Générale

Céder à l'amour

Les trois derniers films romantiques que j’ai vus portaient tous sur la difficulté de s’abandonner au sentiment amoureux. Normal, quand on cultive si fort le « moi » de ne plus trop savoir que faire du « nous ». Dans le film Prête-moi ta main, les tourtereaux incarnés par Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg tournent autour du pot dans une comédie suave pour finalement céder à une force irrépressible. Tout dans leur langage corporel (54% des renseignements communiqués par un individu à un autre), dans le ton de leur voix (37%) contredit leurs propos (9%). Actions speak louder than words.

Même lutte dans le film Ensemble, c’est tout de Claude Berri tiré du roman d’Anna Gavalda. Que de rebondissements pour ne pas avouer, admettre que l’autre s’est infiltré sous notre peau, dans nos rêves les plus fous, dans le dépassement du soi qui constitue le nous. Se rendre à quelqu’un qui nous correspond parfaitement est beaucoup plus menaçant que d’aimer une personne qui ne répond pas à nos besoins. Précisément parce qu’on a besoin du premier et qu’on peut se passer de la seconde.

Et puis, en salle dès aujourd’hui: Odette Toulemonde. Ce n’est pas un grand film mais les personnages de Schmitt sont attachants au point de nous faire oublier ses défauts. Cet homme et cette femme que tout séparait sont appelés à se rencontrer et à nouer des liens qui dépassent leur position sociale. Eux aussi, se débattront, nieront, tenteront d’opposer la raison à la passion. Mais une fois qu’ils auront accepté l’inéluctable, une fois les voiles tombés, quelle délicieuse rencontre que celle de deux âmes qui s’épaulent face à la cruauté du monde.