Être de son temps

Solstice

La fête de la lumière, rien de moins. Voilà pour la magie de Noël.

 

Quelle est ma magie à moi? Me réveiller à 6h du matin et aller prendre une photo de l’Oratoire Saint-Joseph de mon balcon. L’Oratoire est une immense présence dans ma vie, surtout à Noël. Durant cette semaine, une lumière rouge baigne l’Oratoire. Puis, la nuit du réveillon et celle de Noël, le dôme reste illuminé toute la nuit. Habituellement, je regarde par la fenêtre pour savoir si je dois me coucher, les lumières s’éteignent à 23h…

Cet après-midi, j’amènerai mon B voir la collection de crèches au musée de l’oratoire. J’aime l’ambiance, la chapelle votive, les croyants qui sont plus nombreux à cette époque. Et les crèches du monde entier, si colorées, si inventives.

La magie de Noël, ce sont aussi les sapins illuminés qu’on voit à travers les fenêtres dans les maisons, et en écho, ces ciels féeriques de décembre, la nuit, à la campagne.

La magie, c’est cette chorale d’enfants aux voix flûtées, hier, dans l’église du quartier. J’ai eu la gorge serrée plusieurs fois devant se spectacle à la fois candide et si vrai. Observer des visages d’enfants qui chantent, c’est un privilège rare. Un parterre de parents aimants et vous voilà certains que l’Amour existe.

La magie, c’est entrer dans une pharmacie avant Noël. Je fais exprès pour y aller presque tous les jours ces temps-ci. Même l’extincteur à incendie rouge a l’air festif, accroché à son pilier. Hier, j’ai longuement regardé un costume de père Noël. C’est fou ce qu’on trouve de nos jours dans les pharmacies. Même des télés! En émoi, j’ai appelé mon mari moins neuf:

– 29,99$ avec la barbe et la ceinture, tu le veux?
– Mon amour, y’a juste toi qui y croit encore…
– Bon, ok. Mais c’est moins cher qu’un pantalon Calvin Klein… et tu pourrais t’en resservir à l’Halloween.

La magie de Noël, c’est ce supplément d’âme et de gentillesse qu’on peut sentir un peu partout. Ces pensées qui nous habitent pour les uns et les autres, ces détours qu’on fait pour aller porter un pot de caramel, cette fatigue qui nous propulse malgré tout.

La magie, ce sont ces courriels qu’on reçoit de revenants qu’on n’a pas vus depuis huit ans. Et qui nous disent « je t’aimerai jusqu’à la fin de mes jours Blanchette ». C’est loin le Brésil…

La magie, c’est de penser qu’on pourrait prendre l’avion pour aller au Brésil danser un tango avec un vieux fou d’une autre vie.

La magie, il suffit de la voir, elle est partout. Chaque horreur la magnifie.