Générale

La faute aux Chinois

C’est la dernière fois que j’en parle cet été mais j’ai remarqué qu’il ne faisait pas beau. Je l’entends plus que je ne le remarque d’ailleurs. Pour une fille qui ne peut pas aller au soleil, un été comme ça, c’est l’aubaine. Mais vous, ça vous rend ronchonchon, vous menacez de vous expatrier à Cuba, ma femme de ménage Polonaise m’a même fait la gueule la semaine dernière: « Canada used to have such a nice weather. Beautiful winters and summers. Now, it’s like Poland... » Un peu plus et elle exigeait un remboursement. Les immigrants sont pas contents, les vacanciers sont pas contents, les lave-auto sont pas contents, les enfants… bof, j’ai jamais vu un enfant rechigner à l’idée de se baigner sous la pluie, de sauter dans les flaques d’eau ou de faire des pique-niques sous la table de la salle-à-manger avec un programme double de « Singin’ in the rain » et « The sound of music » pour accompagner le pop-corn.

« Tout ça, c’est la faute aux Chinois« , m’a dit un monsieur mécontent tout à l’heure au gym. Paraît que depuis que les Chinois roulent en bagnole, le climat change. Nos habitudes à nous, les Canadiens, ne changent pas beaucoup par contre. Que les Inuits soient pris pour déménager, passe encore, mais qu’on aille à la récolte de pleurotes entre nos orteils, ça ne va plus du tout.

Le climat change mais nous ne bougeons pas ou si peu. J’en ai des exemples tous les jours (la clime fonctionne toujours bien à fond même par un été pareil) et c’est pas le dernier sommet du G8 qui va me faire croire en un avenir meilleur. Tiens, samedi soir, devant l’hôtel de ville d’Ottawa, tout le parterre était douché par des arrosoirs automatiques, à gros jets. En voulez-vous de la Naya, en vlà. Le hic, c’est qu’il avait plu TOUTE la journée.

En attendant que nous regardions la paille dans notre oeil, je vais aller chercher mon B à son camp de jour avec la trottinette et le parapluie tout à l’heure. Comme dab, j’écouterai les parents se plaindre de la météo. Comme dab, j’assisterai au festival local du VUS (le plus grand déploiement jamais vu chaque jour devant l’oratoire St-Joseph) et ces mêmes parents rembarquer leur précieuse marchandise à bord de leurs méga-bolides.

En rentrant, je montrerai ceci à mon B avant de retourner faire des clapettes dans l’eau. Il faudra bien qu’il apprenne à en tirer son bonheur.