Générale

Le monde est fou, on s'en va ouhou

Mon idole d’enfance. Je ne l’avais jamais vue chanter « live ». J’imagine que c’est comme lire un texte sur la crème glacée et ne pas y avoir posé les lèvres. Diane Dufresne m’a mise au monde lorsque je faisais du karaoke dans le salon à neuf ans. Si y’en avait une qui allait le faire, ce serait moé, pis je donnerais pas ma place moi non plus.

Elle m’a remise au monde hier soir. L’expression « bête de scène » prend tout son sens lorsqu’on la regarde chanter, s’approprier l’espace, s’emparer de la foule. Parce qu’il lui faut une grosse foule. Tout dans sa démarche rappelle la bête. Elle m’a donné des frissons et redonné espoir. La chanson « Oxygène » devenait prophétique sous les poussières d’étoiles.


Devant sa loge, plus tard, elle est ressortie en disant « J’ai besoin d’air!!!« . J’ai ajouté « d’oxygène« !

C’est le plus gros show sur l’environnement que j’ai jamais vu, lui ai-je dit, aussi timide que maladroite et après l’avoir remerciée plusieurs fois pour son initiative terrienne.

C’est pas l’environnement, c’est le XXIème siècle, un autre langage, a répondu la diva.

Elle a parfaitement raison. Nous n’en sommes plus là, à placer les écolos dans leur coin et le reste du monde dans l’autre. Je l’ai laissée aller se faire enfariner par la ministre présente qui venait de me dire en me tendant la main:

Bonsoir madame Blanchette (on comprend qu’elle me reconnaît sans attaché politique pour faire les présentations et même habillée en Ch’ti), Line Beauchamp, ministre de l’environnement (on comprend que je ne suis peut-être pas au courant qu’elle a changé de ministère depuis plus d’un an).

Deuh! J’avais remarqué, tiens. Les ministres ont toujours un kit souliers-sacoche d’un chic fou. C’est drôle, je n’imagine pas Diane Dufresne ajouter qu’elle est chanteuse en se présentant. Mais bon, la différence entre les « politiques » et les artistes, c’est la différence entre le faux et le vrai. Et le vrai n’a jamais engendré que du vrai.

Parlant de vrai… Richard Séguin dans « Qu’est-ce qu’on leur laisse ». Paraît qu’il est fin en plus ET cohérent dans son engagement.