Générale

Baisers volés

J’aime les Baci, ces chocolats pralinés de Pérouse. Moins pour les chocolats que pour les petits mots d’amour enveloppants qu’on y trouve. J’aime la Saint-Valentin, moins pour l’obligation de célébrer lourdement la profondeur ou la ténacité d’un sentiment que pour les Baci à distribuer à droite et à gauche. Et s’il ne reste plus de chocolat le lendemain, demeure le phrasé du mot juste et de la pensée pénétrante.

Tiré du « Petit livre des pensées amoureuses » (le cherche midi). Baiser du réveil : « C’est bon, le matin, de frôler un corps de femme qui n’a pas pris toutes les manies du jour » (Jean Cayrol, Je vivrai l’amour des autres). Baiser de la nuit : « J’ai longé ton haleine de sursauts/ que seul le vent murmure au vent la bouche sur la bouche » (Tristan Tzara, Où boivent les loups). Premier baiser : « L’amour- une rencontre de deux salives » (Cioran, Précis de décomposition). Baiser d’adieu : « L’éloignement rapproche » (Henry de Montherlant, Carnets). « Les amoureux ne se quittent pas d’un baiser » (Lin Delpierre, Le soleil à l’ombre des blés ». Baiser d’ivresse : « L’éternité sur nos bouches ricoche » (Jean Breton, Vacarme au secret). Baiser long : « Ce n’est pas un travail vite fait que d’aimer » (Marie Noël, Les chants de la merci). Baiser souvenir : « Et leurs baisers au loin les suivent » (Louis Aragon, Il n’y a pas d’amour heureux ». Baiser vorace : « En fait d’amour, vois-tu, trop n’est pas même assez. » (Beaumarchais, Le Mariage de Figaro). Baiser profond : « L’amour est immense, il n’est pas infini. » (Senancour, Oberman).

Du bout des lèvres, je vous souhaite une très belle Saint-Valentin, fête de l’amour et l’amitié (je n’ai jamais pu faire la différence entre les deux…)