Générale

Arriver à Noël en même temps que tout le monde

La petite est née par le siège, à l’envers du bon sens.  La sage-femme, trop inexpérimentée,  a appelé une obstétricienne.  Finalement, la maman a remisé son rêve d’accouchement en Maison de Naissance et d’arrivée feutrée. Une semaine en néonatologie pour Alice juste avant Noël, ce n’était pas prévu au programme. Mais au moins, elle sera là, comme le bébé de la crèche, pour apporter un peu de joie à son grand-papa qui vient de perdre sa femme et passera un premier Noël sans elle après tant d’années ensemble.

F s’est fait opérer pour un cancer du sein lundi, ne sait trop dans quel état elle sera pour voir ses quatre enfants et leurs rejetons vendredi. Mais elle assure (vive les anti-douleurs) et elle rassure (vive l’optimisme).

M. a reçu la visite des punaises, elle crèche à l’hôtel, mange au resto depuis une semaine. On a refait les planchers de son studio (les punaises, ça se loge même dans les craques de la marquetterie), elle lavera tous ses vêtements avant d’aller coucher chez son fils pour Noël. Une calamité mais elle en rit, en a profité pour faire un grand ménage de sa vie.

F passera Noël toute seule, par choix, par sabotage, boudant sa famille et macérant dans son jus de canneberges, pas de cadeaux, pas de décorations, pas de bûche. Parfois, Noël passe par là.

M sera au Mexique, nostalgique de tout, de la neige qui lui manque, des beignes et des patins, du chocolat chaud et des sapins, de ses enfants et de sa famille, surtout.

H rêvera que ses parents sont réunis par la fée des étoiles et qu’ils reforment un couple, avec la moitié de son coeur de sept ans en bandoulière. Il a vomi toute la nuit. Ce matin, même le chocolat laissé par les lutins dans son calendrier lui donne la nausée. La chorale de Noël d’aujourd’hui est annulée et la fête à l’école demain aussi.

Parfois, la vie se met dans le chemin et l’idéal de perfection qu’on voudrait tous atteindre à Noël n’est tout simplement pas réaliste.

Et derrière chaque désagrément, chaque épreuve, il y a ce « silver lining », comme un cadeau à saisir.

Comme dit Ricardo, votre dinde sera trop cuite ou votre gâteau roulé craqué, mais l’important, c’est le temps et l’amour qu’on y met.

Je vous souhaite un Noël imparfait… mais vrai.