Générale

J'adore ou j'abhore

J’ai adoré cette entrevue avec l’auteur François de Closets ce matin, grand défenseur de la simplification de l’orthographe.

Pour écrire, je n’utilise jamais de correcteur, je vis sans Antidote (y’a incompatibilité caractérielle entre mes différents logiciels); dangereusement d’ailleurs car il m’arrive de faire des fautes. J’en fais peu, sauf lorsque je suis malade, que je vais me fiancer ou que je ne lis pas assez en français. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai appris à l’écrire, en le lisant, beaucoup, énormément, à la folie, toute ma jeunesse.

Je ne connais pas ou très peu de règles de grammaire mais je sais comment accorder des participes passés. J’adore les mots comme « salmigondis » (l’ancêtre du pot luck qui existait déjà sous Louis XIV), « oxymore », « callipyge », « sybarite », « ritournelle », « tintinnabuler », « décati ». Mon fiancé à enseigné à mon B la différence entre « j’adore » et « j’abhore », et des expressions du terroir comme « je crève la dalle » que mon fils répète avec l’accent de Sarko.

Ce qui m’importe avant tout, c’est la richesse de la pensée. En lui lisant toutes sortes d’albums, en l’exposant à une panoplie de livres, mon B peut désormais exprimer avec plus de finesse le fond de cette pensée et la surface également. Pour ce qui est de l’orthographe, je constate que ce concept est régulièrement remis en question et peut-être qu’effectivement, il vaudrait mieux simplifier et passer plus de temps à enseigner aux enfants toute la beauté de leur langue, sa sonorité exquise et l’euphonie du phrasé.

Maîtriser une langue, sans affectation, mais en l’aimant, en lui donnant une tournure qui fait partie du style au même titre que le vêtement, la coiffure ou la démarche, reste pour moi un art bien plus qu’un devoir. Et ça ne m’empêche pas de lâcher un chapelet de sacres lorsqu’un 18 roues me sodomise sur l’autoroute. Je veux dire, lorsqu’un poids lourd me gamahuche l’arrière-train.