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Théorie de la relativité

Maintenant que vous avez déballé vos cadeaux et que vous vous sentez coupables d'abus de tourtière, il est bon de vous souvenir que vous êtes riches, très riches! Puis, il suffit d’appliquer la théorie de la relativité lorsque vous recevrez votre compte de carte de crédit ce mois-ci.

Le site Globalrichlist vous permet de connaître votre rang sur la planète en entrant votre salaire annuel. En moyenne, vous tomberez dans les 0.5 à 5% plus riches du monde.

Assurément, vous me direz que ce calcul ne tient pas compte du coût de la vie. Vous me direz aussi que plus on fait d’argent, plus on peut en redistribuer. Vraiment? Est-ce que vous faites plus de dons depuis votre dernière augmentation de salaire? Vous n’achèteriez pas au contraire plus de « bébelles »?

Chaque année, l’Institut Fraser publie une étude sur le taux de générosité d’un océan à l’autre. Les Québécois y font généralement piètre figure. Mais il ne faut pas s’attarder uniquement à ses chiffres, comme l’explique  judicieusement Manon Cornellier dans un article du Devoir. Nous vivons dans la provinde la plus taxée et nous attendons beaucoup de l’État.

En voyage dans un pays pauvre, on ne peut pas s’indigner tous les jours. On se sent peut-être mal à l’aise, mais on profite tout de même du soleil! Bizarrement, c’est en Californie, l’un des états les plus riches du monde, que j’ai ressenti le plus grand malaise.

Nous étions en 2008, au milieu de la crise économique que les médias apocalyptiques comparaient aux années 30. Je travaillais dans la Silicon Valley, la Mecque des technos qui ressemble à un gros Laval propre et aseptisé. Je ne suis pas une fille de marques, je déteste le clinquant. Pourtant, lorsque je vois une Porsche, une Lamborghini ou une Ferrari, je ne peux m’empêcher de regarder le conducteur. Je ne sais pas pourquoi, je dois m’attendre à trouver Brad Pitt ou un Ken de Barbie!

En Californie, il y a tellement de voitures de luxe que je ne regardais même plus. Je devenais indifférente aux Porsche, pas impressionnée pour cinq cents! Là bas, on vend si bien le luxe qu’il devient ordinaire. On ne se sent jamais assez riche. C’est une question de relativité. Heureusement, ma bonne éducation catholique québécoise me ramène vite dans le droit chemin, celui qu’on ne parcourt pas en Porsche… « Grand maman, si on est né pour un petit pain, est-ce que je peux prendre celui au chocolat? »

Si un jour, je me plains de ne pas pouvoir me payer la paire de chaussures qui me fait saliver, renvoyez-moi sur le site Gobalrichlist. En 2011, il y a peu de chance que je me transforme en mère Teresa ou en moine bouddhiste, mais je vais me convertir un peu plus à la relativité.

En parlant de relativité, je me demande si Einstein arriverait à expliquer pourquoi un millier d’oiseaux sont tombés du ciel en Arkansas. Personne ne comprend cette pluie d’oiseaux du 2 janvier. J’ai reçu les alertes du tremblement de terre au Chili sur mon iPhone, mais pour les oiseaux, il n’y a pas encore d’application.

http://www.youtube.com/watch?v=-nBhYN738YU&fs=1&hl=fr_FR