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La nouvelle belle-mère

Nous poursuivons la série sur les familles reconstituées. Voici le billet d’une nouvelle belle-mère qui tente tant bien que mal de s’adapter à son nouveau rôle. Pas toujours facile. J’ai passé les 10 dernières années célibataire, et du coup, dans le tourbillon de la vie, je me suis retrouvée avec un mari et deux enfants, soumis à la garde partagée.

Le choc total! Les enfants sont adorables, gentils, respectueux, mais… Il y a toujours un mais. Ce ne sont pas les miens et ils ne le seront jamais. Je les accepte, mais je ne m’ennuie jamais d’eux, et finalement, au bout du compte, notre semaine revient toujours trop vite, à mon goût. Mon chum, je l’ai désiré, je l’ai choisi. Les enfants de l’autre, on ne les désire jamais, on ne les choisit jamais, ils font partie de l’autre. Il ne nous reste plus qu’à l’accepter ou passer notre chemin.

Vient ensuite le choc des cultures, si vous me permettez l’expression! L’éducation, l’alimentation, les heures devant la télé (moi qui ne l’écoutais jamais), la mère des enfants, les dépenses que ça entraîne et j’en passe. La vie à deux n’est pas toujours facile. Enfin, ce n’est rien comparativement à la vie à quatre. Chacun tente de faire des compromis et de s’adapter au mieux. Je suis chanceuse, j’ai un mari qui souhaite ardemment que je m’implique dans l’éducation de ses enfants et que j’impose mes règles, mais ai-je vraiment envie de le faire? Parfois, ça m’angoisse. Est-ce normal de ne pas avoir envie d’en faire autant? Suis-je une mauvaise belle-mère et épouse en ne désirant pas m’investir totalement, auprès de ses enfants?

Ensuite vient LA question : ajoute-t-on un troisième enfant, à ce nouveau clan que nous formons? Avant mon déménagement, j’avais un désir profond d’avoir un enfant. Aujourd’hui, je remets sérieusement ce projet en question. Je ne me trouve déjà pas très patiente avec ses enfants, et bien souvent, « ils me tapent sur les nerfs », alors aurais-je la patience, le courage, l’insouciance de me lancer?

Pourtant, malgré tout, je ne regrette pas mon choix. Nous passons de beaux moments ensemble. Les enfants sont toujours contents de me voir et me disent régulièrement qu’ils m’aiment. C’est pourquoi je continue de croire qu’avec le temps, un lien d’attachement envers eux se formera en moi.