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Le sexe pas catholique

Monsieur Marcoux m’a fait parvenir un billet dans lequel il se questionne sur la séparation actuelle entre la sexualité et l’amour. Il s’agit là d’un grand sujet sur lequel nous pourrions nous étendre jusqu’au petit matin, mais je tenterai de donner mon point de vue d’humble pécheresse de la génération X.

Le billet de Monsieur Marcoux

J’ai reçu une éducation religieuse tout au long de ma jeunesse et de mon adolescence. Ce qui fait qu’on m’a très tôt inculqué la notion que l’amour ne devait trouver son expression que dans les liens sacrés du mariage.

Curieusement cependant, durant mes années de collège (religieux) on nous faisait lire « Tristan et Iseult » ou l’histoire de deux amants à la merci de leur passion, qui ne connaissaient aucune règle divine ou humaine. Toutefois, bien qu’en apparence, contradictoires, ces deux conceptions de l’amour (l’amour marital et l’amour passion) se caractérisaient par un attachement indéfectible entre amants. Autre similitude malgré les apparences, elles supposaient toutes deux que la sexualité demeure l’expression de ces deux formes d’amour.

Mais n’en serions pas venu, de nos jours, à complètement séparer la sexualité de l’amour? La langue anglaise semble d’ailleurs plus spécifique sur ce point en utilisant les expressions « having sex » et « making love », selon que cet acte est empreint de sentiment ou non.  Alors que, en français, on utilise l’expression « faire l’amour » à toutes les sauces.

Mon embryon de réponse

Cette question est digne de plusieurs thèses de doctorat, mais je vais tout de même effleurer le sujet avec plaisir. Je reviendrai sur l’histoire de la sexualité et ce qu’il nous reste de la tradition de l’amour courtois, car c’est fascinant.  Ce qui se passait réellement sous les couettes et sur les bottes de foin, n’était certainement pas étudié au collège classique!

À l’école primaire, nous avions encore des cours d’éducation religieuse suivis d’une démonstration de « comment mettre un condom ». Avec l’arrivée du sida, on apprenait surtout aux jeunes que la sexualité pouvait tuer.

À l’adolescence, je n’ai pas lu Tristan et Iseult, ce n’était plus la mode de lire au secondaire. On apprenait plutôt à donner notre opinion sur tout et sur rien, pour le meilleur et le pire.

Mais malgré tout le cynisme ambiant, j’ose encore espérer que pour la majorité des gens, l’idéal de la sexualité demeure l’expression d’un attachement entre les amants. Par contre, si on crie trop fort, nous risquons d’être victimes de la persécution des romantiques idéalistes. On entend peu parler des couples qui ont une vie sexuelle hautement satisfaisante, sans courir les clubs échangistes ou les gadgets sado maso. Bien que la sexologie soit une science sociale, on réfère surtout au sexe en tant que technique et ses produits dérivés se vendent beaucoup mieux que les romans d’amour.

Au sujet de la séparation du sexe et de l’amour dans la langue, il me semble que nous allons encore plus loin que les anglophones. On n’entend presque plus l’expression « faire l’amour » chez les jeunes. On couche ensemble, on baise, on a du sexe et avec beaucoup de chance, on est amoureux. Nous observons aussi la popularité montante des expressions « polyamour » et « sexe hygiénique ».

Voilà d’autres sujets périlleux sur lesquels nous nous épancherons dans un avenir proche. Au delà du sacrement du mariage, c’est notre capacité de vivre en monogamie qui est souvent remise en question.

Certains seront peut-être déçus que ce billet  ne parle pas assez de sexe. Que voulez-vous! J’ai surtout des histoires d’amour à vous raconter…

Merci à Monsieur Marcoux pour son point de vue. N’hésitez pas à me contacter pour me soumettre vos idées, vos oeuvres et vos billets d’humeur.