmes ne faisaient que nourrir l’épiderme. Aujourd’hui, elles le soignent et le préservent du vieillissement. Zoom sur les nouveautés les plus performantes.

Stress, hormones, gravité, UV… autant d’éléments qui font vieillir la peau.

Le processus s’enclenche doucement, dès la trentaine.

Si le vieillissement est inéluctable, on peut tout de même lui mettre des bâtons dans les roues ! C’est ce que s’emploient à faire les maisons de beauté, qui, pour concevoir des produits antiâges de plus en plus sophistiqués, s’inspirent des recherches d’experts en plusieurs domaines : dermatologues, biologistes, chimistes, mais aussi généticiens, massothérapeutes et même architectes. Voici les quatre avenues les plus prometteuses explorées par ces spécialistes.

 



La génomique



L’antiglycation



L’architecture cutanée



Le rétinol nouvelle génération

 

La génomique

Qu’est-ce que c’est ? C’est l’étude de l’ADN dans une perspective beauté. Car la qualité et la clarté de la peau dépendent directement de ses principaux constituants que sont les protéines.

Comment ça fonctionne ? « Les gènes sont comparables à nos jambes, illustre Véronique Delvigne, directrice scientifique internationale chez Lancôme. Avec l’âge, on sait toujours marcher, mais on avance moins vite. Cependant, si on s’entraîne, on se donne les moyens de garder plus longtemps une foulée dynamique. »

Autrement dit, quand on vieillit, les gènes qui gouvernent la fabrication des protéines travaillent toujours, mais ils ralentissent leur activité, ce qui mène au relâchement cutané, à la grise mine, aux rides, aux taches, etc. C’est pourquoi les laboratoires beauté, Lancôme en tête, collaborent avec le corps scientifique pour concocter des produits capables de stimuler l’activité protéinique. Le but visé : une peau plus belle et plus jeune.

Quelles sont ses promesses ? Dès les premières applications de soins basés sur la génomique, l’épiderme gagne en confort. Au bout d’une semaine, le grain de peau est resserré, le teint devient plus
uniforme et sa luminosité est accrue. Deux mois plus tard, le tonus cutané s’améliore et l’apparence des rides s’atténue.

À qui ça s’adresse ? On peut l’adopter dès 25 ans, en prévention.

Génifique de Lancôme
Pro-X d'Olay Professional
DNAge de Niveo Visage
Résist-Âge Cell-Matrix de Lise Watier
dermaDNA de Dermaglow

  1. Concentré activateur de jeunesse Génifique de Lancôme (92 $).
  2. Crème lissante anti-rides Pro-X d’Olay Professional (60 $).
  3. Système anti-âge pour les yeux DNAge de Nivea Visage (23 $).
  4. Métamulsion Résist-Âge Cell-Matrix de Lise Watier (68 $).
  5. Trousse d’évaluation de l’ADN cellulaire dermaDNA de Dermaglow (165 $).

L’antiglycation

Qu’est-ce que la glycation ? C’est ce qui se produit lorsque les sucres présents dans le sang se collent aux fibres de collagène et d’élastine, qui finissent par durcir et se déchirer (c’est comme si on trempait un élastique dans du caramel). Les rides se creusent et la peau devient plus flasque. Une consommation excessive de sucre amplifie ce mécanisme du vieillissement.

Comment ça fonctionne ? « La glycation dégrade les cellules , explique Daniel Maes, des laboratoires Estée Lauder. La peau se ride, est plus vulnérable aux coups de soleil et son ADN subit des dommages irréversibles. » Comme on ne peut réparer les cellules déjà touchées, les maisons de beauté se concentrent sur la prévention et formulent des soins qui inhibent la glycation. Elles ont recours à des actifs « écrans » qui empêchent les sucres de se lier aux fibres : myrtille, tomate, peptides et Alistin – utilisé contre le diabète.

Quelles sont ses promesses ? Au bout de 6 à 12 mois d’utilisation, ces soins retendent les traits et assouplissent la peau, surtout si on fuit les excès de sucre.

À qui ça s’adresse ? Aux femmes de 50 ans et plus, dont la peau peine à combattre efficacement les agressions cellulaires externes et internes.

Lift Extreme d’Estée Lauder
Biocolladerm de Laboratoire Dr Renaud
Supra Sérum de Clarins
FPS 15 Youth Surge de Clinique
Aroma-Vaillance de Nuxe

  1. Émulsion FPS 15 Resilience Lift Extreme d’Estée Lauder (89,50 $).
  2. Soin intensif concentré Biocolladerm de Laboratoire Dr Renaud (47,50 $).
  3. Supra Sérum haute exigence multi-intensif de Clarins (130 $).
  4. Anti-rides hydratant FPS 15 Youth Surge de Clinique (58,50 $).
  5. Crème anti-rides nourrissante peaux sèches et très sèches Aroma-Vaillance de Nuxe (52 $).

L’architecture cutanée

Qu’est-ce que c’est ? Un biologiste de l’Université Harvard a tracé un parallèle entre la structure de la peau et l’architecture des bâtiments. Comme ces derniers, la peau repose sur des fondations (squelette), elle est coiffée d’une toiture (couche cornée) et constituée de divers étages (hypoderme, derme, épiderme). Et c’est le juste équilibre entre les forces de tension de la peau (muscles) et ses forces de compression (eau) qui fait qu’elle tient debout.

Comment ça fonctionne ? « Comme la toile d’une tente, les cellules de la peau doivent s’agripper à des piliers pour être sous tension et donner de jolis volumes au visage », dit Marie-Hélène Lair, directrice de la communication scientifique chez Chanel. Les soins basés sur l’architecture cutanée visent donc à stimuler les « crochets » naturels de la peau, des protéines appelées « tensines », dont le nombre tend à décroître avec l’âge.

Quelles sont ses promesses ? Des polymères de surface agissent illico pour retendre l’épiderme. Mais ce n’est qu’au bout de quatre semaines d’utilisation qu’on peut compter sur un soutien qui dure toute la journée.

À qui ça s’adresse ? Aux femmes de 35 ans et plus.

FPS 15 Précision Ultra Correction Lift de Chanel
Lipofilling de Lierac
Defi Lift 3D Perfect Design de Gatineau
Réparation 40/60+ de Jean d’Estrées
Féminissime d’Hormeta

  1. Fluide de jour FPS 15 Précision Ultra Correction Lift de Chanel (176 $).
  2. Soin anti-âge liftant profond Lipofilling de Lierac (115 $).
  3. Crème jour et nuit Defi Lift 3D Perfect Design de Gatineau (175 $).
  4. Soin action fermeté Réparation 40/60+ de Jean d’Estrées (50 $).
  5. Crème haute redéfinition Féminissime d’Hormeta (220 $).

Le rétinol nouvelle génération

Qu’est-ce que c’est ? De la vitamine A, présente naturellement dans l’organisme. Scientifiques et dermatologues qualifient le rétinol de molécule surdouée. « Depuis son arrivée dans les soins de beauté, aux alentours de 1995, raconte la dermatologue Lydia Evans, consultante, Amérique du Nord, pour L’Oréal Paris, c’est l’ingrédient antiâge par excellence auquel tous les actifs modernes se comparent. »

Comment ça fonctionne ? Comme le rétinol favorise le renouvellement cellulaire et stimule la production de collagène et d’élastine, il est capable de prévenir autant que d’amoindrir les rides profondes, les taches et le relâchement cutané. Pur, il est irritant et photosensibilisant. Les laboratoires beauté l’encapsulent (pour augmenter la tolérance de la peau), le marient à des acides de fruits (pour accroître son pouvoir antirides) et le combinent même aux vitamines C et E (pour mieux éclaircir la peau terne et tachée).

Quelles sont ses promesses ? Il a une fonction à la fois préventive et curative. Il constitue un puissant antioxydant capable de freiner l’action des radicaux libres. Il lisse les rides et stimule les cellules qui assurent le soutien cutané. Efficace au bout de quatre à huit semaines.

À qui ça s’adresse ? Aux femmes de 40 ans et plus. Attention : le rétinol rend la peau sensible aux UV.

Duo Yeux 24 Heures Revitalift de L’Oréal Paris
Liftactiv Retinol HA de Vichy
Retinol de RoC
Retinology de Lancaster
France Laure

  1. Duo Yeux 24 Heures Revitalift de L’Oréal Paris (27 $).
  2. Soin procédure rénovateur total rides Liftactiv Retinol HA de Vichy (49 $).
  3. Combleur de rides Retinol de RoC (56 $).
  4. Crème résultats visibles Retinology de Lancaster (165 $).
  5. Lotion aux acides fruités de France Laure (39,20 $).

Les recommandations d’une dermatologue : la docteure Lydia Evans répond à nos questions.

À quel âge devrait-on adopter un antiâge ?

Les antiâges ont une action globale préventive. Il est donc pertinent de les adopter tôt, en général, à partir de 35 ans.

Quand faut-il passer de la prévention à la correction ?

La peau du contour des yeux est fine et reflète l’âge global du visage. Dès qu’on voit les cernes, poches et rides s’incruster dans cette région, il est temps de passer à un traitement curatif.

Quand faut-il inclure une crème de nuit à sa routine ?

Les soins de nuit sont riches et plus concentrés en actifs que ceux de jour. On devrait les utiliser dès la quarantaine, quand le collagène et l’élastine se fragmentent et que la peau se dessèche. Pendant la nuit, à l’abri du vent et du soleil, ils réparent les dommages cutanés sommaires.

Faut-il changer souvent de soin ?

Il est recommandé de varier la texture des soins en fonction des saisons. L’été, on préconise l’usage de lotions et, l’hiver, de crèmes. Il est préférable de rester dans la même gamme de produits pour éviter les allergies et optimiser le travail des actifs. Toutefois, si des comédons surgissent, si une crème se met soudainement à irriter la peau ou qu’elle n’en améliore pas l’apparence après 12 mois d’utilisation, on change de soin.

Au bout de combien de temps peut-on espérer qu’un soin apporte des résultats visibles ?

Hormis un effet immédiat sur l’éclat du teint, il faut attendre de quatre à huit semaines pour qu’un soin agisse vraiment sur les ridules et le tonus. Des études montrent même que plus on utilise un soin longtemps, plus ses performances sont appréciables.

Existe-t-il une technique d’application optimale ?

Les règles de base sont simples : on garde la main légère, on traite sa peau avec douceur et on la nourrit après l’avoir nettoyée, quand elle est encore légèrement humide. On suit les contours du visage en n’oubliant ni le cou ni le décolleté. Autour de l’œil, on y va par tapotements, en se tenant loin de la paupière supérieure, pour éviter de provoquer des larmoiements.