Blogue de la rédac

Bully: un film indispensable

Ce film contre l'intimidation à l'école devrait être au programme du ministère. Et tous les parents devraient se faire un devoir d'aller le voir!



«Moi, si j’étais présidente des États-Unis, je voudrais que tout le monde soit égal» – Kelby, 16 ans.

Moi, si j’étais ministre de l’Éducation, j’imposerais une sanction pécuniaire non seulement aux écoles et aux commissions scolaires qui ne dénoncent pas les gestes des intimidateurs, mais également aux parents d’enfants récidivistes!

C’est du moins ce que je me suis dit tout au long du visionnement du film américain Bully, de Lee Hirsch.



Difficile de ne pas pleurer devant les témoignages des parents dont le jeune s’est enlevé la vie après s’être fait intimider pendant des années sous le regard complice – impuissant? – des élèves. Impossible de ne pas rager devant la mollesse des profs et des directions d’école. Ou de rester de glace devant le courage des jeunes qui ont décidé de se tenir debout pour faire évoluer les mentalités. Comme Kelby, lesbienne et fière de l’être, qui a choisi de demeurer dans son petit village de Tuttle, à Oklahoma, au lieu de refaire sa vie ailleurs avec ses parents.



Pour Alex, 12 ans, l’intimidation ne se résumait pas à un problème d’homophobie. Plutôt d’apparence. Une nature sensible, vulnérable. Un garçon un peu «différent». Une scène très dure : on entend l’ado respirer fort en attendant l’arrivée de l’autobus jaune. Il a peur. Il sait ce qui l’attend. Mais cette fois, ce sera pire. Des jeunes vont le frapper à la tête, lui serrer le cou, le piquer avec des crayons… sans compter les mots qui tuent, littéralement. Devant la violence de ces gestes, jamais réprimés par la chauffeuse d’autobus, le réalisateur a décidé de montrer ces images à ses parents et à l’école…



Ça m’a fait penser à mon fils qui a vécu une forme d’intimidation très sournoise, de la maternelle à la troisième année. Un enfant roi s’était entiché de lui et l’avait pris pour cible. Il l’isolait des autres, lui cognait la tête contre la rampe d’escalier, lui lançait du sable dans les yeux… Mon fils pleurait le matin et éprouvait des maux de ventre. À nous, ses parents, il restait plutôt discret sur la nature de ses tourments. J’ai fini par en parler à son professeur qui a banalisé la situation. Devant mon insistance, la travailleuse sociale a pris le relais et m’a assuré de faire le suivi auprès des parents du petit intimidateur.

Et vous savez quoi? Les parents ont refusé de voir un quelconque problème dans le comportement de leur fiston. J’ai même reçu une lettre du papa, me disant qu’il ne fallait pas intervenir auprès des garçons, que c’était des jeux d’enfant…

La situation s’est réglée en changeant mon fils d’école. Et dans cette nouvelle école, l’intimidation n’est même pas envisageable. Car les parents seraient les premiers appelés dans le bureau de la directrice!

Tout part de la maison. L’école ne peut pas tout solutionner. Mais oui, elle peut – elle doit! – intervenir auprès des jeunes fautifs. Et faire comprendre à leurs parents que, sans leur soutien, l’intimidation n’aura pas de fin.

Bully – Intimidation, de Lee Hirsch, en salle le 13 avril.