Générale

Le coût du savoir

D’abord, je suis étonnée par vos réactions et l’intérêt que suscite un sujet aussi peu sexy. Vous devez en avoir bavé sur les bancs d’école… Suite au billet d’hier, j’ai contacté les deux piliers de l’école Félix-Antoine pour savoir quelle somme leur faisait défaut. Voici la réponse:

Bonne question sur les montants nécessaires: Actuellement, tel quel, sans photocopieur, sans téléphone, sans secrétaire, sans concierge et les frais de déplacement des profs pas payés… 50 000$ (loyer, électricité, chauffage, ASSURANCES, TAXES, trois feuilles, deux cahiers, une couple de livres usagés) pour 30 élèves.

Pour fonctionner un peu plus normalement, (l’école n’est ouverte qu’à temps partiel, ça prend plus de temps pour aller jusqu’au bout), avec des groupes d’une douzaine pas plus (c’est une condition de réussite) 250 000$ avec une secrétaire à temps partiel. Pour 30 élèves qui viendraient 4 jours au moins par semaine, à peu près 8 300$ par personne – plus ou moins une prestation d’aide sociale pour un an.

Nous savons que la communauté (individus, compagnies, gens d’affaires, fondations…) doit soutenir le gouvernement dans une telle action. Mais vice-versa. Cependant, une contribution récurrente de la part de l’État nous permettrait de faire un meilleur travail et surtout d’engager quelques enseignants sur une base plus régulière. Actuellement, si quelqu’un attrappe la grippe, on n’a même pas les moyens de prévoir un suppléant!

Alors voilà la réponse à votre question reliée à la survie financière.

Merci encore de votre intérêt et de la visibilité que vous avez donnée par votre blogue à la situation de nos élèves. Un de nos grands objectifs est que cette situation sociale soit connue et reconnue par l’ensemble de la population.

Environ 18 000 élèves par année quittent le secondaire sans diplôme. Après 10 ans, cela fait… après 20 ans… Selon les chiffres du Ministère, seulement le tiers vont finalement chercher un diplôme. Nous travaillons avec quelques-uns des autres dont le courage, en effet, est difficilement imaginable.

Les deux énergumènes en question, Denyse Mayano Martin Beaulieu