C'est dans le Web

Quand je serai une madame

Je vous avais parlé du conventum de mes vingt ans de graduation dans un billet précédent. La soirée mémorable a eu lieu samedi dernier dans le seul bar de notre époque encore ouvert.

Léger mal de tête en sourdine dimanche  matin au moment où j’écris ces lignes,  suite au 2 pour 1 sur le vin maison (soulignons maison).  Peu importe! Quel plaisir de retrouver les visages de notre adolescence, sans nos boutons d’acné. La phrase dite et entendue le plus souvent : « Wow! T’as pas changé! » Les mêmes regards, la même énergie. En effet, je me suis rendue compte que j’ai la même coupe de cheveux et la même couleur de rouge à lèvres qu’à l’époque,  avec un peu plus de maquillage autour.

À 16 ans, j’imaginais que je serais une Madame « bien comme il le faut » avec des bas de nylon et une mise en plis. C’est peine perdue! Dès ma sortie de l’université, je suis tombée dans le Web où il fallait porter religieusement des jeans et chaussures de courses. Les mises en plis ne tiennent jamais bien longtemps dans mes cheveux qui sont presque aussi fous que moi. J’ai semé une quantité phénoménale de « bobby pins » dans le monde entier.  En fait, je n’ai jamais compris où disparaissent les « bobby pins.» Quelqu’un réussira à élucider ce mystère au XXIe siècle?

Non je ne me sens pas encore madame et je ne suis pas la seule, semble-t-il. Dans le fond, nous sommes des adolescents « matures », un peu étourdis par la vie qui file trop vite. Hier : « Tiens, j’ai des poils qui poussent » Aujourd’hui : tiens, un nouveau cheveux gris. » On se donne rendez-vous dans 20 ans pour voir si on est devenu des madames et des monsieurs?

À 16 ans, je pensais que vingt ans plus tard,  j’aurais un mari, deux enfants, un chien et un garage! J’étais d’ailleurs,  un peu terrifiée de passer ma soirée à répondre à la question : « Et toi? T’as des enfants? Un chum? » Même si on assume le fait d’avoir pris un peu de retard, on sent le besoin de se justifier.  « J’ai été tellement occupée, j’ai oublié d’avoir des enfants. Oups! » Avant la soirée, mes amies, gentilles organisatrices, m’envoyaient des statistiques pour me remonter le moral. 17% des gens n’ont pas d’enfants : tu n’es pas seule!

Elles avaient raison les amies, elles ont souvent raison : il n’y avait pas de malaise, pas d’investigation, ni de « Pourquoi? Tu n’en voulais pas!? » Pas d’enfants, d’accord, on passe à un autre sujet.

Puis, après sept heures de sourires à en avoir mal aux joues, on s’est retrouvé devant une poutine chez B, un grand classique d’antan.

Une amie demande haut et fort à une autre amie :
«T’avais pas eu une aventure avec un prof de cégep? »
« Non, c’est absolument faux! »
L’amie numéro 1 se tourne vers moi en riant : « Oups! Je pense que c’était un secret, mais il faut le dire quand c’est un secret! »

En effet, les secrets entre vieilles amies, prennent de l’intérêt avec les années!

Respect à la pauvre serveuse qui devait gérer une bande de mi-trentenaires plus indisciplinés qu’à 16 ans. Au moins, en sortant, les gars n’ont pas lancé des œufs sur les voitures! On les a tous livré chez eux bien empaquetés.

Respect aussi à Facebook, malgré tout le mal que j’en dis, le site m’a permis de reprendre contact avec plusieurs amis du secondaire au cours des  dernières années.