Générale

Et de une pour les sage-femmes

J’ai bondi ce matin en lisant cette nouvelle. Non contents d’administrer un médicament pour provoquer l’accouchement d’une patiente, ils la placent dans une aile déserte et l’oublient. Le service obstétrique du Royal-Vic réputé? Laissez-moi rire. J’y ai fait mes classes avec le papa de mon B en 2002, un an avant la naissance de ce dernier. Ben non, je n’ai pas été enceinte pendant 18 mois, ce serait bien le boutte! J’ai fait une dépression ante-partum de neuf mois, j’ai donné dans le partum.

Non, avant mon B, j’étais enceinte d’un bébé qui n’a jamais vu le jour. Et pour cause, j’ai accouché sur le bol de toilette en compagnie de ma chum Anne Dandurand qui me tenait la main au téléphone. Une main d’applaudissement (de l’autre), svp; cette femme est une sainte. Ma bonne Sainte-Anne. Je ne peux pas en dire autant de l’obstétricienne du Royal-Vic qui nous a « annoncé » que j’allais faire une fausse couche en pratiquant une échographie – la première- celle de 12 semaines. En fait, elle n’a pas énoncé la chose comme ça. Nous avons dû jouer à la devinette. Elle a regardé son écran, a marmonné « le coeur ne bat pas » et est ressortie aussi sec sans explications. J’en suis restée baba.

Le papa de mon B a dû aller chercher quelqu’une, une infirmière qui passait par là, pour obtenir des explications. J’imagine que l’obstétricienne était en larmes quelque part dans son bureau, ou qu’elle avait été prise de convulsions violentes à la vue de cet embryon ce foetus mort, ou qu’elle essayait de « pager » le cardiologue pédiatrique dans tout l’hôpital. Nous avons finalement eu droit au mode d’emploi (curetage ou vous attendez). Je ne suis jamais retournée au réputé service d’obstétrique du Royal Vic. J’ai même envoyé une plainte écrite à l’ombudsman pour me faire répondre que blablabla. J’ai plutôt choisi Sainte-Justine après ma fausse couche et pour la naissance de mon B qui est né avec le cordon autour du cou, après une césariennen d’urgence.

J’ai énormément d’empathie pour ce jeune couple qui aurait pu se retrouver avec un enfant mort sur les bras et une culpabilité qui les aurait hantés toute leur vie.

Cou’donc? Me trompe-je ou ça commence à ressembler au système de santé népalais? Là-bas, les femmes accouchent dans l’étable, mais il est vrai que leur mari n’est pas là pour les aider non plus. On laisse les vaches entre elles.