Générale

Effeuiller la marguerite

Je sais, c’est pas la saison. Mais ce matin, en ouvrant mes courriels, j’avais une demande en mariage. Et pas n’importe qui, VLB soi-même. Il m’écrivait pour me remercier du texte sur la solitude. Et pour me dire qu’au lieu de demander Julie Couillard en mariage humoristiquement il aurait dû me le demander à moi… sérieusement.

Je fais encadrer ça, je suis toute chose. Nous, les filles, on entend le mot mariage et on se transforme en citrouille.

Sans blague, je me verrais bien aller traire les biques à Trois-Pistoles, enfilant mon catsuit dès potron-minet avec mon nouveau mari, vaquant nu, il va de soi. Nous formerions un couple dépareillé mais mythique. Je corrigerais des manuscrits l’après-midi, en buvant du thé vert, et enfourcherais mon étalon le soir pour aller me promener le long du fleuve, les cheveux aux vents comme à quinze ans, chantant du Miron, servant de muse à mon romancier de mari, telle une Lou Andreas-Salomé débridée.

Y’a des jours où une simple phrase vous donne envie de recommencer votre vie, comme ça, pour rien, pour le simple luxe de se dire que c’est nous qui menons et pas l’étalon fou du destin.

Au fait, c’est quoi le destin? Celui qu’on choisit ou celui qu’on subit?