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Pyromane qualifiée

Je poursuis la série des gaffes de votre humble et désespérante Miss Magoo.

Conversation avec un colocataire :
– « Je dois te parler d’un problème important. C’est assez délicat… On m’a récemment diagnostiquée pyromane. Je me réveille souvent avec l’envie de mettre le feu. Il faut me surveiller, surtout la nuit. »

(On peut lire l’effroi dans les yeux du nouveau colocataire : Au secours, j’ai emménagé avec une folle! )

–  «Haha! La face que tu me fais! Bah Non, je ne suis pas pyromane mais je  brûle des casseroles assez souvent. Je peux te dire que l’odeur du brocoli calciné est particulièrement atroce et tenace. »

La bonne nouvelle, c’est que  j’ai appris à éteindre des feux dans mes mes cours d’agent de bord. « Oui, oui!  On éteignait de vrais feux devant de vrais pompiers! Croyez-moi, on ne veut pas avoir l’air trouillarde devant une caserne de pompiers. On gonfle le torse, on dégoupille l’extincteur sans se casser un ongle, on fonce vers le feu avec un air déterminé et on arrose à la base vigoureusement. Puis, on célèbre ce petit moment de gloire sans trop montrer sa fierté. La routine quoi! »

Je conseille fortement cet exercice à toute bonne ménagère lunatique. Le plus difficile sera de trouver  un pompier pour vous superviser… Si vos charmes ne suffisent pas, essayez de lui acheter une caisse de calendriers.

Je venais tout juste d’acheter un petit four grille-pain pour mon nouvel appartement dans les Alpes. J’y dépose un beau croissant dodu. POUF!  Il n’a fallu que quelques secondes pour immoler la pauvre patisserie née le matin même! Puis, les flammes se sont mises à monter rapidement. J’ai dû sacrifier plusieurs torchons avant de maîtriser la situation. Détecteur de fumée qui hurle, embarras devant les nouveaux voisins et surtout devant le troupeau de chèvres de l’autre côté de la rue. Les chipies m’espionnaient toute la journée et se moquaient de moi en dialecte « bèèèh ».

Non mais, quel idiot a eu l’idée de coller le guide d’instruction sous la plaque de four? Bon, j’avoue que je ne lis jamais les instructions, mais ce n’est pas une raison pour m’envoyer au bûcher! Je pourrais peut-être envoyer les restes du papier calciné au fabriquant en exigeant un dédommagement pour mon pauvre croissant innocent. Pourquoi faire simple quand on peut faire Français? (C’était ma devise en France)

Côté invention dangereuse en vente libre, nous ne sommes pas en reste. Un soir de Noël, chez ma mère, alors que toute la famille regardait les vidéos du Père Noël dans une autre pièce, je suis retournée à la cuisine pour ouvrir une bouteille de vin. Mon verre vide était un appel providentiel, puisque le milieu de la table s’est enflammé à mon arrivée. Non, mais quel idiot a eu l’idée de faire des chandeliers sur une base de cocottes hautement inflammable? Ça brûle tellement bien des cocottes que je vais en ramasser pour le foyer. D’ailleurs, on devrait les retrouver au printemps, puisque je les ai lancé dans la neige devant la maison.

Bien entendu, je suis aussi qualifiée dans l’épreuve traditionnelle du liquide de fondue qui se répand partout. On essaie alors d’éteindre le feu avec un torchon qui prend immédiatement en feu. Classique! À l’université, on avait même essayé de maîtriser un feu de fondue avec de la farine. N’essayez pas ça à la maison! Je vous confirme que la farine est hautement inflammable.

La morale de cette histoire : avant de m’invitez à souper, vérifiez vos détecteurs de fumée, munissez-vous d’un extincteur et lisez les instructions.