Générale

Consensus mou

Aucune lecture probante durant ce voyage. Que de mauvais choix ou pas en état pour les lire, allez savoir. On se dit toujours que c’est la faute du lecteur si le livre n’est pas à la hauteur. Pensez, j’avais même apporté le livre de Sophie Thibault et de sa mère dans mes bagages. Un ami qui bosse au JdeM me l’avait conseillé. Je me demande si c’était pour rire de moi. Même ma maman a fait la moue après quelques pages. Je l’ai laissé à la bibliothèque de San Miguel…

En rentrant, j’ai été frappée par le consensus mou, la complaisance de notre book system. Frappée de plein fouet, je dirais, comme chaque fois qu’on prend ses distances avec un système, quel qu’il soit. Et pleine de points d’interrogation dont je ne savais comment me dépêtrer. La clique littéraire se protège, c’est normal. C’est pareil en France, sauf qu’ils sont plus nombreux à se partager les miettes (et le Chablis cheap).

Je me disais aussi que le seul qui pourrait parler et dire les « vraies affaires » sur le dernier livre de Robert Lalonde, Un coeur dans la glace -qui m’a laissée aussi frette qu’un lavabo, mais c’est ma faute, je sais, parce que j’ai déjà été une fan de Lalonde- c’est Foglia. C’est presque fait ce matin.

Tout ça pour dire que le milieu littéraire au Québec est petit, les grands noms se comptent sur les doigts de deux mains mais que lorsqu’un écrivain s’écoute écrire, je ne suis plus. Je pardonne tout, même les fôtes d’orthographe mais pas le ronron, ni le désir d’esbrouffe au nom d’un intellectualisme creux.

Et quand on parle de la mort du livre, je crois qu’on parle tout particulièrement de la mort d’une littérature qui a maintenant énormément de compétition face à elle. Le Web, bien sûr, qui va triompher de la récession. Le papier, lui, en souffre déjà. J’ai une amie éditrice qui s’est fait dire de ne rien acheter à la dernière foire du livre de Francfort, juste regarder…

Nos perceptions littéraires changent, nos besoins aussi. À lire, cet excellent article du Time à ce sujet.

ps: quelques citations de Voltaire retrouvées grâce à mon amie écrivaine, Anne Dandurand.

 » Rien n’est plus aisé à faire qu’un mauvais livre, si ce n’est une mauvaise critique. »

 » Les sots admirent tout dans un auteur estimé. Je ne lis que pour moi; je n’aime que ce qui est à mon usage. »

 » Un livre n’est excusable qu’autant qu’il apprend quelque chose. »

« Ils se sont faits dévôts de peur de n’être rien .»