Blogue de la rédac

Danz & Toot

Un ballet qui a du punch!

Danz, d'Ohad Naharin. Crédit photo: Jesus Vallinas

Danz, d’Ohad Naharin. Crédit photo: Jesus Vallinas

Les Grands Ballets sont un peu le Musée des beaux-arts de la danse: ils font preuve d’originalité et d’audace. Présentement à l’affiche, le programme double Danz & Toot nous fait vivre un bien beau moment. On passe du rire à l’émerveillement à l’envie de taper du pied.

Créées pour les Grands Ballets Canadiens de Montréal en 2008 et 2005, Danz et Toot sont des reprises de chorégraphes à l’esthétisme diamétralement opposé.

Danz, de l’Israélien Ohad Naharin, est un patchwork d’extraits tiré de cinq de ses meilleures chorégraphies – Mabul, Moshe, Three, Telophaza et Max.

Ici, point de décors. Les danseurs simplement vêtus d’un t-shirt de couleur et d’un capri font tout le travail. Et quel travail! Chaque tableau s’accompagne d’une musique tantôt jazzy, rock ou classique. C’est enlevant, énergisant et diablement efficace. La finale vaut à elle seule un coup de chapeau. Sur une chanson hip de Roberto Pregadio et de Morton Stevens, Hawaï 5-0, la trentaine de danseurs se déchaînent. Ça virevolte, ça jappe, ça hurle aux loups. C’est complètement flyé!

Danz, d'Ohad Naharin. Crédit photo : Jesus Vallinas

Danz, d’Ohad Naharin. Crédit photo : Jesus Vallinas

Toot, de la chorégraphe norvégienne Didy Veldman, nous plonge dans un tout autre univers. Celui du cirque et du rêve. Mais on est à des années lumières des Shriners!

Les danseurs déguisés en clowns avec leurs habits blancs et leur visage poudré sont autrement sophistiqués, sensuels, gracieux, élégants. Ils livrent ici leur plein potentiel. Toot, onomatopée inspirée du son du klaxon, nous secoue le pommier. C’est une œuvre théâtrale qui se veut une critique sociale drôle et grinçante. Les clowns tournent en rond dans leur arène comme des somnambules. Ils sont pris sous le joug d’un dictateur qui leur intime l’ordre de pleurer, de swinguer ou de faire le pantin. Puis, c’est la révolte. Coups de fusil, ballons rouges, vœux prononcés à haute voix. « I wish… que ma famille soit ici, to freeze this moment, j’aimerais avoir une sœur… » C’est la délivrance, la liberté retrouvée. La mise en scène est judicieuse (une arène démontable), le jeu de lumière (un éclairage vert) onirique, et la musique de Chostakovitch et de Balanescu exquise. Mon coup de cœur !

Toot, de Didy Veldman, photo GBCM

Toot, de Didy Veldman, photo GBCM

Danz & Toot, de Ohad Naharin et Didy Veldman, jusqu’au 23 mars 2013, à la Place des arts. Infos : grandsballets.com