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Au suivant! Version Facebook

« Laisse ta blonde! Je t’attends impatiemment…Une belle inconnue, xxx »

ll y a quelques semaines, une application Facebook a conquis 3,6 millions d’utilisateurs en cinq jours avant d’être bloquée par le réseau. Ce petit outil, nommé Breakup Notifier pouvait vous avertir dès qu’un ami modifie son statut de « en couple » à « célibataire ». En deux mots : débile mais efficace!

Puis, une autre application plus sophistiquée a pris le relais. Celle-ci, judicieusement nommée The Waiting Room, fait savoir à l’objet de votre désir qu’une personne anonyme l’attend dans sa « salle d’attente! »

Le message que votre proie reçoit lui annonce que si elle est présentement dans une relation, The waiting room lui donnera le courage de retourner au célibat… si le coeur lui en dit. Attendez, relisez cette phrase tranquillement : cette application rassure les dépendants affectifs que quelqu’un leur fera vite sentir qu’ils « pognent » encore.

Par contre, ils devront survivre seuls pendant deux jours puisque l’identité de l’inconnu(e) ne leur sera révélée que 48 heures après avoir changé leur statut pour « célibataire ». On évite ainsi que de petits vites deviennent célibataires d’une heure pour tester la marchandise. Ce processus de drague manque tellement de charme qu’il me rappelle la chanson Au suivant! de Brel. Personnellement,  j’aime les hommes directs et audacieux alors les admirateurs secrets ont peu de chances de marquer des points. Qu’on se le dise!

Parmi les histoire cocasses de Facebook, il était une fois un gars ébloui par une fille aperçue  furtivement chez une amie. Le soir, il la trouve sur Facebook et lui envoie un message enflammé lui déclarant son coup de foudre.

– Réponse de la fille : Ben voyons! Tu me connais : on a déjà couché ensemble, il y a plus de quinze ans. 
– Re. Re. : Oh oui! Je me souviens maintenant! Ça prouve que mes goûts sont très constants.

J’avais bien rit de cette histoire mais maintenant, j’ai un peu honte! Quelques mois plus tard, je suis tombée sur le profil d’un ex d’une amie que j’ai perdu de vue depuis quelques années. Sur son mur, il y avait des photos de lui avec un ami et je me suis dit : « Wow! C’est qui ce gars? Comment se fait-il que je ne l’aie jamais rencontré! »

J’ai fermé l’ordinateur et ce n’est qu’une heure plus tard que tous les détails, clairs et limpides me sont revenus en tête, comme si c’était la nuit dernière! Ma mémoire sélective avait enterré cet épisode comme une matière dangereuse, une exception peu glorieuse qui confirme mes règles. Je me suis mise à rire toute seule sous ma douche!

Sur cet aveu qui est loin d’aider mon image, j’en profite pour corriger un mythe crée par Carrie Bradshaw et ses amies. Certes, j’écris un blogue féminin où je parle parfois amoureusement de vieux amours et des rendez-vous ratés, mais ce n’est pas une télé réalité! Il n’est pas écrit dans mon contrat que je dois multiplier les rencontres pour avoir du matériel à écrire, ni que je serai virée si je change mon statut pour « en couple » dans Facebook. À notre époque exhibitionniste, l’intimité est ce que nous avons de plus précieux.

Les médias sociaux prennent de plus en plus de place dans notre vie. Des millions d’histoires d’amour s’y écrivent chaque jour. On apprend à draguer en 140 caractères, on redécouvre le charme des relations épistolaires secrètes, votre chum ou votre blonde vous fait une crise de jalousie parce que vous avez accepté l’amitié d’un amour d’adolescence. N’hésitez pas me soumettre vos histoires virtuelles ou réelles sur le Courrier du coeur.

Justement comme j’écrivais sur les histoires facebookiennes, je me suis rendue compte ce matin, que j’écrivais à un gars qui n’était pas celui que je croyais : ils ont le même nom et celui-ci n’a pas sa photo sur le profil! L’imbroglio ressemble à un acte de Feydeau.

Enfin, je vous souhaite un bon début de semaine à tous!
P.S. Si comme moi, vous êtes horrifiés par les images et les vidéos inconcevables de la dévastation au Japon, je vous rappelle que vous pouvez faire un don à la Croix-Rouge, sur le Web, au téléphone, par la poste, en personne et même par SMS si vous êtes abonnés de Rogers et Telus : Textez le mot ASIE au 30333 pour faire un don de 5 $.