Générale

Courrier des lecteurs

Il y a celle qu’on retrouve imprimée dans le journal. Cette lettre, ce matin, m’a arraché le coeur. La vie, la mort, l’amour, le gars veut, la fille veut pas, la fille veut, le gars veut pas. Si l’enfant pouvait parler, lui. Triste, triste, débat.

Et puis, dans la manne du courrier, il y a aussi les lettres que nous recevons comme journaliste, à titre perso. J’avais envie de partager celle-ci, envoyée par un lecteur, à la suite de mon article de vendredi sur les derniers des Mohicans, ces fumeurs à qui on interdit de fumer (et je ne suis pas du tout contre qu’ils aient été mis à la porte des restos et des bars, je l’ai aussi exprimé dans le texte) et retiennent leur souffle devant l’agressivité dont ils sont désormais l’objet. Mon père était évoqué dans le texte; à titre de pneumologue et à titre d’humain qui ne se prenait pas la tête avec des concepts, mais prenait régulièrement ses patients en pitié, même ceux qui fumaient. J’ai l’habitude de me faire faire la morale, mais peu d’article m’ont valu autant de lettres de remontrances, dernièrement. Voici le bijou:

Votre chronique d’aujourd’hui me plonge dans un océan de perplexité. Je vous croyais indépendante, non-conformiste, studieuse et respectueuse des faits établis.

Pourtant, je vous retrouve ce matin dans la sinistre procession des thuriféraires, la plupart du temps stipendiés, (je ne vous ferai pas l’injure de ce soupçon), qui colportent à tout vent, les arguments concoctés par les firmes de relations publiques du cartel de la nicotine.

Mais quel cas faites-vous donc des obligations de votre profession de chroniqueur et de l’influence qu’elle vous donne sur le façonnement de l’opinion publique? Noblesse oblige!

Vous voir vous ranger dans le même rayon que les Lemieux, Luik, Gori et autres Mota, menteurs à gage que plus personne, fors le Fraser Institute, ne prend au sérieux, me donne des coliques.

La mémoire de votre père, qui était un homme intègre, et le nom que vous portez méritent mieux que le brûlot mal ficelé que vous avez donné au Devoir d’aujourd’hui.

Avec l’expression de ma profonde déception. Fernand Turcotte