Générale

Faites-moi rire

Hier, devant le Café Cléopâtre, toute la faune journalistique culturelle s’était donné rendez-vous. Pas en bas, avec les danseuses, mais en haut, avec les Aventures de Thierry Ricourt. Grosse couverture de presse le week-end dernier, hénaurme hype, buzz autoproclamé, je ne sais trop. J’avais entendu le metteur en scène Pierre Bernard et la jeune auteure à la radio, j’avais aimé, j’aurais aimé aimer davantage. Nous avons quitté, le fiancé et moi en laissant tout ce beau monde avoir du fun ou pas. What do you expect for ten bucks?

« Ils sont jeunes…« , m’a glissé mon amie Louise Latraverse qui en a vu d’autres. Jeunes…est-ce un avantage, une excuse, une marque de commerce, un prétexte pour se coucher tard, une anomalie qui se corrige avec le temps, un simple travers comptable, qu’en sais-je, moi qui fréquente des gens de tous les âges avec qui je partage généralement le même sens de l’humour. Encore que pas toujours. Et je les aime quand même.

Les références culturelles, générationnelles, historiques et géographiques colorent l’humour. Il y a aussi les hormones, le nombre de martinis, l’heure du jour ou de la nuit, la propension à vouloir se dérider ou en avoir absolument besoin. De l’autre côté de la rue, devant le Club Soda, c’était la queue jusque de l’autre côté de la rue Sainte-Catherine, juste pour rire. Les Québécois ont besoin de se décrocher la mâchoire à tout prix. Parfois j’ai aussi l’impression que ça leur donne l’impression d’être plus intelligents. Ils ont compris.

Hier soir, après deux sundaes au chocolat au Bilboquet (compensation, compensation), j’ai demandé au fiancé de me faire rire. J’étais full fru, post-festivalite aiguë. Il m’a fait visionner deux ou trois sketches de Dieudonné. J’ai rigolé ferme devant « la fine équipe du 11« . Je sais, c’est pas du burlesque, c’est pas de la bédé, c’est pas le off Juste pour rire, c’est pas le Zoofest, c’est pas ciblé 18-34 ans, c’est pas pc, c’est même pas du tout pc vu ce que Dieudonné est devenu.

Je me suis simplement passé la remarque que l’humour peut porter toutes les étiquettes, mainstream, off, stand up, tarte à la crème, burlesque ou vaudeville. Mais ultimement, si c’est pas drôle, c’est que c’est peut-être pas de l’humour… juste une perte de temps.