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C'est dans le Web

1700 $/mois voleurs inclus

Par Marie-Lyse Paquin
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J'ai quitté San Francisco au petit matin. Selon ma veine habituelle, je devais passer par Chicago, en ce jour de tempête monstrueuse. Enfin, je suis finalement rentrée chez moi et j'en profite  pour partager quelques souvenirs de cette ville qui est aussi un peu chez moi.

Quelqu’un m’a déjà dit que si l'on secoue la carte des États-Unis, tout ce qui est instable se retrouve à San Francisco, moi y compris. Porte d’entrée de la ruée vers l'or, refuge des gais et des persécutés, berceau de la Beat génération, du mouvement hippie et des geeks yuppies, San Francisco nous rappelle que tout est possible. Depuis ma première visite en 2000, je reviens y puiser ma dose d'optimisme dont je ne peux plus me passer.

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Il faut parfois partir de chez soi pour mieux apprécier notre pays qui n’en est pas un. Et pour vraiment connaître une ville, il faut s’y installer. En 2008, j’ai emménagé dans le Lower Haight, un quartier sympa et assez central.  La rue Haight rappelle Mont Royal avec une forte odeur de marijuana, de poulet BBQ et de pizza en bonus. On y croise tellement de gens bizarres qui se parlent tout seuls qu’on se sent presque trop normal. À la pharmacie du coin, non seulement on nous demande une carte d’identité pour acheter du sirop contre la toux, mais même la pâte à dent est sous clés. « La pâte à dent?! C’est une dangereuse substance hallucinogène? Hey ben! »

Les Californiens parlent beaucoup d’argent, mais depuis la première bulle techno, la vie coûte affreusement cher.  Mon petit 3 et demi du Lower Haight me coûtait 1700$ par mois, sans stationnement. Si vous pensez qu’il est difficile de vous garer sur le Plateau, sachez qu'il m'arrivait de tourner en rond 45 minutes dans mon quartier « cool » de San Francisco.

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J'adorais mon appartement de style édouardien ultra lumineux malgré sa viellle tuyauterie puante. Avec ses fenêtres en papier mâché, je pouvais entendre un passant qui éternuait de l’autre côté de la rue et je me réveillais au son des « skateux » et des gens saouls qui sortaient des bars du coin. On ne sait pas se saouler en silence en Amérique. Un jour, j’ouvrirai un bar de retraite silencieuse pour boire en paix dans nos villes trop bruyantes.

Ceci dit, cet appartement était bien mieux que ma petite chambre de bonne dans les toits à Paris. La grande différence c’est qu’à Paris et à Montréal, j'ai rarement connu la peur. À San Francisco, un voleur s’est introduit dans mon appartement dès le premier mois. Par chance, le malfaiteur n’a trouvé que quelques bijoux sans grande valeur. Mais pour une femme qui vit seule, savoir que quelqu’un est entré chez soi sans traces d’effraction, c’est une condamnation à l'insomnie. Le lendemain, j'ai trouvé une note au bas de ma porte : en dessous d'un gros WARNING en rouge, on pouvait voir une photo d'un adolescent aux yeux méchants.

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Ce sympathique jeune homme à capuche avait volé le bâtiment quelques années auparavant en passant par le toit, puis par les petites fenêtres de la salle de bain. À l’époque, il était mineur et avait échappé à la justice faute de preuves suffisantes. Quelques mois plus tard, alors que j’avais pratiquement oublié l’incident, ils ont glissé un nouveau WARNING sous ma porte : un suspect a été aperçu dans les escaliers. Code de sécurité : rouge. Et voilà comment on attrape le virus de la paranoïa américaine! «Est-ce que l’on trouve de petits révolver de chevet à la pharmacie du coin ? »

Oh! Mais je vous raconte le pire pour me convaincre moi-même que le gazon n’est pas plus vert là-bas (quoique si, il est plus vert comme il pleut souvent) En vérité, j’ai infiniment plus de bons que de mauvais souvenirs de San Francisco. Et surtout, j'y ai des amis fantastiques que me manquent déjà. Comme le chantait si bien Tony Bennett, I left my heart in San Francisco :

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Au fil des années, j’ai amassé pas mal de photos de San Francisco, voici une mini sélection maison. Celle-ci fut prise de la voiture en rentrant dans la ville, c'est  presque aussi beau que la vue du pont Champlain au coucher de soleil.


1700 $/mois voleurs inclus
 

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