Générale

Fantasmes et petit flocon

L’âge des ténèbres encore. Mais sous 40 cm de neige, cette fois. Denys Arcand a totalement raison; il faut dire qu’il connaît bien les hommes. Rêver une femme, la fantasmer, est plus commode que de la vivre, la porter, essuyer ses larmes, faire face à sa vulnérabilité. J’ai un ami qui me disait récemment que j’étais un « fantasme » masculin. Oh, ça va, je ne me prends pas pour Diane Kruger ni Caroline Néron, mais dès qu’une femme publique parle de sexe, aime les hommes et leur semble désinhibée, c’est plus fort qu’eux, ils l’imaginent dans leur douche, leur cabanon de jardin, au pieu. Grand bien leur fasse.

J’exagère? À peine. Encore hier, tiens. Le gars m’envoyait de gros appels de phares depuis six mois. Je l’invite à se tricoter un Noël blanc dans mon salon de Shéhérazade: bouteilles de bulles, lunch préparé par la voisine (qui s’occupait même de mon B, ça c’est du service de dépannage pour une maman indigne!), Frank Sinatra qui vous chante Noël, Ella aussi, tempête assurée. Je vous épargne les détails, ils sont encore trop cruels, mais le gars est reparti la queue entre les jambes, soudainement confronté à son fantasme et complètement incapable d’assurer. « J’ai peur de tomber pour toi… » Famous last words.

Il y a deux jours, il m’écrivait: « Faut que je te prenne dans mes bras » et m’appelait « petit flocon« . Le flocon a fondu entre ses bras comme un fantasme sous la réalité crue du jour. J’ai appelé mon amie Anne, un peu paf, siphonnant la deuxième bouteille de bulles laissée en plan par Don Juan, digérant mal l’humiliation.

Anne! J’en ai marre d’être un fantasssssssme!!!!!!!

Du mauvais Arcand tout ça. Pour en voir du bon, z’irez voir son dernier film et vous m’en reparlerez…. Les critiques n’ont rien compris. L’âge des ténèbres, c’est la vraie vie en estie.