C'est dans le Web

Elle

Il y a des gens qui me demandent si je raconte ma vie actuelle sur ce blogue. Très peu. J’ai souvent besoin de recul pour décrire mes émotions.

L’écriture, la danse et la musique m’ont toujours permis d’évacuer un trop plein d’émotions. On s’acharne à peindre l’amour, le deuil ou la peur avec des mots, mais on les vit au fond de nos tripes, oui, juste là, où ça fait mal.

La semaine dernière, nous avons beaucoup entendu parler de cette saloperie de cancer avec la mort de Jack Layton et le retrait de Steve Jobs d’Apple. Je vous ai déjà parlé de mon père qui nous a quitté, l’année de mes trente ans. Je vous ai peu parlé de ma mère. Ma mère est une femme discrète qui n’aime pas être sous les projecteurs. Elle est de celles qui pensent toujours aux autres avant elles-mêmes. Maman est la mère que j’aimerais être.

Maman a eu trois cancers. Elle s’est battue avec toute sa force tranquille sans jamais se plaindre. Elle cherche avant tout à protéger ses enfants de sa propre douleur.

On n’a pas encore trouvé la source du cancer qui s’est répandu dans ses os depuis quelques mois. Batterie de tests, attente insupportable des résultats, espoirs les plus fous.. Ils se sont peut-être trompés de dossier?

Je voudrais du temps pour ma maman. Trouvez moi le diable,  je signerai un pacte sur le champs. Du temps pour maman. On se bat avec le temps en lui suppliant de prendre son temps.

Devant l’indescriptible, je reçois de grosses doses d’énergie de mes amis(es). Je suis dépendante des leurs recharges. Mes nièces sont aussi nos baumes quotidiens.  Grande nièce échappe sa « Slush » au milieu de la rue, bébé nièce lance ses légumes aux chiens et me jette un regard espiègle avec ses grands yeux d’un bleu impossible :

– « Mémé, Nini! »
– « Quoi ? Tu m’appelles Mémé maintenant? Et tu trouves ça drôle en plus! Bon d’accord, me voilà Mémé Marie!. »

J’aurais voulu réécrire ce billet une centaine de fois pour maman.  Mais je ne trouverais jamais les mots. Maman, rappelle-toi, nos sourires à l’âge de bébé nièce, multiplie les par tous les jours où tu as été là pour nous. C’est cette somme d’affection que je voudrais injecter partout où tu as mal.

Quand j’ai entendu la chanson « Elle »de Marie-Pierre Arthur, j’ai tout de suite pensé à maman. Si je savais composer de la musique, j’aurais aimé écrire cette chanson. « Un peu d’éternel pour elle. »