Générale

La vie, tout simplement

Je rêve. On se demande si Barack Obama suspend sa campagne demain et après-demain par opportunisme politique parce qu’il vole au chevet de sa grand-mère malade? Je veux bien que sa cote de popularité soit servie par la crise financière mondiale mais de là à faire des analyses sur les liens du coeur. Et ce qui m’a le plus choquée, c’est qu’on se fait un devoir de rappeler le parcours professionnel de cette femme de 86 ans pour justifier qu’Obama se rende auprès d’elle, probablement pour la dernière fois, de son vivant. Si elle « n’avait été qu’une » Aunt Jemima qui mitonne des crêpes et avait mis tout son coeur à l’élever, ça n’aurait pas valu le coup de suspendre sa campagne? L’Amérique a une pierre à la place du coeur et des cailloux dans ses souliers. Ce (futur) président serait-il en train de lui montrer que les vraies valeurs ne sont pas à la Bourse?

J’ai plus appris sur la vie en passant une semaine de congé aux soins palliatifs avec mon grand-père mourant que n’importe où ailleurs. Je souhaite cette expérience à tout le monde. Côtoyer la mort, faire ses adieux correctement, c’est encore la meilleure leçon d’amour et d’humilité à prendre dans la gueule. Après ça, on sait pourquoi on continue, ce qu’on perpétue, la toute petite place qu’on occupe dans l’univers. On sait aussi qu’une campagne électorale n’est pas la fin du monde. Un aimable divertissement, tout au plus.