Générale

Les garçons et la rentrée

Cette semaine, j’ai eu plus de peine à la rentrée scolaire de mon B qu’au salon funéraire, un véritable party à la mémoire d’un poète du chiffon. Façon de dire que les deuils ne sont pas toujours là où on les attend. Et que les rituels, supposément joyeux, peuvent devenir bien tristes; que les adieux sont parfois trop légers. Finalement, les deuils renvoient à l’intimité.

En potassant pour écrire mon article sur la rentrée, je suis retombée sur des statistiques de l’économiste Pierre Fortin (aussi chroniqueur à L’Actualité), qui donnait une conférence sur le « Mal de vivre » au Congrès de l’Association des économistes du Québec, l’année dernière. Il a d’ailleurs écrit plusieurs articles sur l’éducation et le décrochage scolaire.

Pas besoin d’un doctorat en psycho pour constater que le milieu scolaire (surtout au primaire) est majoritairement féminin. Pas besoin non plus d’un bac en éducation physique pour comprendre que deux blocs (parfois un seul) de gym par semaine, ce n’est pas suffisant. Les petits garçons sont condamnés à rester sur leur banc et à discuter alors qu’ils éprouvent un besoin physiologique de bouger et de « faire ». Lorsqu’ils dérangent, on les bourre de Ritalin. Société malade?

Quelques chiffres sur nos hommes, de l’enfance à la vieillesse, tirés de la conférence de Pierre Fortin:

« Les bébés garçons sont 12% plus nombreux à mourir »

« Les garçons réussissent moins bien à l’école. »

« Les garçons décrochent 48% plus souvent. »

« Les garçons sont incarcérés 8 fois plus souvent. »

« Les garçons sont 4 fois plus nombreux à se suicider » (et j’ajouterais que ça ne concerne pas que les joueurs de hockey…)

« À l’université, il y a seulement 40% de garçons. »

« L’homme abandonne 4 fois plus souvent ses enfants. »

« Le chômage frappe 30% plus souvent les hommes. »

« Les hommes meurent 5 ans plus jeunes ».

Voilà pour la froideur émasculante des chiffres. Ils dénoncent mais ne consolent pas. Ils frappent mais n’expliquent pas.

Pourquoi? Comment se fait-il, par exemple, que les garçons francophones décrochent davantage que les Anglos (32% contre 20%)?

Vos réponses sont sûrement aussi bonnes que les miennes.